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Élections en Algérie : la ligne de la continuité face à l’épreuve du pluralisme

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À l’approche des prochaines échéances électorales, la scène politique, calcifiée par l’autoritarisme, rebouge. Elle se structure autour de deux lectures concurrentes de l’enjeu du scrutin.

D’un côté, les formations de la coalition présidentielle défendent une approche fondée sur la stabilité institutionnelle et la continuité de l’action du pouvoir en place. De l’autre, les partis de la mouvance démocratique tentent de réinvestir l’espace électoral en posant la question des conditions mêmes d’un processus politique crédible.

Exit la question des quelque 250 détenus d’opinion, la violation des droits, la mise sous cloche des libertés individuelles, la censure… Le régime a donc imposé à ce qui reste de l’opposition son agenda.

Le Front El Mostaqbal et le récit de la stabilité

Le récent discours de Fateh Boutbig, président du Front El Mostaqbal, prononcé à Aflou, illustre avec netteté cette ligne de fracture.

En déplacement dans cette région steppique des Hauts-Plateaux, longtemps administrée par la wilaya de Laghouat avant d’accéder récemment au statut de wilaya, il a présenté les prochaines élections comme un moment de consolidation plutôt que de remise en cause. En même temps, ce parti est participationniste, on ne lui connaît pas des positions tranchées vis-à-vis du pouvoir. Bien au contraire. Alors…

Inscrit dans la majorité présidentielle, renforcée par le ralliement de plusieurs partis, dont le FLN, le RND et Al-Bina El Watani, le président du Front El Mostaqbal a défendu une vision dans laquelle le scrutin s’inscrit dans la continuité de la trajectoire autoritaire et de compromission totale avec le régime qu’incarne actuellement Abdelmadjid Tebboune.

Son discours s’articule autour de notions récurrentes : stabilité, préservation des acquis et souveraineté nationale. Des antiennes opportunistes et sans sens critique politique. Les élections sont ainsi présentées comme un rempart face aux incertitudes régionales et aux discours jugés déstabilisateurs. La réforme, dans cette approche, s’opère graduellement à partir des institutions existantes et se matérialise par des politiques publiques telles que le nouveau découpage territorial ou la recherche d’un meilleur équilibre régional. La participation électorale y est conçue comme un acte de responsabilité politique et d’adhésion à l’ordre institutionnel établi.

Une opposition démocratique en quête de sens électoral

Face à ce discours de continuité, les partis se réclamant de la mouvance démocratique — Parti des travailleurs, RCD, FFS, Jil Jadid — adoptent une posture plus nuancée. Sans exclure la participation électorale, leur engagement demeure conditionné par une lecture critique du cadre politique actuel.

Pour ces formations, l’enjeu dépasse la simple reconduction des équilibres existants. Elles plaident pour une transformation qualitative du fonctionnement institutionnel, en mettant en avant plusieurs exigences centrales : l’élargissement des libertés politiques et médiatiques, l’indépendance effective de la justice et l’instauration d’un véritable débat contradictoire sur les choix économiques et sociaux. À leurs yeux, en l’absence de ces garanties, le scrutin risque de demeurer un exercice formel, incapable de restaurer la confiance d’un électorat durablement marqué par l’abstention.

Une élection entre dialogue politique et reproduction du statu quo

Le contraste entre les deux visions apparaît nettement. Là où le Front El Mostaqbal met en avant la responsabilité, la discipline politique et la continuité du système en place, l’opposition démocratique insiste sur la question de la légitimité et sur la nécessité d’une participation citoyenne effective.

Présenté par Fateh Boutbig comme un rejet du « populisme » au profit d’un « discours responsable » et aligné, ce positionnement est interprété par les formations démocratiques comme une tentative de neutralisation du pluralisme. Celles-ci voient, au contraire, dans ces élections une opportunité — peut-être la dernière — de dépasser une stabilité perçue comme formelle pour lui substituer une légitimité populaire fondée sur le débat et une réelle compétition politique.

