9 août 2022
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AccueilChronique« Gérer», cela signifie quoi en Algérie ?

« Gérer», cela signifie quoi en Algérie ?

Tous les secteurs sont gangrénés par la mauvaise gestion.

Aujourd’hui, on a tendance à rechercher, en cas d’échec d’une entreprise, à qui incombe la responsabilité de la faute présumée. 

On demande aux responsables de faire la preuve d’une bonne gestion ; ce qui signifie que l’on sache ce qu’est une bonne gestion, puisqu’il faut dire qu’on a bien géré et ensuite que l’on prouve que toutes les décisions nécessaires à une bonne gestion ont été prises. En matière économique, il y a un instrument qui force la décision en ce domaine, c’est le bilan. En fin d’exercice, on fait les comptes et ce sont des comptes de résultat. 

Ce ne sont pas des comptes d’intention, ce ne sont pas des comptes de régularité. Si les résultats ne sont pas bons, on sait que l’ensemble des décisions n’a pas été efficace ou que l’on n’a pas su ou pu prendre les décisions qu’il fallait. Il y a décision de gestion lorsque le décideur doit à partir de la connaissance d’un phénomène ou d’une prévision ou anticipation sur le futur choisir parmi les nombreuses possibilités celle qu’il considère comme la meilleure pour l’entreprise. 

Ces décisions prises quotidiennement se traduisent par des chiffres classées dans des rubriques comptables appropriées et récapitulées en fin d’année sur des comptes de bilan et de résultats. qui revêtent une une importance capitale pour l’ensemble des partenaires économiques et sociaux de l’entreprise. Les dirigeants ont besoin de ces paramètres financiers et comptables pour prendre les décisions de gestion 

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Peut-on gérer convenablement une entreprise si l’on ne connaît la valeur de son patrimoine, sa situation financière vis-à-vis de ses banques, de ses fournisseurs de ses clients, ? Peut-on cerner les résultats si l’on ignore le montant des amortissements, des provisions des frais financiers ou tout simplement les consommations des matières et fournitures ? Des actionnaires pour évaluer les performances de l’entreprise et la rentabilité des capitaux investis. Pour un propriétaire classique, la performance d’une entreprise est fonction des dividendes qu’il empoche et les dividendes sont distribués sur la base des bénéfices appréciés à partir d’un bilan certifié par un commissaire aux comptes dans les délais légaux. 

L’Etat actionnaire unique et puissances publiques omnipotentes et omniprésentes se comporte-t-il comme tout capitaliste soucieux de la rentabilité de ses capitaux ? ou ne serait-il pas qu’un artifice juridique derrière lequel se cache d’autres intérêts ? Les travailleurs pour s’assurer de la stabilité de l’emploi et de la rentabilité de l’entreprise qui les emploie.

Le pire crime à l’égard des travailleurs c’est une entreprise qui ne réalise pas de profit. C’est le profit qui assure la continuité de la production et l’élévation des salaires. Les banques pour apprécier la solvabilité et la rentabilité des entreprises sollicitant des crédits  La banque peut-elle tolérer indéfiniment un découvert bancaire ou accorder son crédit à une entreprise qu’elle sait insolvable et non rentable ? 

Seule l’analyse d’un bilan fiable permet de s’en assurer. Les pouvoirs publics pour réglementer les activités des entreprises, définir les politiques économiques et obtenir la base des agrégats économiques nationaux. Quel est le degré de fiabilité des statistiques fournies par la comptabilité nationale si à la base les chiffres sont erronés et ne reflètent pas la réalité ? Que représente l’impôt sur les revenus des entreprises publiques dans les ressources budgétaires de l’Etat ? 

La fiscalité pétrolière et gazière n’est-elle pas là pour combler le vide introduit par la fiscalité ordinaire qui mesure pourtant le développement économique et social avec une administration moins pléthorique et un rendement meilleur ? Ce besoin multiforme de l’information pose le problème de la qualité technique et morale de l’information financière et comptable pour donner une image fidèle et sincère du patrimoine de l’entreprise, de sa situation financière et de son résultat d’exploitation. 

Dans toute organisation, il y a des hommes qui exercent un pouvoir et d’autres qui cherchent à les influencer, de façon plus ou moins visible et avec plus ou moins de bonheur l’exercice de ce pouvoir.

 Il y a un lien profond entre la manière de concevoir et d’exercer le pouvoir et les diverses formes prises par la propriété. C’est dire qu’il est impossible de parler d’un Etat sans dire aussitôt sur quel régime de propriété il repose, comme il est tout à fait impossible de parler de régime de propriété sans indiquer par la même occasion, quel est l’Etat qui se profile derrière lui.

La question est de savoir que signifie le droit de propriété quand il emprunte la voie de l’étatisation ? Il abolit la propriété privée des moyens de production au profit de la propriété « publique » rendant invisibles et infaillibles les actionnaires «politiques» en socialisant les pertes et en privatisant les profits.

Dr A. Boumezrag 

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1 COMMENTAIRE

  1. Sans lire l’article juste le titre je dirai qu’en Algérie gérer veut dire voler en premier puis Hagar celui qui en dessous de toi en second, se comporter comme un Dieu et se croire au dessus de tous

    Bonos

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