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Deux uniques solutions pour remettre l’Algérie dans l’humanité moderne

OPINION

Deux uniques solutions pour remettre l’Algérie dans l’humanité moderne

Je lis depuis quelque temps un certain nombre de propositions pour sortir l’Algérie de la crise. Elles sont toutes aussi respectables et nécessaires mais on tourne autour du pot. On le sait depuis un demi-siècle, il existe deux verrous et deux seulement afin de libérer toutes les autres énergies et propositions d’avenir.

Cet article sera très court car il est le résumé de trente ans d’écrits militants, inutile d’en rajouter davantage pour les rappeler. Ces deux verrous ont été et seront toujours les freins principaux pour que l’Algérie accède enfin aux rêves légitimes d’une jeunesse qui veut un air libre et respirable.

Le premier verrou doit sauter en prenant l’initiative de sortir Dieu de la Constitution et combattre toutes les tentatives de la religion de s’immiscer dans le domaine public autant que dans la vie et les choix personnels de chacun.

L’écrire dans la constitution n’est pas suffisant. Je veux avoir la certitude que la jeunesse algérienne me laisse librement boire un verre en pleine journée du mois de ramadan sans que la foule ne me lynche avant de terminer ce verre, si on veut bien me le servir.

Tout le reste n’est que bla bla bla et circonvolutions intellectuelles, très bien rédigées mais sans aucune consistance réelle pour l’édification d’un pays et d’une société libres.

Autrement dit, aucun projet d’avenir ne peut aboutir sans une laïcité franche et complète, sans retenue aucune et avec une force portée par la résolution massive des jeunes. Jusqu’à présent je  vois beaucoup trop de foulards qui manifestent, ce n’est vraiment pas pour m’encourager à prendre librement ce verre dans un café de la ville, un jour de ramadan.

L’autre condition est de décider de dégager et de juger les hauts officiers militaires et les milliardaires offshore, sans concession et avec un acharnement à leur faire payer jusqu’au dernier souffle, pénalement et civilement. Et cela devant des juges intègres et courageux c’est à dire certainement pas ceux qui ont été compromis avec l’actuel régime militaire, par intérêt ou par lâcheté.

Ce pays doit définitivement tourner la page de la théocratie étouffante et liberticide ainsi que celle du régime militaire, autocratique et corrompu. La peur des forces occultes et des forces militaires doit être combattu pour que les libertés s’installent et que l’esprit reprenne le terrain d’une conquête de l’intelligence.

Tout le reste est alors possible et toutes les solutions sont ouvertes aux jeunes algériens pour qu’ils reconstruisent ce pays à neuf, débarrassé de l’emprise de la menace permanente, spirituelle et militaire. 

Alors et alors seulement, je pourrais discuter de toutes les propositions des intellectuels qui fleurissent, notamment sur les colonnes du Matin d’Algérie.

Un contrat national signé sous l’autorité d’un Grand invisible dans le ciel et d’un képi militaire sur terre est nul en droit comme en démocratie. Toutes les longues constructions des propositions que je lis sont caduques dans ces conditions.

Ou les intellectuels algériens s’attaquent aux vrais défis, osent nommer les choses au cœur de la dictature féroce, soit la religion et les militaires, ou ils reviennent à leurs amphithéâtres discourir des techniques constitutionnelles et autres dissertations académiques. 

Et quelles y restent !

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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