1 février 2023
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Guerre en Ukraine : insoutenables témoignages de viols

Armée russe

De plus en plus de cas de viols et de tortures font surface en Ukraine, la plupart du temps perpétrés par les forces russes sur des civils ukrainiens dans des zones occupées. Depuis le retrait des troupes, des centaines de cas ont déjà été répertoriés, selon le président Volodymyr Zelensky.

Passeport kazakhstanais en main, Konstantin a pu traverser les checkpoints russes des villes assiégées autour de Kiev. Il a, grâce à cela, pu extraire plus de 200 personnes de sept villages différents. En sanglots, il nous raconte que parmi elles, certaines resteront gravées dans sa mémoire. C’est le cas d’une jeune fille qui a pu se cacher dans sa voiture alors qu’il s’était arrêté devant sa maison.

« J’ai vu ses yeux, son regard, elle était si épuisée. Elle ne m’a dit que deux mots : « Sauvez-moi ». Elle n’était pas grande et elle avait 15 ans. Elle m’a dit qu’elle avait été comme une prisonnière, dans un sous-sol, et là, il y avait le corps mort de sa mère, tuée devant ses yeux. Les soldats russes l’ont violée tous les jours, ils étaient nombreux. Et lorsqu’elle s’évanouissait, ils lui jetaient de l’eau froide sur son visage et continuaient à la violer. Les soldats lui ont dit qu’elle ne donnerait pas naissance à un bébé ukrainien, car après ça, elle ne voudra plus jamais coucher avec un homme. »

Konstantin évoque également le viol collectif de deux hommes originaires de Donetsk, qui ont quitté la région lors du conflit en 2014. Inscrits sur une liste, les soldats russes les ont retrouvés. « Deux hommes, l’un d’eux avait 22 ans, l’autre, 26. Ils ont été violés, car les Russes leur ont dit qu’ils étaient des traîtres parce qu’ils avaient quitté leur mère-patrie pour rejoindre les nationalistes. Et pour ça, il fallait qu’ils soient punis, rapporte Konstantin. Le plus jeune des deux n’était qu’un adolescent, ce n’est pas lui qui avait décidé de quitter Donetsk. Les Russes ont décidé qu’il était tout de même responsable. Ils l’ont violé d’autant plus. »

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Aliona Krivouliak est psychologue au sein de la Strada, une organisation de droits humains ukrainienne. Elle explique que dès le début de la guerre, elle était préparée à recevoir ce genre de témoignages.

« Le premier témoignage que l’on a reçu, c’était le 4 mars, à Kherson. Une femme nous a dit qu’elle et sa fille avaient été violées en réunion, l’une devant l’autre, par des soldats russes. En 2014, nous avions déjà eu ce genre de témoignages lors du conflit dans le Donbas. Nous savions que de nouveaux cas allaient se produire à présent, indique la psychologue. Il est difficile d’imaginer l’ampleur réelle de ce genre de crimes à Marioupol, par exemple. Et nous n’avons aucun doute sur le fait que les cas soient encore plus nombreux dans la région de Kiev. »

Selon elle, les victimes ne sont pas encore prêtes à parler de ce qui leur est arrivé. Mais le psychologue constate qu’elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir témoigner. RFI

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