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Huwara en Cisjordanie : la situation est explosive

Huwara incendiée

La Jordanie accueillait ce dimanche 26 février une réunion entre des responsables de l’État d’Israël et de l’Autorité palestinienne, pour « rétablir le calme » dans les Territoires occupés. Mais la situation à Huwara est ce dimanche explosive.

Malgré les déclarations, la situation prend une tournure gravissime dans les territoires occupés. Après des « discussions approfondies et franches », les deux parties se sont engagées, dans un communiqué commun, à « prévenir toute nouvelle violence » et à œuvrer en vue d’une « désescalade ». Mais au même moment, deux jeunes colons israéliens trouvaient la mort dans une fusillade au village de Huwara, en Cisjordanie. La situation est très tendue, sur place.

Les victimes de la fusillade survenue à Huwara, dans le nord de la Cisjordanie, sont deux jeunes colons, des frères âgés de 20 et 21 ans. Selon des sources palestiniennes, l’auteur de l’attaque appartient au groupe Fosse aux lions, ciblé par les raids israéliens ces dernières semaines, rapporte le correspondant de RFi à Jérusalem, Michel Paul.

Plusieurs ministres du gouvernement israélien ont immédiatement exigé l’arrêt des pourparlers politico-sécuritaires organisés ce jour dans la ville balnéaire d’Aqaba, sur la mer Rouge, en Jordanie, dont l’objectif était précisément d’encourager un retour au calme dans la région, à la faveur du Ramadan et de la Pâque juive.

Notre réponse au terrorisme, affirme de son côté le Premier ministre Benyamin Netanyahu, est de riposter avec force et de renforcer nos racines dans notre pays. Pas de dialogue possible face au terrorisme, proclame pour sa part l’extrême droite israélienne, qui propose un combat sans merci.

Ce dimanche soir, la situation était très tendue à Huwara. Le village subit les agressions des colons depuis des mois, rappelle l’envoyé spécial permanent à Jérusalem de RFI, Sami Boukhelifa. Après la mort des deux jeunes frères, qui traversaient le village en voiture et dont le meurtrier a pris la fuite, des dizaines de colons ont lancé une expédition punitive contre les villageois. Des maisons et des voitures ont été incendiées. A garder en tête : si les images d’Huwara ce soir sortent de l’ordinaire vu leur intensité, ces attaques de colons sont toutefois quotidiennes pour les Palestiniens. Dans la quasi-totalité des cas, les auteurs ne sont pas poursuivis et elles sont commises en toute impunité.

La question de la peine de mort

En ce moment, il est notamment question, dans les rangs de l’extrême droite israélienne, d’appliquer une loi sur la peine de mort pour les auteurs d’attentat. Un projet qui a même déjà été adopté par le gouvernement, mais qui devra encore recevoir le feu vert du Parlement, la Knesset.

La réunion de ce jour intervenait dans un contexte déjà explosif en soi, alors qu’un nombre record de Palestiniens ont été tués depuis le début de l’année – 62 victimes, selon le ministère palestinien de la Santé – et que dans le même temps, plus d’une dizaine d’Israéliens ont perdu la vie dans des attentats.

Il y a quelques jours, un raid israélien à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, s’est avéré particulièrement meurtrier. Plusieurs groupes palestiniens avaient donc dénoncé la participation de l’Autorité palestinienne aux pourparlers, même si les médias en Israël avaient souligné qu’une série de mesures pour calmer le jeu avaient été promises aux Palestiniens.

Moratoire dans les colonies ?

Le rendez-vous du jour à Aqaba a néanmoins débouché sur un communiqué des participants israéliens et de leurs homologues de l’Autorité palestinienne. Les deux parties s’engagent à « prévenir toute nouvelle violence » et à œuvrer en vue d’une « désescalade », après des discussions « franches ».

La rencontre était organisée par la Jordanie en présence de représentants américains et égyptiens, pour discuter de mesures de confiance. Selon les organisateurs, il s’agissait de mettre fin aux mesures unilatérales israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est : incursions de l’armée, constructions dans les colonies de peuplement.

La rencontre s’achève finalement sur un moratoire de quatre mois concernant la construction dans les colonies de peuplement, selon une source jordanienne citée par notre correspondant Michel Paul. L’extrême droite israélienne, le ministre Itamar Ben Gvir à titre d’exemple, n’est pas d’accord, on l’a vu, surtout après l’attaque de Huwara. Certains réclament de muscler le jeu.

Avec RFI

 

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