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A M. Gaïd Salah, chef d’état-major et à tous ses collaborateurs      

TRIBUNE

A M. Gaïd Salah, chef d’état-major et à tous ses collaborateurs      

Monsieur Gaïd Salah, cette lettre est adressée à vous. Mais elle l’est aussi à tous vos collaborateurs du haut commandement de l’armée algérienne car il est certain que, vu l’importance de vos responsabilités et des décisions que vous prenez qui engagent le présent et l’avenir de l’Algérie, vous n’accepterez pas d’agir seul sans la participation et l’approbation des commandants des forces armées. Le contraire nous aurait étonnés.  

Depuis plusieurs mois, et surtout depuis le 22 février 2019, le premier vendredi de nos manifestations pour l’instauration dans notre pays d’une vraie démocratie et d’une justice juste et indépendante, vous êtes l’homme le plus observé par tout le peuple algérien et même par le monde entier. Tous vos déplacements et tous vos discours sont attendus, suivis, interprétés et analysés d’une façon chirurgicale dans l’espoir pour la quasi-majorité du peuple algérien d’y déceler des signes de la satisfaction de ses revendications légitimes. Vous trouverez dans la présente lettre, transcrit noir sur blanc, ce que les algériens propres et honnêtes vous disent de vive voix lors des manifestations. La situation ne se prête pas aux dérobades et à la politique de l’autruche. C’est le moment que chacun dise ce qu’il pense et participe d’autant qu’il peut au règlement de la crise. Se taire en ces moments si ce n’est pas par ignorance c’est de la lâcheté pure.

Monsieur Gaïd Salah, ce que vous tolérez pour ne pas dire ce que vous faites faire au nom du respect uniquement de l’article 102, comme si la constitution se limite à cet article est très dangereux pour l’Algérie et pour vous en premier lieu. Il se peut que vous insistez sur le respect de cet article 102, mais malheureusement un respect incomplet puisque le chef de l’État intérimaire a dépassé plusieurs fois ses prérogatives, s’explique par vos craintes d’être accusé de coup d’état ; mais cela est interprété à juste titre d’ailleurs comme un sursis accordé à la bande pour se reconstituer et mieux s’organiser ; ou à la limite pour dissimuler les fortunes volées au peuple et en faire disparaître les preuves et les traces. L’article 102 de la constitution est un subterfuge utilisé pour  permettre au régime en place détesté par le peuple de se maintenir en remplaçant les figures les plus exécrées par d’autres moins connues en attendant le passage de la tempête.     

Le peuple algérien est plus intelligent, plus instruit et plus conscient que la plupart de ses dirigeants; il ne faut pas perdre de vue que nos concitoyens que ce soit ici en Algérie ou nos compatriotes établis à l’étranger, partout dans le monde, sont d’une grande instruction et qu’ils maîtrisent toutes les sciences et techniques et tous les savoirs au point qu’ils font fonctionner les institutions du pays malgré les déambulations des plus hauts responsables. Actuellement les temps ont changé, même les plus analphabètes de nos concitoyens savent tout mais ils ne veulent pas de problèmes à notre chère patrie.

Non Monsieur Gaïd Salah, le peuple algérien ne peut pas admettre et croire à la sincérité de l’envie subite qui prend les tenants du pouvoir de respecter la constitution mais uniquement dans son article 102 et dans le temps additionnel après l’avoir piétinée d’innombrables fois dont la plus récente et la plus spectaculaire est l’annulation de l’élection présidentielle à quelques semaines de la date prévue pour sa tenue. De part le passé, trop de citoyens ont payé de leur liberté quand ce n’est pas de leur vie le fait de demander aux dirigeants de respecter un peu la constitution et de ne pas exagérer dans sa violation et son tripatouillage.

Depuis quand la constitution est respectée ? La constitution dont vous évoquez l’obligation de la respecter dans tous vos discours, vous étiez aux commandes donc témoin pour ne pas dire complice quand elle a été confectionnée sur mesure pour seoir aux ambitions démesurées du gang et puis violée sans retenue ni pudeur devant vos yeux.  

Pour finir de parler de l’article 102 de la constitution auquel vous vous agripper, il faut rappeler aussi que tous les soi-disant acteurs qui participent à son application sont illégitimes. à commencer par la majorité des membres de l’APN, du sénat, du conseil constitutionnel et du gouvernement qui sont tous élus par la fraude quand ils ne sont pas désignés par le gang accusé de tous les maux.     

Il faut se rendre à l’évidence, l’élection présidentielle prévue pour le 04 juillet est impossible à tenir ; c’est soit une chimère ou une fuite en avant pour éluder les revendications du peuple honnête et conscient en souhaitant que durant l’été prochain, avec les vacances et la chaleur les manifestations s’essoufflent. Croyez-vous vraiment que l’élection peut avoir lieu ? Croyez-vous avoir raison contre tout le peuple ? Votre conscience vous permettra-elle de tourner le dos aux revendications légitimes du peuple pour satisfaire celle d’un régime qui a ruiné et humilié l’Algérie ? Les candidats fantômes à la candidature qui à ce jour n’osent pas montrer leurs visages, qui va leur signer les 75 000 parrainages ? Une campagne électorale peut-elle se tenir actuellement en Algérie ? Non Monsieur Gaïd Salah, meme vous et vos proches collaborateurs vous ne pouvez pas croire à cette solution par une élection le 4 juillet prochain que vous préconisez. Elle est tout simplement irréalisable.