L’enjeu central de ces élections réside ainsi dans leur capacité à dépasser le simple renouvellement institutionnel. Pour le pouvoir et ses alliés, il s’agira de convaincre que la stabilité invoquée ne se confond pas avec l’immobilisme. Pour l’opposition, le défi sera de transformer sa présence électorale en levier politique concret, au-delà du seul registre protestataire.

Entre la logique de continuité défendue par la coalition présidentielle et l’exigence de renouveau — voire de rupture — portée par la mouvance démocratique, les prochaines échéances électorales apparaissent moins comme une simple compétition partisane que comme un test de crédibilité du processus politique lui-même.

La question demeure ouverte : recomposition démocratique ou reconduction maîtrisée de l’ordre existant ? Tout se jouera, en dernière instance, sur la crédibilité du processus électoral et sur la posture du pouvoir, toujours détenteur des leviers essentiels. Eu égard à l’entêtement autoritaire du régime et son absence de volonté de quelque ouverture que ce soit, il est fort à parier que les partis du courant démocratique laisse leurs plumes dans les prochains scrutins. 

Samia Naït Iqbal

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5 Commentaires

  1. Les partis de la mouvance démocratique doivent être définitivement conscients de la situation : rien n’est possible tant que ce régime est en place. Ce n’est pas l’ouverture qu’il faut quémander, c’est la destruction totale de cette tyrannie. Demandez peu, vous obtiendrez peu. Comme disait l’autre : on donnera à ceux qui ont et à ceux qui n’ont rien, on leur prendra même le peu qu’ils ont. Ce régime s’est dramatiquement radicalisé, l’opposition aussi doit se radicaliser. Chacun doit prendre conscience de la nature de Tebboune, de son entourage, de Chengriha et des décideurs militaires actuels. Ce sont des brutes épaisses, des gens qui n’ont aucune morale, aucune conscience, aucune humanité, aucun scrupules, aucune éducation, aucune culture. Ce sont des gens déterminés à écraser 48 millions d’algériens pour s’approprier le pays. Ce sont des gens déterminés à nous faire vivre sous le régime du code de l’indigénat

  2. Dès que ces « partis » « opposants ou au pouvoir, reconnaissent la légitimité d’une « constitution » votée par une minorité de moins de 20 %, en Kabylie, c’est zéro votants. Ils sont de fait complices. La stabilité est celle perçue par le citoyen. Feindre le soutient par « patriotisme » est une hypocrisie de plus qui coûtera beaucoup d’instabilité future. Faire faire des réformettes à cette myriade de petits partis dépendants du pouvoir, c’est parler au nom du peuple malgré lui. Ce qu’a toujours fait le régime depuis boumediene à nos jours. La phase historique actuelle exige d’un vrai ancrage, à commencer par la charia qui contraint les femmes et surtout cette identité Amazigh subordonnée à l’islam, alors qu’elle est cette laïque solidaire spirituelle. Les aravisés par l’islam peuvent refuser la langue Amazigh parce qu’elle a osé naître avant la naissance de l’islam.
    Alors que l’arabisation qui a massacré la personnalité Algérienne continue d’être imposée d’office, parce qu’elle sert de levier de pouvoir, les imams sont dans la constitutions et dans les écoles à travers cette islamisation étatique dont l’arabe devient sacrée- je me demande pourquoi les Turcs qui ont gouverné les arabes n’ont pas besoin de s’arabiser pour avoir des bases militaires dans les pays arabes-. Thamazight est juste limitée à la réserve kabyle les enfants bien nés, les arabes et arabisés par l’islam peuvent refuser son enseignement. Une nation en castes où les femmes et Thamazight libérale démocratique, sont sous pression de cette massification nommée oumma.

