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08 mai 1945, le génocide impuni !

RAPPEL

08 mai 1945, le génocide impuni !

8 mai  1945, c’est toujours le printemps, mais comme disait le grand écrivain Mouloud Mammeri : « Chez nous le printemps ne dure que quelques jours », l’été s’installe précocement et oblige le printemps à céder sa saison, mais le bonheur aussi est éphémère.

A peine la joie s’est-elle autorisée une petite parcelle sur les visages algériens meurtris par six ans de Guerre mondiale. Une Guerre qui ne les concernait nullement, mais dont ils se sont vus enrôler de force contre une promesse de libération une fois l’hydre nazie sera tuée. Voilà le macabre et l’horreur qui frappent la population de Kherrata, Sétif et Guelma et s’installent durablement. Le bilan est vertigineux, 45 000 personnes ont été décimées.

La joie n’est pas permise dans les colonies, et quand on s’appelle la France coloniale, on ne rit pas, on tue ! La machine à broyer les vies est mise en route, rien ne semble l’arrêter. Les vies humaines ressemblent à des paillettes à transformer en poudre ! La victoire sur le hideux nazisme fondé sur le massacre de masses et le nettoyage ethnique n’a rien embelli ni adouci du visage hideux du colonialisme fondé lui aussi sur la suprématie raciale, la spoliation des richesses et le massacre de masses. Ainsi le vent de libération s’est arrêté aux portes de Paris, et le rêve algérien d’indépendance s’est transformé en une longue nuit de cauchemar en ce 8 mai 1945.

 45 000 vies décimées à Kherrata, Sétif et Guelma dans la boucherie de 8 mai 1945 par une France qui se définissait comme terre et foyer des Lumières, une terre qui a souffert pourtant des affres de l’occupation. Peut-on vraiment appeler lumières un tel obscurantisme? Une telle nuit sans étoiles? Une telle obscurité ? Si oui, on se trompe du sens des lumières! Il faut dire qu’ autant il est inconcevable sinon absurde de confondre tombe et vie, mort et vie, amour et haine, beauté et laideur, fleur et épine autant il est absurde de penser que des lumières puissent accoucher d’une telle horreur, d’une telle haine, d’une telle inhumanité ayant un tel bilan vertigineux! Jamais l’histoire n’oubliera ça! Femmes, hommes et enfants sans distinction ont été aveuglément arrachés à leur famille par l’armée coloniale française en ce 8 mai 1945 pour avoir demandé à la France de respecter ses engagements de libération du peuple algérien du joug colonial une fois le régime nazi aura été vaincu.

Au moment où la joie s’étalait dans les rues de Paris, des bulles de champagne s’élançaient dans le ciel faisant un couloir de magies en signes de fêtes, du glamour, des accolades et embrassades rythmaient la vie métropolitaine, des soldats libérateurs américains et anglais s’offraient les baisers et les déhanchés des plus belles jeunes filles françaises, au moment où l’amour et la joie de retrouver la liberté se propageaient dans les rues de France, l’armée coloniale effacée devant la Gestapo refait surface en Algérie saignée à bout déjà par cette Guerre mondiale qui ne la concernait en aucun cas pour commettre le génocide impuni à ce jour.

Des vies humaines furent décimées et sordidement arrachées à leur famille, comme si l’Algérien n’avait droit qu’à ça! 45 milles vies, 45 milles corps étalés, jonchés, gisant, sans souffle, détruits, mitraillés et déchiquetés par les obus et le feu de la haine.  La mort et quelle mort! et son odeur nauséabonde rôdaient partout en ce macabre jour de 08 mai 1945 et inondaient tous les coins de Kherrata, Sétif et Guelma jusqu’au lits nuptiaux! La tragédie a tétanisé la vie et l’a expulsé d’elle-même.

Partout la mort dictait son règne et annule toute possibilité de vie, dissout toute tentative de se raccrocher à la vie pour les survivants. Rien ne semble dire la vie, le macabre se faisait lire dans les visages creusés par le deuil et les rivières de larmes. Le massacre fut si «tsunamique» que les survivants soient embarqués par les morts dans leur mort.

Le sang des innocents coulaient à flots, arrosait avec abondance les terres sèches de Kherrata, de Sétif et Guelma en ce mois de mai algérien, ça coulait de partout, une boucherie…. comment est-ce possible d’étaler autant de corps dont le seul « tort » est d’avoir réclamé leur liberté de vivre entre soi ? Mais, sur ces cadavres jonchés où la mort est atrocement visible fut né quelque chose de beau: la conscience libératrice de l’Algérie.

C’était ce jour-là que fut né chez les libérateurs, les valeureux martyrs l’idée qu’il n’y a rien à attendre de beau d’un régime colonial, qu’il n’y a rien à attendre de beau du hideux, de l’abject, du sordide, que la liberté est une belle idée, une noble idée, une innocence, une joie indescriptible de vivre, une beauté, un humanisme qu’elle ne peut pas habiter un corps hideux et monstrueux que le colonialisme. Un régime dont l’idée même fondatrice est la destruction des autres pour exister, or l’existence est quelque chose d’indépendant et d’individuel, on ne doit pas exister pour autrui, mais plutôt pour soi-même, aucune existence ne doit reposer son existence sur l’existence d’une autre existence. L’extermination n’est autre chose justement qu’une annulation d’une existence par une autre existence qui prétend avoir le droit divin de suppression des autres. Et c’est ça la matrice du colonialisme et des régimes totalitaires.

Ce massacre de masse doit servir de leçon au peuple algérien, qu’il n’y a rien à attendre du hideux et mafieux pouvoir algérien, il a été suffisamment essayé comme le colonialisme, il ne peut changer, car dans son ADN il n’y a aucun chromosome le disposant au changement. C’est pourquoi il faut faire du 22 février la promesse de l’aube qu’il n’y a rien à attendre du système algérien, de la junte militaire ne cessant de confisquer nos victoires, nos libertés et nos rêves de vivre ensemble et entre soi et de nous laisser habiter et porter définitivement par cette belle idée  » Yetnhaw Ga3  » dégage tous!  » « D »aqla3 suzzar! » jusqu’à libération de l’Algérie des mains de cette mafia.

 

Auteur
Omar Tarmelit

 




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