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Belaïd Feddag, le baroudeur, rejoint nos ancêtres !

HOMMAGE

Belaïd Feddag, le baroudeur, rejoint nos ancêtres !

C’est demain mardi 24 novembre à 13h30 qu’aura lieu la levée du corps de Bélaïd Feddag au funérarium de Montreuil 32, avenue Jean Moulin pour arriver le lendemain 25 à l’aéroport d’Alger.

À coup sûr, une foule nombreuse attendra le défunt qui nous a quittés le 17 novembre à l’hôpital de Montreuil à l’âge de 79 ans. Il s’est éteint des suites de ce virus décidé à faucher la vie de nombre d’entre nous. J’étais totalement stupéfait et bouleversé d’apprendre sa disparition. Il avait encore tant de choses à nous apprendre, tant de choses à faire.

Bélaïd, Max pour les intimes, était dans l’est de la France dans les années 1950 et il me faisait souvent part de ses charges en tant que membre de la Fédération de France du FLN. Il était jeune, costaud, intelligent et parlait déjà bien français ce qui lui permettait de manœuvrer facilement dans la société française et d’exécuter facilement les missions qu’on lui confiait.

À l’indépendance, il est retourné, comme beaucoup d’Algériens, la tête pleine de rêves dans son pays d’origine, pensant que celui-ci allait prendre le chemin tant espéré de la liberté et du développement.

Après quelques boulots de fortune, il est rentré à la Sonatrach, poumon économique et financier du pays. Il était affecté dans la région oranaise où il a vite appris l’arabe, le ddarja. L’entreprise lui a permis de faire un stage pratique et il devient technicien des transmissions au sein de Naftal, filiale de Sonatrach, si mes souvenirs sont bons.

Mais le pays étant ce qu’il était et ce qu’il est toujours, c’est-à-dire un lieu de situations bloquées, il décide de rejoindre la France début des années 1970. Il s’associe d’abord à son beau-père Arezki Fennas (paix à son âme) dans l’hôtellerie-restauration avant de prendre son envol dans le même secteur rue de Turbigo puis Gare du Nord pour finir rue Poirier de Narçay à Paris 14ème. C’est là qu’il m’a présenté Ahmed Aït Si-Ali dit Joseph, un féru de philosophie kabyle ancestrale et de poésie.

Joseph m’a fait découvrir le grand poète Hmed At Wehmed dit Hmed Lemsiyyah. Joseph et Max étaient de grands amis, ils avaient envisagé de se voir après le confinement, leurs projets vont rester inachevés ! Quand on se voyait en petit comité honoré de la présence d’un de ses autres amis Rabah Bournane (3ammi Rabeh) qui venait d’Alger ou de Tamanrasset où il avait bâti un superbe Hôtel, c’était la joie : poésie, politique, souvenirs d’enfance et de la guerre, mais aussi blagues et histoires drôles, etc. Les trois compères croquaient la vie à pleines dents ! J’étais heureux de les écouter parler une langue kabyle châtiée, toujours agrémentée d’un magnifique paysage verbal !

Armé de ses expériences professionnelles, Max arrive à s’autoformer et à servir de conseiller juridique dans les transactions de cafés, restaurants. Il en a acquis une grande expertise. Mais ses activités ne se limitent pas aux affaires lucratives, il s’investit pleinement dans le monde associatif. C’est ainsi qu’il fût le premier président de l’association « Iwadiyen de France » début des années 2000. A ce titre, il a participé avec énergie à aider les blessés du printemps noir et à aider certaines familles de victimes de cet épisode dramatique. Il est resté toujours fidèle adhérent à l’association aujourd’hui dirigée par Mouloud Ouacher, un homme d’engagement lui aussi.

Max est parti brusquement. Toujours besogneux et se rendant régulièrement à son bureau à Gentilly, il a dû laisser beaucoup de dossiers en suspens. Je souhaite vivement que ses enfants s’arment de courage et de ressources psychologiques utiles pour faire face à cette douloureuse disparition mais je n’en doute pas, ils ont de qui tenir.

Ad fell-as yeɛfu yerḥem yejj-ed lbaraka i warraw-is, i tmeṭṭut-is, i twacult-is merra. Ṛuḥ a gma-tneɣ bel3id, ṛṛuḥ-ik di talwit ! Nekker-ed di nnif n teqbaylit ad nemmet di nnif-is !

Que ton épouse, tes enfants, toute ta famille Feddag trouvent dans ce modeste hommage l’expression de toute ma solidarité et l’expression de mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.

(Nekka d seg lejdud ad nuɣal ɣer lejdud 

Auteur
Hacène Hirèche (militant associatif)

 




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