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Appel à la solidarité pour la Kabylie

 

Depuis déjà plusieurs décennies, le pouvoir algérien s’acharne sur la Kabylie afin de la soumettre, usant de la répression la plus brutale. Il a utilisé des armes de guerre contre les civils kabyles en 2001, faisant 130 victimes et des milliers de blessés, dont plusieurs centaines handicapés à vie.

Depuis l’été 2021, le régime militaire algérien use d’une autre méthode, des plus insidieuses. Il utilise le châtiment judiciaire et a procédé à l’arrestation de centaines de personnes dans les villages et les villes de Kabylie.

La machine judiciaire mise en place a condamné des citoyens kabyles à de lourdes peines de prison. Ces citoyens ont subi l’humiliation, l’arbitraire et la maltraitance. Certains ont même été victimes de torture et du viol.

Le régime algérien s’attaque à toutes celles et à tous ceux qui ont la Kabylie au cœur et agissent pour ses intérêts. Même les artistes et les intellectuels ne sont pas épargnés et subissent l’arbitraire de ce régime. La Kabylie fait ainsi face à un terrorisme étatique visant à l’annihiler.

Nous, signataires de la présente déclaration, dénonçons l’arbitraire de l’État algérien ainsi que son acharnement sur la Kabylie où il commet les pires injustices. Nous tenons à exprimer notre solidarité avec les militant.e.s amazighes de Kabylie et leurs familles, victimes de l’arbitraire de l’État algérien.

Nous appelons de nos vœux pour que la Kabylie se relève et que les Kabyles retrouvent la hargne qui leur permettra de se battre contre un régime totalitaire au service de l’idéologie arabo-islamique ayant programmé l’éradication de l’Amazighité.

La Kabylie joue un rôle important dans la lutte et le combat identitaire ; elle a toujours été l’exemple pour l’ensemble des Imazighen à travers toute Tamazgha qui ont besoin d’elle debout et digne.

En Kabylie, les droits les plus élémentaires des Imazighen sont bafoués. Le silence sans écho qui entoure la répression en cours dans cette région est affligeant. La communauté internationale, notamment la France, se révèle ainsi complice et en connivence avec le régime algérien. Les organisations de défense des droits humains ont manifesté peu d’intérêt à la situation des droits et aux atteintes aux libertés dans cette partie du monde.

Cela exige une large mobilisation et la conjugaison des efforts pour que cesse cette politique répressive qui vise à réduire les Imazighen au silence et à achever leur assimilation forcée.

Pour répondre à l’insupportable situation vécue actuellement en Kabylie, nous apportons notre soutien à toutes les initiatives et mobilisations des Imazighen à travers l’ensemble de Tamazgha et dans la diaspora afin de faire cesser l’arbitraire que fait subir, au quotidien, l’État algérien aux militants amazighs de Kabylie.

Les citoyens kabyles qui croupissent arbitrairement dans les prisons de l’État algérien doivent être remis en liberté.

Le 27 février 2023

Premiers signataires :

Salem Chaker, Professeur émérite des Universités (berbère), France
Irma Mora-Aguiar, Professeur et chercheuse, Îles Canaries
Madghis BouzakharAmazigh Researcher and Political Activist, At Maan (Yefren – Infusen)
Mustapha El AdakChercheur universitaire, Oujda
Seham TalebAvocate, Tripoli
Samir Nefzi, Chercheur en droit pénal, Président du Mouvement Akal-Tunisie, Japon
Ali HarcherrasEnseignant à la retraite, Goulmima (Sud-est du Maroc)
Abdallah BounfourProfesseur émérite des Universités, France
Fathi Abouzakhar, Academic staff member at Zawia University, Tripoli
Hélène ClaudotL-HawadAnthropologue, Directrice de recherche honoraire au CNRS, Aix-en-Provence
HawadEcrivain et peintre amazigh.
Carles Castellanos LlorençIngénieur et linguiste – Professeur émérite UAB, Catalogne
Kamal Naït ZeradProfesseur des Universités (berbère), Paris
Omar DerouichEnseignant et poète amazigh, Tazrout n Ayt Wasif (Imgunen)
H’mmu KemousArtiste, Belgique
Mazigh BuzakharEngineer, Infusen region
Pablo DelucaEcrivain-chercheur, Tenerife (Îles Canaries)
Hisham AhmadiAvocat, Jadu (Adrar n Infusen)
Ali KhadaouiPoète, Khénifra
Fathi n Khelifa, Président du parti LIBU, Zouara (At-Willul)
Salah DabouzAvocat et défenseur des droits humains, Bruxelles – Belgique
Driss RabihDocteur et chercheur, Casablanca
Shokri AgmarAvocat, Tripoli
Hsen LarbiIngénieur, Philadelphie (USA)
Nasser AbouzakharCompany Director, United Kingdom
Aksil AzerguiConsultant, Lille
Gérard Lamari, détenu de 80 et professeur de mathématiques, Toulouse (Occitanie)
Mhend AbttoyArtiste, Roterdam (Pays-Bas)
Mestafa G’idir, Neuropsychologue, Aix-en-Provence (Occitanie) ;
Chahine BerrichRéalisateur, Tunisie
Mbark TaousEnseignant, Goulmima (Maroc)
Ahmed Aribe DoughaVice-président du parti LIBU, Jadu (Adrar n Infusen)
Masin FerkalEnseignant, militant berbériste, Paris
Mustapha BerhouchiEnseignant, Meknès (Maroc)
Hamid LihiEnseignant, Ouarzazat (Maroc)
Aicha Ait BerriRetraitée (ex inspectrice de l’enseignement), Beni Mellal, Maroc
Ahmed Ou-HssataRetraité, (ex administrateur économe), Béni-Mellal, Maroc.
Said Ait BerriChef de service (agriculture), Meknès, Maroc
Jamila Lahyani, Fonctionnaire , Meknès, Maroc.
Carles Múrcia, Professeur universitaire, Barcelone (Catalogne)
Anna Maria Di TollaProfesseure de l’Université de Naples L’Orientale – Italie
Samir OukaciDiplômé de l’inalco, chercheur en Histoire et anthropologie du monde berbère, France
Slimane KADIEntrepreneur WEB, Paris
SID LAKHDAR BoumédieneEnseignant, France
Azal Belkadi, Artiste amazigh de Kabylie, France
Juan Amílcar Fariña AcostaRetraité, Archipel des Canaries
Djamal YAHIAOUIFormateur/Enseignant, Trélazé (Maine et Loire)
Farida SamUniversitaire et employée à la sensibilisation environnementale, Québec
Odette RollandRetraitée 75 ans, Saint Pierre de Trivisy (Tarn)
Belaid Aït MohandRetraité, France
Anumid SmouneEnseignant, Paris
Alexia Smoune de BournetJuriste, Paris
Yassin Aït Oumghar, Etudiant , Azilal (Maroc)
Brahim Akdime, Retraité, Casablanca
Irij MaoucheCheminot en retraite, Paris
Farid BelkadiMédecin, USA

 

 

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