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CNUAC : Nous sommes tous coupables

TRIBUNE

CNUAC : Nous sommes tous coupables

Nous, enseignants universitaires et chercheurs membres de la CNUAC, tenons à exprimer notre colère et notre indignation face à l’escalade de la répression contre les droits et les libertés des manifestants pacifiques.

Nul n’est épargné, journalistes, avocats, universitaires, étudiants. Une dizaine d’étudiants, plus de 250 Hirakistes sont jetés en prison rien que pour empêcher la reprise des marches du Hirak.

Nos collègues et membres de la CNUAC Sara Ladoul et Fatiha Briki et tant d’autres universitaires subissent aujourd’hui le harcèlement d’un système en faillite. La CNUAC, symbolisée fièrement par l’engagement et les valeurs de solidarité de Fatiha Briki et Sara Ladoul, est un cadre d’universitaires engagé dans le Hirak qui se veut un foyer d’idées qui participent à transformer la réalité politique et sociale en Algérie telle que voulu par ce mouvement populaire.

On rappelle que la CNUAC s’est donnée aussi pour objectifs principaux la promotion du débat public, la création de passerelles avec les courants et les composantes de la société civile, un engagement pour le respect des libertés démocratiques et de l’égalité de tous en militant pour qu’aucun algérien ne soit arrêté pour ses opinons.

Mais alors que la CNUAC s’est voulue un espace de construction d’une pensée, critique et scientifique, une communauté académique de réflexion accompagnant le changement du champ du possible ouvert par le Hirak, voilà que ce dernier, hier encore « béni » est déclaré « minoritaire » à l’origine de l’anarchie dans la société et à la solde de forces occultes.

Deux années ne sont-elles pas suffisantes à convaincre que le Hirak a fait preuve d’une grande maturité, d’une citoyenneté assumée et d’un pacifisme exemplaire. Le mouvement citoyen a rendu ainsi inopérantes les manipulations qui veulent porter atteinte à l’unité nationale.

Mieux encore il a vivifié la solidarité nationale. Nous exprimons sans ambages notre solidarité totale et notre soutien indéfectible à nos collègues et exigeons leur libération immédiate et la fin des poursuites judiciaires de tous les détenus d’opinion.

Nos collègues, Fatiha Briki et Sara Ladoul, n’ont fait que leur devoir, celui-là exigé par leur métier d’enseignant, à savoir, être à l’écoute, au service, et au soutien des étudiants, des citoyens et de la société.

Si elles ont été rendues coupables de leur intégrité et de leur éthique, alors nous, membres de la CNUAC, sommes tous coupables. La solidarité n’est pas un délit mais l’instrumentalisation de la justice si.

Pour une Algérie Libre et Démocratique

 Alger, le 20 juin 2021

 




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