Alors qu’Alger et Paris amorcent prudemment une énième et improbable phase d’apaisement après plusieurs années de tensions, l’Assemblée populaire nationale engage le débat sur la criminalisation du colonialisme français, une initiative à forte portée mémorielle dont les implications diplomatiques interrogent.
L’Assemblée populaire nationale (APN) a entamé l’examen d’une proposition de loi visant à criminaliser le colonialisme français en Algérie, dans une séance qualifiée de « historique » par le président de l’institution, Ibrahim Boughali. Le texte, à valeur symbolique, s’inscrit dans le prolongement du travail engagé par l’État algérien sur la mémoire nationale, mais intervient également dans un contexte diplomatique sensible, marqué par des tentatives timides de réchauffement des relations entre Paris et Alger.
Présentant le projet devant les députés, Ibrahim Boughali a souligné que cette initiative dépasse le cadre strictement législatif pour relever d’un acte politique et moral visant à consacrer la vérité historique et à préserver la mémoire collective. Selon lui, le projet de loi traduit une position souveraine de l’Algérie fondée sur un principe universel : les crimes contre l’humanité ne sauraient être ni justifiés ni effacés par le temps.
Le texte prévoit notamment une qualification juridique des crimes commis durant la période coloniale, l’affirmation de la responsabilité de l’État français, ainsi que des mécanismes destinés à exiger la reconnaissance officielle et les excuses. Il introduit également des dispositions pénales visant à réprimer la glorification ou la banalisation du fait colonial.
Intervenant lors des débats, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a rappelé que les exactions commises pendant plus de 132 ans de domination coloniale – exécutions, déportations, torture systématique, spoliations foncières et tentatives d’effacement de l’identité nationale – relèvent, au regard du droit international, de crimes imprescriptibles. Il a insisté sur le fait que ces crimes ne peuvent être « ni oubliés ni relativisés », soulignant que la mémoire constitue un pilier de la souveraineté nationale.
Pour le ministre, la démarche parlementaire ne procède pas d’une logique de confrontation, mais d’une exigence éthique et historique. « Il n’y a pas de justice sans reconnaissance, ni de futur digne sans équité », a-t-il déclaré, estimant que la restauration de la mémoire nationale, engagée sous l’impulsion des plus hautes autorités du pays, constitue un socle indispensable à toute relation équilibrée avec l’ancienne puissance coloniale.
Toutefois, l’ouverture de ce chantier législatif intervient à un moment délicat sur le plan diplomatique. Après une longue période de crispations, Alger et Paris ont multiplié, ces derniers mois, les signaux prudents en faveur d’une normalisation progressive de leurs relations, notamment à travers des échanges politiques et des déclarations apaisées. Dans ce contexte, la relance du débat sur la criminalisation du colonialisme suscite des interrogations quant à son impact potentiel sur ce rapprochement encore fragile.
Si les autorités algériennes rappellent le caractère strictement souverain et non négociable de la démarche, certains observateurs estiment qu’un tel texte pourrait être perçu à Paris comme un geste politiquement lourd, susceptible de raviver des tensions, notamment dans un environnement politique français où la question coloniale demeure sensible et clivante.
À l’inverse, les partisans du projet considèrent que toute relation durable et apaisée entre l’Algérie et la France ne peut se construire sur l’ambiguïté ou le silence. Selon eux, la reconnaissance claire des responsabilités historiques constitue non pas un obstacle au dialogue, mais une condition préalable à une réconciliation authentique et équilibrée.
Au-delà de sa portée juridique, le débat engagé à l’APN met ainsi en lumière une tension persistante entre les impératifs de la mémoire et les contraintes de la realpolitik diplomatique. La manière dont cette équation sera gérée dans les prochains mois pourrait peser durablement sur l’évolution des relations franco-algériennes, toujours travaillées par le poids d’un passé colonial non totalement apaisé.
Cependant, quand on sait que l’APN n’est qu’une simple chambre d’enregistrement des desiderata de ceux qui tiennent le pays d’une main de fer, il y a lieu d’associer ces effets de manches à une simple surenchère de Tebboune-Chanegriha vis-à-vis de la France. Aux premiers signes de reprises des relations avec Paris, les députés et Boughali en premier oublieront leurs débats et leurs accusations du colonialisme et avaler leur cravate.
