Incroyable ! alors que tout le monde était suspendu à la décision de Boualem Sansal de faire appel (et selon son avocat et le bâtonnier d’Alger, il aurait bien fait appel) de sa condamnation à cinq ans de prison ferme, on apprend que le parquet de Dar El Beida a fait appel de la décision de première instance, ce jeudi 3 avril. Et c’est Me Baghdadi, le bâtonnier d’Alger, en personne, qui le confirme à l’AFP.
« Je confirme qu’il y a procédure d’appel du Parquet et de l’intéressé », a déclaré Mohamed Baghdadi, par téléphone. « Le recours a été déposé a veille du Eïd el-Fitr. »
Et de rajouter :
« Ça se dessine, il va y avoir fixation d’une audience. On a eu presque une semaine de congés (depuis vendredi dernier, premier jour du week-end en Algérie suivi de trois jours fériés pour l’aïd, ndlr), on y verra plus clair à partir de dimanche », a précisé le bâtonnier.
Mais que signifie donc tout ce méli-mélo inaccessible au commun des mortels ?
Toujours selon Me Baghdadi, « la règle c’est qu’on ne peut pas gracier quelqu’un jusqu’à ce que sa peine soit définitive ». Sauf en cas de désistement de la part des deux parties, avant le procès en deuxième instance.
Mais ensuite, le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune « a le pouvoir de gracier ou bien de commuer la peine », précise le bâtonnier.
L’écrivain pourrait être remis en liberté à la faveur d’une réduction de peine en appel, un scénario que n’écartent pas certains avocats.
Est-ce le début de la fin du cauchemar pour Boualem Sansal ou bien une entourloupe de la justice du téléphone pour faire perdurer son emprisonnement et le châtier davantage ? Wait and see ! En attendant, notre écrivain souffre physiquement et certainement moralement.
Et si Boualem Sansal est gracié, quid des 240 détenus d’opinion qui croupissent arbitrairement dans les prisons ?
Kacem Madani