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La 11ème édition de la fête du tapis d’Aït Hichem

Patrimoine

La 11ème édition de la fête du tapis d’Aït Hichem

C’est jeudi à 10h 45min que les youyous des femmes d’Aït Hichem habillées de belles robes kabyles ont déchiré l’air de ce village situé à trois kilomètres de l’ex-Michelet pour annoncer l’ouverture officielle de la 11e édition de la fête du tapis qui s’étendra du 09 au 13 août 2018. Le son des tambourins a suivi instantanément ces youyous pour faire régner un air de fête, de joie et de danse dans cette vieille école primaire que la volonté des gens de ce village et de l’association des femmes tisseuses sous la présidence de Madame Taous Aït Ouazou ont transformée en une foire d’exposition, d’art et de culture.  

Une scène merveilleusement décorée de photos des anciennes tisseuses qui ne sont plus de ce monde qui grâce à eux le célèbre tapis d’Aït Hichem a survécu en dépit des difficultés qu’elles ont affrontées avec dignité et bravoure est installée dans la cour de cet établissement qui a donné les premières notions du savoir à plusieurs générations.

Une fois les délégations officielles sont installées au premier rang, notamment les représentants du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, les délégués des différents organismes de la wilaya de Tizi Ouzou ainsi que les autorités locales, une belle jeune fille ornée de bijoux kabyles et vêtue d’une splendide robe berbère prend le micro pour souhaiter la bienvenue à tous les visiteurs en sa langue maternelle kabyle ce qui a suscité des youyous du public qui est majoritairement féminin. Après l’hymne national et la minute de silence à la mémoire des défuntes tisseuses. La parole a été donnée à la présidente de l’association Taous Aït Ouazou, au responsable du village M. Mohamed Aït Ouazou et aux délégués présents.

Dans la totalité des classes transformée en salle d’exposition, les visiteurs majoritairement des familles ont pu admirer les tapis d’une rare beauté qui sont exposés et discuter avec les tisseuses qui répondaient gentiment à toutes les questions comme cette veuve d’un ancien moudjahid et martyr de la démocratie, en 1963. Cette dame nous a appris qu’il n’a pu élever ces deux enfants et fait vivre sa petite famille que grâce au tissage de ces tapis.

L’exposition ne s’est pas limitée uniquement aux tapis. Dans ces classes transformées en stands, on trouve de la poterie, des bijoux berbères en argent, du miel, des confitures traditionnelles et on peut même prendre du thé de Timimoune sous une grande tente dressée dans la seconde cour de l’école par les « Ezenaytiyian » venus du fond sud algérien. Comme nous avons pu rencontrer deux poètes d’expression kabyle, Mohand Aït Abdellah et Hacen Merich qui faisait des ventes dédicaces et qui lisaient avec volonté leurs poèmes aux présents.

Le premier jour de cette fête qui porte le slogan « AZTA D AGRUJ N AT HICEM » le métier à tisser est le trésor d’Aït Hichem est une réussite. Les gens rencontrés ont beaucoup apprécié le déroulement de cette ouverture notamment l’organisation, le comportement civilisé des visiteurs, la sécurité et la diversité des expositions. Sans oublier qu’un délicieux couscous a été servi à tous les visiteurs et des bouteilles d’eau ont été distribuées gratuitement dans la cour et dans les salles à tout le monde pour apaiser la soif de cette journée d’été.

Auteur
Rachid Mouaci

 




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