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41ème marche : le peuple avance inébranlable vers la liberté

DISSIDENCE CITOYENNE

41ème marche : le peuple avance inébranlable vers la liberté

C’est par un soleil radieux qui illumine Alger, et une douce température automnal, typique aux villes côtières du sud de la Méditerranée, que les marcheurs entament leur après-midi de protestation.

La présence policière est plus soutenue aujourd’hui. Les véhicules de police sont disposés le long de la Rue Didouche Mourad, et créent un goulot d’étranglement à la place Audin. La circulation automobile est libérée sur la rue. Ce qui donne une impression de grand remue ménage où s’enchevêtrent piétons, motards et automobilistes. Le nombre d’entrées vers Alger centre est limité. Les manifestants font montre de beaucoup de perspicacité et de volonté afin d’atteindre le centre de la capitale. Ils prennent du retard, arrivent décalés les uns par rapport aux autres.

Toutes les petites combines sont utilisées pour casser la marche et en atténuer visuellement l’importance. Les tenants du pouvoir ont encore une fois maneouvre, étranglé les entrées d’Alger pour donner l’image la plus amoindrie du mouvement de dissidence. En vain.

Les marcheurs, rodés depuis presque 10 mois, comprennent que ce genre de réponse reflète la petitesse du niveau de ceux qui décidèrent de leur sort.

Ils savent aussi que les développements des évènements cette semaine ont été en leur faveur. Ils réalisent que le pouvoir, pris de panique par la motion de censure votée par le Parlement européen, déploie tous ses efforts afin de relativiser l’ampleur de la contestation. Ils sont aussi informés de la marche planifié par les décideurs samedi 30 novembre, contre l’ingérence et pour les élections, et qui, selon les indiscrétions, sera appuyé par l’UGTA  consolidée par des policiers en civil. 

Alors ils chantent qu’ils ne voteront pas, qu’ils ne s’arrêteront pas, qu’ils ne feront pas marche arrière quitte à être incarcérés. Ils scandent un nouvel air : ma tkhaoufounech bel 3achria hna rabat a elmiziria i.e vous nous ferez pas avec la décennie noire nous avons été éduqués par la misère.

Ils disent  la chansonnette écrite spécialement pour la 41ème marche qu’ils ont largement diffusé sur les réseaux sociaux la veille : Assassino.

 Oulido fi Paris yahrag fi elle euro

Had El pouvoir assssino

Poulici Wakaf youkhlas  zoudj doro 

Had El pouvoir assssino

B Assam eddoula daourouha mafia

Yes9ot el Gaid kima  ouyahia

Had El pouvoir assssino

i.e son fils est à Paris entrain de brûler des euros, ce pouvoir est assassin, le policier debout touche 2 centimes, au nom de l’état ils se sont transformés en mafia, Gaid tombera comme Ouyahia.

Les manifestants, réalistes appréhendent les deux semaines qui arrivent. C’est l’avant dernier vendredi avant ce jour fatidique du 12 décembre. Décidés à mener leur combat pacifique  jusqu’au bout, de tout mettre en œuvre pour empêcher cette comédie électorale, ils réalisent aussi qu’elle peut aboutir et qu’un président pourrait être désigné. 

Dans ce cas que feront-ils ? 

Ils ne s’arrêteront pas, ils continueront leur combat et atteindront leur objectif ultime : arracher leur liberté. Ils vogueront ensemble , en longues files humaines, imperturbables, comme ces chameaux du haut de leur plus de deux mètres de haut qui tracent fièrement leur chemin dans le désert et ignorent les aboiements des chiens hargneux.

Souverain et debout, le peuple marche comme un seul homme, en chantant sa soif de liberté et de lendemains meilleurs pour l’Algérie. Malgré les renforts policiers, les viles pratiques qui tentent de réduire à néant leur volonté, il y a dans la mobilisation de ces millions de manifestants qui marchent inlassablement depuis 10 mois pour changer le système politique en place une force souterraine extraordinaire.

 

Auteur
Djalal Larabi

 




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