Monsieur le Chef de l’État-major, certains politiciens vous ont demandé dans leurs écrits et discours de démissionner sans pour autant donner de solution pour après votre départ. Peut-être ils demandent votre démission sans souffler un mot sur la suite pour compliquer encore davantage la situation. Ils doivent nous donner plus d’explications sur leurs desseins   

Non, vous n’avez pas le droit de démissionner et laisser l’Algérie au milieu d’un bourbier à la merci d’anciens aventuriers ou de nouveaux que nous ne connaissons pas. Vous êtes dans l’obligation de satisfaire toutes les revendications légitimes du peuple algérien. Après le peuple qui, s’il est poussé à bout et contraint, peut vous emporter vous aussi dans sa furie, vous êtes, avec vos proches collaborateurs les seuls capables actuellement de chasser facilement sans causer de dégâts les ramifications de la bande que vous êtes par vos tergiversations en train d’encourager à ne pas lâcher le pouvoir qu’ils squattent. L’appel que vous avez lancé publiquement dans vos nombreux discours à la justice pour ouvrir les dossiers de la corruption et même à rouvrir les anciens est intprété par le peuple et par la bande comme étant un appel aux membres de cette dernière d’avoir le courage et la force de tenir bon et ne pas partir s’ils ne veulent pas payer pour leurs méfaits.

Nous avons trop perdu de temps et le temps joue en notre défaveur. Vous et vos collaborateurs vous êtes aux seuils de deux différentes portes  de l’Histoire et il ne tient qu’à vous pour entrer du bon côté par la grande porte et pour l’éternité. Le peuple algérien est avec la justice juste, la véritable démocratie et le développement alors celui qui veut être soutenu par le peuple et se permettre de parler en son nom, il doit prouver par les faits et non pas avec de la parlotte son engagement à œuvrer pour son bien-être.  

Monsieur Gaïd salah, vous avez juré devant Dieu et devant le peuple que vous œuvrerez à protéger le peuple, à l’accompagner jusqu’à la concrétisation de toutes ses revendications légitimes et à assurer une transition réussie vers une démocratie réelle. Jusqu’à maintenant nous ne préjugeons pas de votre sincérité et nous prions Dieu de vous aider dans votre noble mission. Pour ce faire nous vous suggérons une proposition de solution que nous jugeons comme étant le chemin le plus court et le plus sûr afin de parvenir le plus rapidement possible à l’Etat de droit que tout le peuple propre et honnête réclame et attend

1 –  Formation d’un Haut Conseil de la Transition (HCT) qui sera chargé de gérer la période de transition :

Comme mesure d’urgence et gage de bonne volonté, il faut répudier tous les visages qui donnent la nausée aux citoyens et les poussent à perdre leur sang froid. Eux même le savent très bien d’ailleurs; ils n’osent pas s’adresser au peuple même à travers les écrans des télévisions. Malgré les tsunamis humains de millions de citoyens qui manifestent presque quotidiennement à travers tout le territoire national et malgré tous les slogans qu’ils crient ou portent sur des pancartes et des banderoles pour les pousser à partir, les figures les plus détestées du régime et en tête de la liste BENSALAH, BEDOUI et BOUCHAREB semblent ne rien entendre. Cela dénote que ces personnages ne sont pas libres de leurs mouvements, ils obéissent au doigt et à l’œil de leurs commanditaires et l’Algérie n’a pas besoin de marionnettes qui ne font  ni ne disent que ce leurs ventriloques veulent les faire faire ou les faire dire.

Le départ des figures que le peuple ne veut plus voir et auxquelles il ne fait aucune confiance doit être suivi par la formation d’un Haut Conseil de la Transition (HCT). Le HCT sera chargé de gérer la période de transition qui ne doit pas dépasser une année. Pour cela, dans le but de passer à l’action sans perte de temps supplémentaire nous proposons les personnalités suivantes que nous jugeons crédibles, propres et estimées des citoyens algériens et surtout capables de bien assumer la mission en espérant qu’elles vont accepter de se mettre au service de l’Algérie et de son peuple : Mr Mohammed Moulessehoul (l’écrivain Yasmina Khadra); Mr Mustapha Bouchachi; Mr Benyoucef Mellouk et Mr Ahmed Benbitour.

2 – Formation d’un gouvernement de technocrates :

Une fois formé et installée, le HCT va former un gouvernement composé de ministres technocrates pour gérer les affaires courantes durant la période de transition.

3 – Formation d’une haute instance d’organisation et de surveillance de l’élection présidentielle :

Cette instance aura pour mission de modifier et amender le code électoral, d’organiser et surveiller une élection présidentielle dont la date sera fixée et enfin proclamer le résultat.

Que Dieu préserve notre chère patrie

Vive l’Algérie libre et démocratique. Vive le peuple algérien propre et honnête.

Auteur
Abdelhak Amar

 




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