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Cuba sommée de plier, Caracas sous tutelle : Washington redessine la carte

Trump et son cercle proche

Trump et son cercle proche redessinent le monde à leur avantage.

Donald Trump a lancé un avertissement direct à La Havane, appelant Cuba à conclure un accord avec les États-Unis « avant qu’il ne soit trop tard ». Le message a été diffusé dans une publication sur sa plateforme Truth Social, dans un contexte marqué par l’opération militaire américaine menée récemment au Venezuela.

Cette intervention s’est soldée par l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, transférés à New York, ainsi que par la mort de plusieurs ressortissants cubains présents sur le sol vénézuélien. Washington affirme désormais assurer la « protection » du Venezuela, ce qui revient à couper La Havane de son principal allié régional et de sa principale source d’approvisionnement énergétique.

Selon la Maison-Blanche, Cuba a longtemps bénéficié du pétrole et des ressources financières de Caracas en échange d’un soutien sécuritaire et militaire apporté au pouvoir vénézuélien. Donald Trump estime que ce système appartient désormais au passé et que plus aucun flux de pétrole ou d’argent ne transitera du Venezuela vers l’île.

La réaction de La Havane ne s’est pas fait attendre. Les autorités cubaines ont confirmé la mort de 32 de leurs ressortissants lors de l’attaque américaine. Tous, selon un communiqué officiel, appartenaient aux forces armées ou au ministère de l’Intérieur et se trouvaient au Venezuela dans le cadre de missions effectuées à la demande du gouvernement vénézuélien. Ils auraient été tués soit dans des combats directs, soit sous les bombardements.

Les relations entre Cuba et le Venezuela sont historiquement étroites depuis la fin des années 1990. Après la tentative de coup d’État de 2002 contre Hugo Chávez, La Havane avait renforcé sa présence sécuritaire pour stabiliser le régime, tandis que Caracas fournissait à Cuba un pétrole vital pour son économie, en plus d’une coopération politique et sociale étroite.

L’intervention américaine bouleverse aujourd’hui cet équilibre. En plaçant le Venezuela sous sa tutelle directe, Washington entend reprendre le contrôle d’un pays clé du continent sud-américain, riche en hydrocarbures et longtemps en rupture avec sa sphère d’influence. Cette reconfiguration fragilise directement Cuba, désormais privée de son principal soutien.

Dans ce contexte, l’appel de Trump, lancé via Truth Social, apparaît moins comme une ouverture diplomatique que comme un ultimatum. L’île, déjà sous pression économique, se retrouve confrontée à une équation stratégique de plus en plus étroite. Il y va désormais de sa survie.

Au-delà de Cuba, ce sont les équilibres politiques de toute l’Amérique latine qui se trouvent ébranlés. La chute brutale de l’axe Caracas–La Havane marque la fin d’un cycle ouvert il y a plus de vingt ans et ouvre une phase d’incertitude où la puissance américaine semble déterminée à imposer un nouvel ordre régional.

Djamal Guettala 

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