Selon Reporters sans frontières (RSF), Turki al-Jasser, journaliste saoudien arrêté en 2018, a été exécuté en juin 2025 après sept années d’enfermement arbitraire. Son seul crime : avoir exercé son métier, avoir écrit sur des sujets jugés sensibles par le régime saoudien, notamment les droits des femmes et la cause palestinienne.
Le 15 mars 2018, les forces de sécurité saoudiennes avaient fait irruption à son domicile. Emmené vers un lieu de détention inconnu, Turki al-Jasser avait disparu des radars. Pendant des années, ni sa famille, ni les ONG n’ont pu obtenir d’informations fiables sur son sort. C’est le 14 juin 2025, que le ministère de l’Intérieur saoudien a annoncé son exécution. Une annonce qui a bouleversé RSF, qui le croyait mort depuis longtemps, au vu du silence total entourant sa détention.
Dans un communiqué glaçant, RSF rappelle que l’Arabie saoudite est le pays qui exécute le plus au monde, selon les données d’Amnesty International. Les journalistes n’y échappent pas. Classé 162e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025, le royaume n’autorise aucun média libre. Toute voix dissidente est écrasée, même à l’étranger. L’autocensure y est une seconde peau, imposée par la peur, la surveillance, la terreur.
Turki al-Jasser n’est pas un cas isolé. Il s’ajoute à une longue liste de journalistes persécutés, emprisonnés ou assassinés dans le monde. Il rappelle tragiquement le sort de Jamal Khashoggi, tué dans le consulat saoudien à Istanbul en 2018. L’État saoudien a été désigné comme responsable par un rapport de l’ONU, mais reste à ce jour impuni.
RSF tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : 14 journalistes sont actuellement détenus en Arabie saoudite, privés de liberté pour avoir voulu informer. L’organisation appelle à la mobilisation internationale pour briser l’impunité dont jouit le régime saoudien.
Turki al-Jasser a été exécuté dans le silence. Ne pas relayer son nom, ne pas dénoncer son sort, serait une deuxième mort. Grâce aux actions de RSF et au soutien de ses donateurs, des crimes comme celui-ci ne seront pas oubliés.
Djamal Guettala