Site icon Le Matin d'Algérie

Allah n’aime pas les musulmans !

FOOTAISES de Meziane Ourad

Allah n’aime pas les musulmans !

Allah, décidément, n’aime pas trop les musulmans. Comment expliquer sinon, qu’après avoir freiné leur évolution à l’issue des conquêtes des premières dynasties, il les a cantonnés sur les territoires les plus arides de la planète ? Bien sûr, en certains endroits, il les a assis sur des richesses inestimables mais, ne leur ayant pas donné les têtes qui vont avec, ils ont dilapidé ces biens quand ils ne les ont pas tout simplement offertes aux peuplades de l’hémisphère nord dont ils sont devenus des serfs. Des jouets.

A Evron, ma petite ville de Mayenne, nous ne sommes pas très nombreux. Avec ma compagne, tous les matins au moment du petit noir, on refait le monde ou les matchs de la veille à la terrasse du « Longchamp », un des tabacs de la cité. Souvent nous grattons des tickets de mots croisés de la Française des jeux. Ce matin du 27 juin, nous l’avons fait aussi. Gains : 10 euros, peut-être 20. Peut-être rien ! Je ne me souviens pas. Ce que je sais par contre, c’est qu’un chrétien pur jus a, quelques minutes avant ou après moi, tiré du même paquet où on m’a servi, un bout de papier, qui lui a rapporté 250 000 euros ! Trois vies de travail ! J’en ai la migraine. Ni Allah, ni la FDJ ne nous aiment !!!

Comment regarder un Suède-Suisse après ça ? Surtout lorsqu’on apprend dans le même temps que le Real de Madrid aurait proposé à Neymar 45 millions d’euros, par mois s’il venait à y signer pour la saison prochaine…

A part un coup d’état, combien rapportent sept quintaux de cocaïne ? Je vais passer mes nuits jusqu’à la prochaine lune à imaginer ce que j’aurais pu faire avec ce quart de millions d’euros qui m’a filé sous le nez. Et puisque la chance m’a rasé et évité, je vais m’amuser à imaginer tous les quarts de millions qui ont transité par l’aéroport Houari-Boumediene dans les valises diplomatiques et les bagages à main des chéries de nos généraux et des enfants de nos hommes d’affaires. Le vertige !

Revenons au foot. Sur les coupes du monde qui se sont jouées depuis la première, en 1930, en Uruguay, 11 ont été remportées par les Européens et 9 par les Sud-Américains. Les Africains, Océaniens et Asiatiques sont quelquefois invités à y tremper le doigt. Je suis, cependant, sidéré par le nombre de plus en plus impressionnant de basanés qui portent les couleurs des nations européennes.

Comme le football n’est plus qu’une affaire de sous, bizarrement on y admet toutes les couleurs, tous les cultes, tous les rangs sociaux. La France est composée à 80 % de bruns et de noirs. Son histoire peut le justifier. Mais les autres, les Anglais, les Belges, les Hollandais (qui n’y sont pas cette année), les Allemands, les Danois, les Suisses…

Pendant que le conseil de l’Europe s’échine à trouver un moyen pour contenir les cousins qui se ruent par monts, vaux et mers vers le Vieux continent, les jeunes, dont les parents ont réussi la traversée au temps où les tocsins n’avaient pas encore sonné, où l’Europe ravagée par les guerres avait besoin de bras pour la reconstruire, prennent petit à petit le pouvoir au sein des clubs et équipes nationales des pays de la rive nord de la Méditerranée. Ces nouveaux gladiateurs, enfants de migrants désirés, sont fêtés comme des demi-Dieux lorsqu’ils titillent l’orgueil des Européens de souche. Dès qu’il leur arrive de trébucher, les cris de singe rejaillissent dans les travées des stades d’Europe, généralement envahis par les néo-fascistes qui réclament des barbelés aux frontières.

Dernière seconde du temps réglementaire, Mina, le Colombien répond à Kane, l’Anglais. Colombie 1 – Angleterre 1. Il ne reste plus que trois équipes sud-américaines en Russie. Les Asiatiques, les Africains et les Australiens sont déjà rentrés à la maison. Qui est donc resté ? Comptez les buts et les passes décisives. Voyez la couleur, l’origine de leurs auteurs. Riez ! Vous êtes dans une immense agora et vous assistez à un festival où l’absurde le dispute au folklorique.

Sur la planète football, les nationalités sont factices. Il en est de même dans d’autres sports d’ailleurs. Les Arabes n’ont rien à envier aux Européens en matière de carambouilles.

Le Qatar a quasiment dominé un championnat du monde de handball, celui qui l’a vu ne s’incliner qu’en finale, le 1er février 2015, face à la France 22 à 25, au Lusail Sports Arena de Doha. Les joueurs du Qatar étaient en presque totalité européens. Des mercenaires !

Bahrein s’apprête à prendre le départ du Tour de France. Son équipe sera composée de six coureurs dont le leader sera Vincenzo Nibali. Il sera épaulé par Domenico Pozzovivo. Ils seront accompagnés par Gorka Izagirre et son frère Ion. Il y aura aussi Koren, Pernsteiner, Cink Mohoric et Padun. Pas un Mohamed !

Sur 1 505 555 habitants recensés en 2017, on n’a pas trouvé six Arabes pour monter sur un vélo de course !

Ce monde où l’hypocrisie la dispute à la filouterie est franchement écœurant.

Comme est écœurante cette tendance qu’ont les principaux journaux algériens à offrir leurs « unes » à des hommes politiques fats qui s’égosillent pour nous vendre le cinquième mandat d’un président périmé depuis une décennie. On fait semblant de vivre dans un pays où il y a des débats. Où il y a une vie politique. « Bensalah a dit ! » « Ould Abbes proclame »… Des pantins désarticulés qui babillent des choses que personne n’entend.

Vivement qu’un samaritain arrive pour reprendre en charge l’équipe nationale de football. On se sent tout de même plus algérien, en vert, au « 5-Juillet » que dans les couloirs de l’assemblée populaire nationale.

Auteur
Meziane Ourad

 




Quitter la version mobile