27 novembre 2022
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Covid-19 en Algérie : plan ORSEC ou CCDP 

PANDEMIE

Covid-19 en Algérie : plan ORSEC ou CCDP 

Nous vivons actuellement une crise sanitaire difficile. C’est une question de vie ou de mort. Nous n’avons jamais connu de pareille crise dans l’histoire de notre pays. Comme au demeurant ailleurs.

Le virus est dangereux et invisible, C’est un criminel qui n’épargne personne. Il est dynamique, vicieux et se transforme rapidement. Il change de nom à chaque fois : Covid-19 au début, ensuite Lambda, Alpha, Béta, aujourd’hui Delta et demain possiblement Djéha ou encore Hita-Bita.

Les Algériens sont paniqués, le pouvoir dépassé, les moyens très insuffisants et le nombre de malades et de décès ne fait qu’augmenter. 

Nous sommes 43 millions d’habitants et notre territoire est très vaste. La distance entre deux wilayas est, dans beaucoup de cas, très longue et chacune de nos wilayas a sa spécificité et son propre climat ((25 °C au nord, jusque à 45°C au sud).

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Sur le plan de la gestion du Covid-19, l’Algérie ne doit pas copier la stratégie adoptée par la France, le Royaume-Uni,  l’Espagne ou encore par la Tunisie qui sont de petits pays en termes de superficie et donc gérable depuis un point central.

Seul le Canada, avec ses 13 provinces et territoires, peut inspirer l’Algérie dans la stratégie de lutte contre la pandémie actuelle. Le Canada décentralisé a réussi à vacciner doublement (deux doses) ses concitoyens adultes à hauteur de 77% grâce au pouvoir de décision décentralisé, dont jouissent les différents responsables des provinces et territoires. 

L’Algérie, pour mieux contrôler et maîtriser administrativement et médicalement cette grave crise pandémique, doit urgemment  donner plein pouvoir à chaque wali afin de décider, localement, de la manière et du comment gérer sa région. Continuer à maintenir la décision centralisée au niveau d’Alger, dans le cas de cette pandémie, est une grave erreur.

Il est du devoir et de la responsabilité du pouvoir politique de prendre rapidement une décision allant dans le sens de la décentralisation de la gestion de la pandémie du Covid-19. À défaut d’une telle stratégie de décentralisation par wilaya, retenir tout au moins l’option par région, en délimitant quatre à cinq espaces régionaux disposant d’une autonomie relative pour élaborer des stratégies et produire des instruments d’action publique.

Pour ce faire, il faudra mettre sur pied, dans chaque arrondissement, une cellule de crise dynamique et polyvalente (CCDP), sous la supervision du Wali, constituée d’une dizaine de personnes (3 médecins, 2 psychologues, 2 coordinateurs des opérations, 2 spécialistes en communication etc.).

Les décisionnaires locaux, par wilaya ou par région, vont disposer effectivement des informations essentielles, fiables et actualisées pour répondre en temps réel à l’urgence citoyenne. 

La décentralisation implique une meilleure maîtrise de la situation et amoindri les impacts négatifs; donc moins de risque pour le pays, puisque les décideurs locaux possèderaient une bonne marge de manœuvre et par-là même, une source de pouvoir conséquente. Les citoyens seraient plus à l’écoute des orientations et des décisions, lesquelles décisions aussitôt prises, sont appliquées rapidement sur le terrain.   Il faut dire aussi que les CCDP auront une autonomie locale, elles doivent cependant communiquer entre elles pour s’entraider et se donner des conseils et autres soutiens éventuellement. 

Ce plan de gestion décentralisée ou encore cette stratégie régionale de gestion Covid, doit donc prendre en compte cette nécessité d’interaction.

Cette décentralisation vise avant tout une gestion efficace de la pandémie. Elle doit faire partie du plan de continuité des activités et actions médicales visant l’atteinte des objectifs préétablis au sommet. Chaque décideur doit se concentrer sur son périmètre de responsabilité, et d’éviter l’excès d’interférences nuisibles à une bonne réactivité.

La diaspora doit s’impliquer. Elle a un rôle important à jouer dans ces moments difficiles. Il faudra juste le définir et le délimiter judicieusement.

Si la situation pandémique prend des proportions encore plus grave, les CCDP doivent demander le soutien de l’armée (militaires, camions, Land Rover etc.).

Le peuple algérien doit rester calme et discipliné. Le confinement et le respect des mesures barrières, comme le suggèrent les scientifiques et l’organisation mondiale de la santé (OMS) sont une nécessité et une priorité absolue actuellement. 

J’appelle les décideurs en Algérie, les spécialistes médicaux et autres personnes soucieuses de la santé de la population et des intérêts du pays, à réfléchir et à développer cette option de décentralisation de la gestion du Covid-19, qui peut paraître futile pour certains mais dans la pratique est salvatrice, vitale et utile en même temps.

Auteur
Ahcène Moussi, économiste au Canada. 

 




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