8 août 2022
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Détenus d’opinion à Koléa : une avocate témoigne

Me Hadouche avec une mère de détenu

Me Nacéra Hadouche a rendu visite mardi 12 avril à des détenus d’opinion emprisonnés à la maison d’arrêt de Koléa. Elle témoigne ! 

Le procès par vision-conférence de Moulaoui Zahir et de Chibane Lyes a été renvoyé dans la matinée au 26 avril 2022 à la demande de la partie civile, le représentant du trésor public.

La demande de la liberté provisoire en faveur des détenus a été rejetée bien qu’il y a eu requalification des accusations et abandon de celles relevant du criminel. Un non-lieu partiel donc pour les accusations criminelles d’appartenance à une organisation terroriste (le MAK, selon la désignation officielle) et apologie du terrorisme.

Il a été retenu contre les deux détenus seulement les accusations correctionnelles d’outrage au président de la république et aux corps constitués ainsi qu’incitation à l’attroupement et propagation de fausses informations en public et atteinte à l’unité nationale.

Le procès à distance ou par vidéoconférence est une pratique, rappelons-le, portant gravement atteinte et manifeste aux droits de la défense. Et elle ne garantit pas un procès équitable. Jurisprudence : le Conseil d’Etat en France a rendu une décision du 4 août, celui-ci a annulé l’article qui étendait sans condition le recours à la vidéo-audience en matière pénale.

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Juste à notre sortie de la salle d’audience, on se dirige à la prison Koléa où croupissent des personnalités universitaires et d’autres du monde de la culture, ceux qui constituaient autrefois le rayonnement de la Kabylie, alors qu’on est à la veille de la commémoration du 20 avril.

Nous étions quatre avocats, les confrères Sofiane Ouali et Aissa Hamchache ainsi que la consœur Sonia Mokrane et moi-même. Nous étions en renfort pour pouvoir voir un grand nombre d’entre eux. Ils sont universitaires chercheurs, écrivains, journalistes, poètes, militants politique et associatifs, enseignants, tous des militants de la cause et de l’identité amazigh :

Nait Sid Kamira, Zahir Moulawi, Lyes Chibane, Boussad Becha, Hamou Boumediene , Amar Zebbar, Mohamed Mouloudji, Arezki Oulhadj, Abdenour Abdesselam , Hocine Azem, Malek Boudjemaa, Bouaziz Ait Chebib, Khelaf Ait Chebib, Madjid Ben Taleb, Medour Mohand CHerif , Abrahim Titouah, Djamel Djoudi, et Madjid Gad.

Dans une ambiance fraternelle, pleine d’émotions et d’espoir, ils commencent pour certains de voir le bout du tunnel à la suite des dernières évolutions. C’est un début pour remonter de leur faubourg figé et noir pendant des mois et faire partie de ceux qui ont bénéficié de la liberté provisoire ou d’un un non-lieu partiel, ou le renvoi de leurs dossiers devant la chambre d’accusation et pourquoi pas enfin, un procès équitable qui leur rendra justice.

Le retour de panier est pour la plupart un lien social renouant avec la famille et consolidant la solidarité entre les détenus. Et c’est aussi de l’amour familial en confectionnant le panier avec beaucoup attention avec la promesse de se retrouver libre et au milieu des siens.

J’étais émue et sans mots devant la souffrance des détenus, pas de leurs conditions carcérales, mais de penser avoir causé du tort à leurs proches (gezmane tassaw). Et surtout à leurs mamans. On ne peut prononcer Yemma sans avoir les larmes aux yeux.

L’amour sacré d’une mère et son enfant est plus que ressentie, leur donne une force magique à se préserver en attendant le jour de délivrance et la prendre enfin dans les bras.

Me Hadouche Nacéra

Avocate au barreau de Tizi

Membre du collectif d’avocats

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4 Commentaires

  1. La place de ces détenus n’est pas la prison mais auprès de leurs familles de leurs amis et de leurs camarades militants car ce sont des militants pacifistes et non des terroristes comme on tend à nous le faire croire.Espérons que la raison et la justice triompherons dans notre pays loin des calculs politiciens afin de consacrer nos efforts à son développement et à son émancipation bien compris.

  2. Voilà où nous en sommes arrivés dans l’Algérie de 2022. Retour au méthodes de l’époque bourourou pour la cause et l’identité Kabyles.
    Où sont les politiciens carriéristes pour faire entendre leur voix ?

  3. merci à Me Nacéra Hadouche et à ses trois collègues , cette visite est une bouffée d’oxygène pour ces personalités politiques et culturelles détenues de l’arbitraire . Une visite qui réconforte et informe leurs familles ainsi que l’opinion en general. Parceque le système repressif et liberticide non seulement brime les libertés de ces personnes de valeur , il fait tout pour les faire oublier du public .

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