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Arabisation : l’Algérie des illusions perdues !

drapeau amazigh

Puisque le débat sur l’arabisation fait rage de façon quasi-permanente, ajoutons-y quelques grains à moudre. À cet égard, la sorte de Saïd Djabelkhir dans laquelle il fait le bilan du massacre de l’éducation après 50 années d’arabisation est à saluer ! 

Même si le courageux Saïd Djabelkhir ne fait que dresser le même constat sur un sujet que nous fidèles du Matin d’Algérie analysons sous toutes les moutures depuis des lustres.

Comme le propose si bien Arezki Aït Larbi «que l’on divulgue la liste des rejetons inscrits au Lycée International Alexandre Dumas de Ben Aknoun, dans la banlieue d’Alger, et la liste de ceux qui ont acquis des biens en France, et nous reparlerons de l’arabisation ».

Cela faisant, on réaliserait très vite que ceux qui s’acharnent obstinément à imposer une seule langue (l’arabe) aux Algériens et ceux desdites listes si recherchées du lycée Dumas portent les mêmes noms. 

Ils doivent jubiler en haut lieu en donnant cet os sur lequel tout le monde se rue pour faire oublier la débâcle dans laquelle patauge le pays, par la grâce de décideurs plus que jamais à côté de la plaque.

Depuis que la langue arabe est imposée :

– Il ne reste comme lecture aux Algériens que le Coran et le Sahih Al-Bukhari (recueil de paroles du prophète collectées par al-Bukhari plus de deux siècles après la mort de Mohamed).

– De quoi débattent nos jeunes sinon de hadiths et de la façon de flageller ses épouses si elles n’obéissent pas à un mari formaté pour les punir au moindre écart ? 

– Le vocabulaire des Algériens ne se limite-t-il d’ailleurs pas à « hallal », « haram », « inchallah », « hamdoullah » ?

– Que reste-t-il du génie populaire depuis que l’aliénation à grande échelle se perpétue ? – Tamazight dans toutes ses variantes est laminée par le système politique et éducatif. Même officielle, la langue tamazight demeure à l’extérieur des institutions et des écoles par l’entregent diabolique du courant islamo-baâthiste qui a inflitré tous les rouages de l’Etat et du pouvoir. Faut-il rappeler l’épisode de Gaïd Salah qui a lâché la police contre les porteurs de drapeaux amazigh en plein manifestations populaires ?

– « Le français est un butin de guerre », énonçait, avec lucidité, notre regretté Kateb Yacine.

– Même Boumediene le patibulaire, à son retour de Russie où il était parti se soigner, s’était laissé aller à quelques confidences en postulant que l’Algérie avait perdu un million de Harkis et un million de colons sur lesquels le pays reposait en grande partie. Comme quoi, il arrive parfois aux potentats de traverser quelques instants de lucidité !

Trêve de blablas, le constat est connu de tous ! Il se résume par une devise, à la cigale et la fourmi :

« Que faisiez-vous quand, sans pause
Nous construisions bibliothèques et hôpitaux ?»
Demanda-t-elle aux généraux.


-Nuit et jour, en toute saison
Dans chaque bourg, en aval ou en amont
Nous bâtissions des mosquées, ne vous déplaise. 

-Des mosquées ? j’en suis fort aise
Eh bien, priez maintenant ! »

Que serait devenu le pays si en lieu et place de la moitié des mosquées on avait construit des bibliothèques et l’autre moitié des hôpitaux ?

En ce jour du Youm-el-3ilm, Tebboune fait référence à Ben Badis et point à une autre référence scientifique. Tout le mépris du savoir réside à reproduire les mêmes réflexions imposés il y a 50 ans. 

Mais comme dit l’adage « avec des si, on mettrait Paris en bouteille » et Alger dans un flacon !

La démocratie, disait Jacques Brel dans un de ses films, c’est quand on a 10 philosophes d’un côté et 11 imbéciles de l’autre, et qu’au final ce sont les imbéciles qui gagnent ! En Algérie, force est de constater que nous vivons un tel postulat depuis 1962.

Quand intellectuels et philosophes prendront le pouvoir, on en reparlera !

Kacem Madani

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