Site icon Le Matin d'Algérie

8 mai 1945, l’actualisation d’une date symbole 

Massacres de Sétif

Le 8 mai 1945 marque la capitulation de l’Allemagne nazie et la fin de la seconde guerre mondiale ainsi que la date de la perpétration d’un des plus grands massacres de masse dans l’histoire de la colonisation en Algérie. 

Lors des festivités organisées pour la célébration de la victoire, une répression des plus sanglantes a été déclenchée contre des Algérien.nes, venu.es manifester pacifiquement pour leur droit légitime à la liberté, après avoir contribué à la libération d’autres peuples, lesquels avaient déclaré solennement dans la

la Charte de l’Atlantique  » le droit de chaque peuple à choisir la forme de son gouvernement » et que « les droits souverains seront restitués à ceux qui en ont été privés par la force »,.

La réponse coloniale des autorités françaises envers les Algériens dont nombre d’entre eux se sont sacrifiés pour la libération de la France, s’est particulièrement illustrée par la sauvagerie de la répression avec des villages entiers rasés à Sétif, Guelma et Kherrata.Cette tragédie historique, gravée dans les mémoires, a ainsi scellé définitivement le desir d’indépendance chez les Algérien.es.

Dix sept ans plus tard, le peuple algérien s’est liberé du joug colonial mais sa souveraineté chèrement acquise est toujours confisquée par le système politique mis en place par le coup de force de l’été 1962.

 De l’une des villes martyres de 1945, Kherrata, est venu l’appel du 17 février 2019 à la mobilisation du peuple algérien pour se remettre en mouvement pour ses libertés. Dès le 22 fevier 2019, des manifestations pacifiques vont rassembler des millions d’Algérien.nes marchant pour leur dignité, le respect de leur souveraineté et l’instauration d’un Etat de droit démocratique. 

La réponse à ces revendications légitimes est la promulgation de lois encore plus liberticides, dont les toutes dernières adoptées le 6 mai dernier, à la veille de cette date historique. La répression dans un climat de terreur a conduit à l’interdiction de toute expression publique, à 

des dizaines de milliers d’arrestations et à la détention de plusieurs centaines de citoyen.nes parfois violenté.es, torturé.es, accusé.es souvent arbitrairement de terrorisme et condamné.es à des peines lourdes.

C’est dans ce système politique sclerosé, verrouillé et particulièrement agressif contre les libertés, que se tiendront les élections présidentielles prochaines. Tout indique qu’elles ne feront que confirmer une rupture consommée du peuple avec cette gouvernance obsolète et en incapacité structurelle de répondre à ses aspirations.

 Cette date symbolique vient rappeler par ailleurs que les luttes de décolonisation se poursuivent dans le monde et qu’elles font l’actualité tragique d’aujourd’hui. 

Le génocide en cours du peuple palestinien interpelle les consciences. Des peuples de différentes contrées du monde se soulèvent pour s’indigner des crimes commis et des exécutifs des États qui y contribuent. 

Les instances internationales sont à dénoncer pour leur impuissance à faire cesser cette atteinte intolérable à notre Humanité toute entière.

Retenons de l’Histoire les leçons du 8 mai 1945 car rien ne peut arrêter un peuple en quête de liberté et d’émancipation.

 Que vienne le temps de la paix et de la justice !

Gloire à nos martyr.es !

Libération de tous les détenu.es politiques et d’opinion !

Vive l’Algérie libre, plurielle et démocratique !

Le 8 mai 2024

Pour une Alternative Démocratique en Algérie (PADA).

Quitter la version mobile