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Colloque sur Hocine Aït Ahmed : « Transmettre, ce n’est ni sanctifier ni instrumentaliser », selon Youcef Aouchiche

Colloque sur Aït Ahmed

Colloque sur Hocine Aït Ahmed. Crédit photo : FFS

Un colloque international de deux jours consacré à la trajectoire politique et à l’héritage intellectuel de Hocine Aït Ahmed s’est ouvert, ce samedi 17 janvier, à Alger, en présence d’historiens, de chercheurs et d’universitaires algériens et étrangers. Organisée par le Front des forces socialistes (FFS), la rencontre se propose d’examiner l’œuvre politique et intellectuelle du chef historique de la Révolution algérienne à l’aune d’une approche académique critique.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier secrétaire national du FFS a inscrit ce colloque dans un « devoir de transmission », soulignant la nécessité de restituer les faits historiques dans leur complexité, à distance de toute sanctification, instrumentalisation ou simplification idéologique. Il a mis en garde contre les tentations du révisionnisme et les lectures réductrices de l’histoire nationale, estimant que la transmission ne saurait se limiter à la conservation d’une mémoire figée, mais devait également porter les valeurs et le sens des engagements passés.

Selon l’intervenant, écrire l’histoire sur des bases académiques rigoureuses constitue une exigence nationale, dans la mesure où toute société qui renonce à l’exigence historique finit par fragiliser sa liberté et sa souveraineté. Il a rappelé que l’histoire ne peut être un outil de légitimation conjoncturelle, mais un champ de connaissance critique permettant d’éclairer les luttes passées et les enjeux du présent.

La figure de Hocine Aït Ahmed a occupé une place centrale dans cette intervention. Présenté comme l’un des dirigeants fondateurs de la Révolution algérienne, il a été décrit comme un acteur politique ayant très tôt défendu l’idée que l’indépendance devait être pensée comme une libération globale, à la fois politique, sociale et morale. Son engagement, qui s’est étendu sur plus de sept décennies, a été caractérisé par une fidélité constante aux principes démocratiques, au pluralisme et à la souveraineté populaire.

L’orateur a également insisté sur la dimension intellectuelle et humaniste de Hocine Aït Ahmed, soulignant qu’il n’a jamais dissocié la pensée de l’action ni la morale de la politique. Son parcours est ainsi présenté comme marqué par la recherche du consensus national, fondé sur l’unité, la paix civile et la souveraineté populaire, sans renoncer à la critique ni à l’exigence démocratique.

Dans un contexte international marqué par la résurgence de rapports de domination et par une crise du sens politique, le responsable du FFS a estimé que revisiter le parcours de Hocine Aït Ahmed permettait de réaffirmer une certaine conception de l’engagement politique, fondée sur la cohérence, la durée et le primat des valeurs.

Durant deux journées, les travaux du colloque aborderont différents aspects de cette trajectoire, à travers des communications et des débats visant à dépasser les lectures partisanes ou réductrices. Les organisateurs espèrent ainsi contribuer à une meilleure compréhension de l’héritage de Hocine Aït Ahmed et à son inscription dans l’histoire plus large des luttes démocratiques et humanistes.

Samia Naït Iqbal

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