  3. Il faut plutôt parler de désignations ou de cooptations, mais jamais d’élections.
    Les élections requièrent de l’honnêteté, de la sincérité, de la maturité, du recul, de la clairvoyance, de l’intégrité, de l’éducation, de la responsabilité, de crédibilité… malheureusement ces concepts n’ont toujours pas d’équivalents dans cette « société » voulue par le fln de Boumediene.
    Dans l’ère de la post-réalité, le mensonge couplé à la l’autosatisfaction démesurée donne naissance par d’innombrables portées à la bêtise humaine qui est érigée en dogme sacré de la gouvernance.

  4. « la mouvance démocratique — Parti des travailleurs, RCD, FFS, Jil Jadid — adoptent une posture plus nuancée. »
    Adopter une posture Plus nuancée mais toujours dissonante pour ne pas déroger à la tradition.
    Mais, par tous les seins, ils finiront par le faire, si ce n’est déjà fait. Changer de médecin.
    Troquer le psychologue pour un posturologue. Qui contrairement au psychologue qui n’avait de cesse de rejeter la faute de leurs échecs sur les patients, en se trompant de patients comme on se trompe de société, leur nouveau docteur en postutrologie leur a apparemment posé un diagnostique diamétralement à l’opposé; en remettant en cause non pas la qualité des patients mais la posture du praticien et du cabinet dans l’échec chronique de leur collaboration.
    Cette fois le diagnostic est bon, même impeccable. Et pas de doute, le mal réside dans leur défaut de posture et il suffira de la nuancer pour y remédier. La nuance en sera non seulement le remède, elle en sera la panacée qui les guérira de tous les maux. Non pas en devenant plus pragmatiques, mais en devenant plus énigmatiques.
    Ils introduiront des touches de couleurs zen pour apaiser les humeurs en égayant l’austérité de leurs décors pétrifié et, comme c’est la saison, faire passer avec de petites gorgées d’huile d’olive l’aridité de leurs discours lignifié À défaut de convaincre par le contenu de leurs discours, ‘ils charmeront pa la posture et les décors.
    C’est le bon sens même, si les formules démocratiques toutes faites et les discours prêt à porter n’attirent plus, pourquoi ne pas essayer du sur mesure avec des emballages bien étudiés et adaptés à chaque sensibilité. On achete, comme on mange, d’abord par les yeux et par le cœur n’est-ce pas ?
    Ça les frérots de la confrérie des chacaux l’ont très bien compris et ce depuis le début.
    Et Contrairement aux meeting des démocrates qui ressemblent plus à des scènes d’enterrement et leurs discours à des oraisons funèbres, les rassemblement des frérots ressemblent en revanche, et de plus en 0lys, à des scènes de grands spectacles bien orchestrées. Où rien n’est laissé au hasard. À commencer par leurs postures, les discours, les chants, les miroirs et les décors. Tout y est pour que tout le monde y trouve son compte. Hommes, femmes, vieux, jeunes et enfants. Tout y est pour charmer à commencer par la plus facile des alouettes jusqu’à la plus farouche des perdrix. Tout y est pour n’épargner aucune fibres; faire vibrer des plus sensibles jusqu’aux plus blasées.
    Celui qui n’est pas conquis par les discours et les chants, il succombera fatalement devant les promesses alléchantes des formes et des décors…

    Ps. De tout façon on a intérêt que cette nouvelle approche, l’adoption de la posture nuancée, fonctionne si on ne veut pas que  » le président du parti invite (à cor et à cri ) les militants à réfléchir à l’investissement de la sphère institutionnelle, non par « allégeance », mais pour transformer ces espaces en tribunes de combat. »!
    Mais d’ici là les frérots, à pas de chat, auront déjà bien fait de colmater les moindres interstices qui demeurent vacantes et les dernieres niches institutionnelle qui échappent encore à leur emprise.

  5. Franchement il est înutile d intellectualiser le débat, ça ne sert à rien
    L »anegerie est comme un quartier c’est la chikourisation.
    Il faudrait laisser les clans s’entre tués.
    Le FFS et le RCD sont les alibis du pouvoir et les empêcheurs de la kabylie.

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