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Jean Yves Le Drian et l’Institut français de Tizi-Ouzou

COMMENTAIRE

Jean Yves Le Drian et l’Institut français de Tizi-Ouzou

Jean Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, effectuera, à partir de ce jeudi 15 octobre, une visite de travail de deux jours en Algérie.

A l’occasion de cette visite longue de deux jours, beaucoup se demandent d’ores et déjà si l’interminable et injuste fermeture de l’Institut français de Tizi-Ouzou allait être évoquée par Jean Yves Le Drian pour enfin connaitre sa fin.

Une fermeture qui remonte à loin même très loin puisque la décision a été prise en 1994 par le gouvernement algérien.

Pour justifier cette décision qualifiée de décision injuste les autorités algériennes ont avancé les raisons sécuritaires qui ne pouvaient permettre à l’Institut français d’exercer sans risques alors que durant la même période les cinq autres instituts français implantés à Alger, Oran, Tlemcen, Constantine et Annaba n’ont jamais fermé leurs portes.

Alors, comment expliquer que cette fermeture prétendument due à des raisons sécuritaires n’ait concerné que la région de Tizi-Ouzou et pourquoi les autres instituts n’ont pas été fermés sachant que le terrorisme sévissait sur tout le territoire national?

Des raisons vite démontées par l’opinion publique étant donné que le terrorisme islamiste des années 90 n’était nullement circonscrit à la seule région de Kabylie.

Des raisons qui ne pouvaient tenir la route tellement elles étaient loin de la réalité, pire elles trahissaient les intentions autres que sécuritaires telles qu’avancées par le gouvernement algérien, des intentions politiques.

Qui pouvait croire que l’insécurité ne concernait que Tizi-Ouzou, que le terrorisme était propre à cette région et que les autres étaient épargnées.

A supposer que tel fut le cas à Tizi-Ouzou, pourquoi maintenir cet institut fermé maintenant que le terrorisme islamiste, de l’aveu même du gouvernement, est vaincu, maintenant que les risques sont inexistants?

Refuser de rouvrir les portes de cet Institut relève de l’injustifiable, de l’incompréhensible et de l’inadmissible.

Il est plus qu’injuste, c’est même attentatoire au droit d’apprendre, le fait d’avoir fermé cet institut d’abord puis de refuser sa réouverture.

Il s’agit d’un déni, d’un mépris pour une région, la plus francophone d’Algérie, qui compte l’une des plus importantes universités enseignant la majeure partie de ses spécialités en….français.

Enfin la question, la seule qui taraude et taraudera les esprits, est celle-ci: pourquoi fermer un institut français pour des raisons sécuritaires dans une seule région dans un pays où le terrorisme frappait quand, comme et où il voulait et pourquoi après le retour à la « paix civile », cet institut ne rouvre pas ses portes ?

Il est à espérer que la visite de Jean Yves Le Drian puisse apporter de l’espoir pour toutes celles et tous ceux qui attendent impatiemment la réouverture de cet établissement du savoir, et ce depuis 1994, c’est-à-dire au lendemain-même de son injuste fermeture.

Auteur
Achour Boufetta

 




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