Samia Naït Iqbal


Je pense que la France, répondra par l’ouverture des archives et montrer ainsi qui est qui et qui a fait quoi?
Et surtout démontré que pendant que certains danser le flamenco, et les autres danser au milk bar les Kabyles crapahutaient sur les montagnes de Kabylie.
Je souhaite vraiment que cette opération algérienne aboutisse, car pour nous cela sera la fin des bobards algérien.
Ce serait cocasse si ce n’était pas aussi dramatique. Une loi pour criminaliser la colonisation promulguée par un régime qui a restauré le code de l’indigenat en pire… Mounafiqine ! Personnellement, je pense qu’il faut une loi pour criminaliser la gouvernance de l’armée algérienne depuis 62. Plus de 80 pour cent de la population n’a pas vécu la colonisation. Le peuple algérien n’attend pas des excuses de la France, il attend des excuses de l’armée algérienne ! Ce n’est pas la France qui bloque le pays depuis 62, c’est l’armée algérienne. Ce n’est pas la France qui a saccagé et mis à sac le pays depuis 62, c’est l’armée algérienne. Ce n’est pas la France qui impose au peuple algérien une économie de misère et de pénuries, c’est l’armée algérienne. Ce n’est pas la France qui affame nos djounouds dans les casernes, ce sont les hauts gradés de l’armée malgré des budgets de 20 milliards de dollars tous les ans. Ce n’est pas la France qui dénie aux algériens tout droit à la justice, c’est l’armée algérienne.
Je le dis aux députés, à Tebboune et à Chengriha : nous ne sommes pas dupes. Le 5 Juillet 62 le peuple algérien a accédé à l’indépendance. Toutes les armées du monde ont reconnu cette indépendance, y compris l’armée française. Toutes les armées du monde sauf une : l’armée algérienne ! Nous ne sommes pas dupes. L’armée algérienne est dirigée par les ennemis du peuple algérien
En quoi une loi votée au parlement Algérien imposera quoi que ce soit en France
À défaut d’offrir au peuple un avenir descend ,ce personnel politique nous sert le passé en permanence pour cacher son incompétence et sa faillite à tout les niveaux.
Ce pouvoir n’a aucun projet pour le pays , son seul projet c’est manipuler la mémoire collective à sa guise pour ses propres intérêts en fonction de la situation et des enjeux du moment.
Quand on voit l’état socio-économique de l’Algérie d’aujourd’hui après 63 ans d’indépendance et malgré une rente minière exceptionnelle, on peut raisonnablement dire que c’est une loi-fumigène pour masquer des réalités insoutenables devant une opinion informée. Il faut donc prévoir le véhicule historique qui l’informera « convenablement ».
On est au delà du mépris, on est dans la haine pathologique des algériens de la part du gang mafieux qui nous écrase. Regardez ces images commentées par l’excellent Lotfi DK : le ministre de l’intérieur, qu’on nous présente comme futur Président, qui se moque du peuple algérien et qui va même jusqu’à nous déshumaniser.
https://youtu.be/ahWuHYLzz8E?t=9
Vu de France, nous nous moquons des gesticulations de ces grabataires, ils veulent criminaliser l’époque coloniale et après ?! Nous français, nous nous en moquons.
Cet état qui, après avoir cherché à séduire la Diaspora algérienne surtout de France pour investir dans l’économie du pays, les menace aussi de déchéance de nationalité quitte à en faire des apatrides !
Tant que les algériens prient le même dieu que ces gens, leur confient l’éducation de leurs enfants, ils resteront tributaires des aléas de la météo.
Du devoir de mémoire en rente mémorielle sélective. Pourquoi ne pas remonter un peu plus loin pour la criminisation du colonialisme arabobaathisme de l’Algerie alors!?
Heureusement qu’il y a eu la reconquête sinon les espagnoles seraient dans les memes débats aujourd’hui à défendre leur identité et l’identité de leur pays.
Comme le rappeler l’adage: l’arabisme, plus fort que toi; il te ´mange ´ et plus faible que toi; il te ´mange ´.
En sommes, c’est bien la politique du curée.