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À quand la restauration et la réhabilitation du patrimoine culturel amazigh ?

Medracen : mausolée royal vieux de 24 siècles

À quand la restauration et la réhabilitation du patrimoine culturel amazigh ?

Aujourd’hui, malgré le classement par l’Unesco de certains biens culturels amazighs, ceux-ci ne sont ni sauvegardés ni valorisés par les autorités algériennes.  

Le patrimoine culturel amazigh est sous la menace de la destruction. Peu d’intérêt est accordé au patrimoine culturel des Aurès. Le Mausolée d’Imadghasen, qui ressemble au Mausolée royal de Maurétanie de Tipaza, résiste à l’épreuve du temps, aux rafales du vent, aux orages d’hiver, au passage des pillards et à l’ingratitude des hommes. Mais jusqu’à quand ?

Des pierres de taille arrachées au monument sont déposées à même le sol.

Aujourd’hui, les pierres sont souillées par des écritures et des tags, témoins d’un incivisme de certains visiteurs, non sensibilisés à la nécessité de respecter les monuments historiques et culturels. Aucune pancarte ne rappelle cette obligation morale, on a même ajouté du béton, changeant l’aspect initial du monument. C’est impardonnable !» Imadghassen est un grand monument qui nécessite une enveloppe financière et des experts pour mener une étude approfondie.       

Un financement très sélectif

Le  gouvernement a décidé de dégager des enveloppes financières pour restaurer et réhabiliter le patrimoine culturel turc, arabe…  Une enveloppe financière importante a été dégagée par l’Etat. Elle est de l’ordre de 24 milliards de dinars. Ajoutez deux milliards de dinars du budget de la wilaya d’Alger. Ce montant de 26 milliards de dinars est destiné à une première phase pour la restauration de la Casbah. Grand bien lui fasse.

 Il y a quelques années la ville de Sidi Okba (wilaya de Biskra) s’est vue devenir le lieu de réalisation de projets remarquables en vue de revaloriser son ancien noyau de la mosquée Okba ibn Nafaa qui l’entoure.  Quant au patrimoine amazigh, il est sciemment laissé à l’abandon, avec sans doute l’espoir de le voir disparaître rapidement.

Il y a mieux ou pire. C’est selon. C’est le tournage du film  « Ahmed Bey ». On ne s’explique pas le choix de consacrer un film à ce vassal des colons ottomans. N’y a-t-il donc plus de grands résistants algériens qui méritent un film ?

Non seulement aucune  réalisation cinématographique sur l’histoire, culture  civilisation ou films sur les rois berbères, un niet catégorique pour le tournage d’un film avec  Brad Pitt,  acteur et producteur de cinéma américain dans le rôle de Massinissa, scénario de Messaoud Nedjahi célèbre compositeur et auteur de plusieurs publications sur les rois berbères. La reine Dihya est en effet plus qu’une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l’imaginaire des Amazighs. Elle symbolise l’âme de la résistance amazighe face aux arabes. Reine des Aurès, elle a montré un courage remarquable contre l’invasion et la barbarie arabe. Comme reine et chef de guerre, il est urgent de réhabiliter la mémoire de notre reine, et le classement du site à Bir El Ater. Idem pour Kouceila. Effacer à jamais de nos mémoires la dynamique culture berbère pour laisser place à la culture arabe, ottomane telle est l’objectif de ce pouvoir arabo-baathiste comme des précédents.  

Belkhiri Rachid est porte-parole du Mouvement culturel amazigh (MCA) des Aurès

Auteur
Rachid Belkhiri

 




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