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Guerre en Ukraine : l’armée russe augmente la pression sur Kiev

Kiev

Au dix-septième jour de l’invasion de l’Ukraine, samedi 12 mars, les forces russes sont toujours aux portes de Kiev et l’offensive s’est étendue à la grande ville de Dnipro. À Marioupol, où des milliers de personnes subissent un siège depuis douze jours, la situation est quasi-désespérée, alerte Médecins sans frontières (MSF).

Les forces russes sont positionnées autour de Kiev samedi matin et « bloquent » Marioupol, où des milliers de personnes subissent un siège dévastateur, dans le sud de l’Ukraine, pays bombardé depuis plus de deux semaines.

Les médias locaux rapportaient samedi matin des sirènes d’avertissement anti-bombardement sur l’ensemble du territoire ukrainien, notamment les grandes villes Kiev, Odessa, Dnipro et Kharkiv.

Après douze jours de siège, Marioupol, port stratégique, se trouve sans eau, sans gaz, sans électricité, sans communications, et on y voyait ces derniers jours des gens se battre pour de la nourriture. Une situation « quasi désespérée », a alerté Médecins sans frontières (MSF).

« L’ennemi bloque toujours Marioupol », a lancé vendredi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Les troupes russes n’ont pas laissé entrer notre aide dans la ville », a-t-il ajouté promettant d’essayer une nouvelle fois d’y acheminer « demain », samedi, nourriture, eau et médicaments.

« Les sièges sont une pratique médiévale » interdite par les lois modernes de la guerre, s’est indigné Stephen Cornish, le patron de MSF Suisse et l’un des coordinateurs de l’action de l’ONG en Ukraine dans un entretien à l’AFP.

« Marioupol assiégée est à présent la pire catastrophe humanitaire sur la planète. 1.582 civils tués en 12 jours, enterrés dans des fosses communes comme celle-ci », a pour sa part accusé vendredi le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba dans un tweet accompagnée de la photo d’une tranchée.

Kiev, « symbole de la résistance »

Ioulia et son mari sont parmi les rares personnes qui ont réussi à fuir Marioupol depuis le début du siège, après avoir passé, la peur au ventre, des postes de contrôle russes. « Sur la route, nous avons vu des voitures civiles brûlées, parfois renversées sur le côté. Nous avons compris que les Russes leurs avaient tiré dessus », raconte-t-elle.

Outre Marioupol, les Russes concentrent leurs efforts sur les villes de Kryvy Rig, Kremenchug, Nikopol et Zaporijie, selon l’armée ukrainienne.

Mais leur cible principale reste Kiev, qu’ils tentent d’encercler. Présents dans les faubourgs de la capitale, ils cherchent à éliminer les défenses dans plusieurs localités à l’ouest et au nord de la ville pour la « bloquer », a déclaré l’état-major ukrainien.

« Kiev est un symbole de la résistance » qui se prépare à une « défense acharnée », a proclamé dans une vidéo Mykhailo Podolyak, un conseiller du président Volodymyr Zelensky.

Les points essentiels :

► Sur le terrain, les forces russes sont aux portes de la capitale Kiev où elles augmentent la pression tandis que les villes de Marioupol, Kharkiv et Mykolaïv – dernier verrou avant le port d’Odessa – sont toujours sous le feu des bombes. Mais désormais les villes de Dnipro, Lutsk et à Ivano-Frankivsk sont également prises pour cibles.

► Le président russe Vladimir Poutine a autorisé l’envoi de combattants « volontaires », notamment en provenance de Syrie. Des mercenaires syriens combattent déjà au côté des Russes et de l’armée syrienne face aux jihadistes en Syrie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a ainsi accusé la Russie d’embaucher des « assassins syriens » pour « détruire » l’Ukraine.

► Environ 100 000 personnes ont été évacuées en deux jours des villes ukrainiennes. Le Haut-Commissariat des droits de l’homme des Nations unies a confirmé la mort de 564 civils en Ukraine, dont 41 enfants, depuis le lancement de l’offensive militaire russe le 24 février.

► Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni ce vendredi. Les Occidentaux s’inquiètent ouvertement d’une possible utilisation d’armes chimiques en Ukraine par Moscou, dont l’offensive militaire n’a pas remporté le rapide succès escompté, faisant ressurgir le spectre des atrocités commises par le régime de Damas en Syrie.

► Les États-Unis et leurs alliés sont encore montés d’un cran dans l’escalade des sanctions, en décidant d’exclure la Russie du régime normal de réciprocité régissant le

7h15 : Diana, 8 ans : « Parfois j’ai peur, parfois non »

Pour le moment, la ville portuaire d’Odessa, sur la mer Noire, a été relativement épargnée contrairement aux villes de la côte sud du pays, Marioupol, Kherson, Mykolaïev, d’où arrivent tous les jours des familles ou des enfants qui fuient les frappes aériennes russes sur leurs villes. Nos envoyés spéciaux, Clea Broadhurst et Jad El Khoury, se sont rendus dans un refuge pour enfants.

Nous avons vu des enfants qui avaient passé six jours dans un bunker alors que des bombes tombaient au-dessus de leurs têtes. C’était horrible, vraiment. Les enfants comprennent ce qu’il se passe mais ils ne peuvent pas comprendre les conséquences.

Des enfants dans un abri d’Odessa

6h56 : la Russie affirme que les sanctions pourraient provoquer la chute de la Station spatiale internationale

Le patron de l’agence spatiale russe Roscosmos Dmitri Rogozine a affirmé ce samedi que le fonctionnement des vaisseaux russes ravitaillant la Station spatiale internationale (ISS) serait perturbé par les sanctions, affectant en conséquence le segment russe de la station, qui sert notamment à corriger l’orbite de la structure orbitale. En conséquence, cela pourrait provoquer « l’amerrissage ou l’atterrissage de l’ISS pesant 500 tonnes », avertit-il, demandant leur levée.

Avec AFP et RFI.

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