Le juge d’instruction près le tribunal de Sidi Bel Abbès a ordonné, dimanche soir, le placement en détention provisoire du président de l’Assemblée populaire communale (P/APC) de Telagh. Cette décision intervient suite à la polémique nationale déclenchée par sa décision administrative d’interdire la vente de pâtisseries liées aux célébrations de fin d’année.
L’affaire trouve son origine dans l’arrêté municipal n°390, daté du 7 décembre 2025. Par ce document, le maire de cette localité située à 50 km au sud de Sidi Bel Abbès interdisait formellement aux commerçants et pâtissiers de la commune de produire ou de vendre la traditionnelle « bûche de Noël ».
Bien que l’élu soit revenu sur sa décision le 31 décembre 2025 via un second arrêté d’annulation — chargeant les services de sécurité et les inspections du commerce de veiller à sa nouvelle application — le processus judiciaire était déjà engagé suite au retentissement de l’affaire sur les réseaux sociaux.
Des chefs d’accusation de nature criminelle
L’édile, en poste depuis mars 2023, fait face à des charges lourdes qui soulignent la gravité des faits reprochés par le ministère public. Les poursuites s’articulent autour de trois axes principaux :
Incitation à la haine et au racisme : Le caractère discriminatoire de l’arrêté est pointé du doigt comme portant atteinte à la cohésion sociale.
Abus de fonction : Il est reproché au maire d’avoir outrepassé ses prérogatives légales en interférant dans la liberté d’exercice commercial sans fondement juridique valable.
Usage des technologies de l’information : La diffusion de l’arrêté sur les réseaux sociaux, sans concertation préalable ni notification à l’autorité de tutelle (la Wilaya), est retenue comme une circonstance aggravante.
L’enquête sécuritaire, déclenchée suite à a la vague d’indignation numérique, a conclu que de tels actes constituent une rupture avec la hiérarchie administrative et les principes de l’État de droit.
Samia Naït Iqbal

