10 décembre 2022
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La France reconnaît enfin l’assassinat de Ali Boumendjel

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La France reconnaît enfin l’assassinat de Ali Boumendjel

Ali Boumendjel est un avocat et militant politique algérien, issu d’une famille paysane de la Kabylie, à l’instar de tous les nationalistes algériens qui ont choisi de combattre l’exploitation et l’aliénation coloniale dont a été victime leur peuple durant la période de la Guerre de Libération Nationale 1954-1962.

Né le 24 mai 1919 à Relizane au sein d’une famille originaire de Taourirt Menguellet dans la Wilaya de Tizi Ouzou, fils de l’un des premiers instituteurs kabyles installés dans l’Oranie.

Brillant élève, il accède au collège Duveyrier de Blida, connu pour être la « pépinière nationaliste » pour avoir constitué le bastion de la crême algérienne, où il fait la connaissance d’autres militants du nationalisme algérien à l’image des Abane Ramdane, Benyoucef Benkhedda et Saâd Dahlab entre autres.

Après des études en droit, Ali Boumendjel devient journaliste à L’Égalité, organe des Amis du manifeste et de la liberté. Après avoir adhéré à l’UDMA en 1946, il devient en 1954 l’avocat des nationalistes algériens poursuivis par l’administration coloniale en raison de leurs activités et position politiques.

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Il réintègre les rangs du Front de libération nationale à partir de 1955 pour apporter sa pleine contribution à la réussite de la plateforme de la Soummam notamment.

Ali Boumendjel n’était pas seulement l’avocat qui assurait la défense des militants du Front de libération nationale, mais un leader nationaliste et un dirigeant politique de haute facture qui a sacrifié sa vie pour la liberté de son peuple.

Il a été arrêté le 9 février 1957 au plus fort de la bataille d’Alger. Au moment de son arrestation, Boumendjel faisait le lien entre la direction de l’UDMA et le commandement du FLN dans l’algérois.

Emprisonné depuis, il fût transféré dans divers lieux de détention d’Alger, durant lesquels il a été atrocement torturé pour lui avoir fait subir les affres ignobles de la gégène.

Quelques mois après son arrestation, Ali Boumendjel a été jeté du sixième étage d’un immeuble abritant un centre de torture, situé à El Biar sur les hauteurs d’Alger, un certain 23 mars 1957, comme rapporté dans son ouvrage par Malika Rahal.

Il est à rappeler que c’est dans ce même bâtiment où furent également détenus et puis torturés Henri Alleg et le mathématicien Maurice Audin, disparu depuis.

Trop longtemps a perduré le mensonge de son exécution colporté par l’autorité coloniale qu’elle a maquillé en suicide et dont les différents gouvernements français de la cinquième république ont continué à maintenir dans l’opacité en dépit de la demande incessante de la famille d’Ali Boumendjel d’en exiger la vérité.

Enfin, l’on connaitra la vérité par la bouche du commandant Paul Aussaresses en personne dans ses mémoires parus en 2001 venant ainsi confirmer la lâche exécution planifiée d’un militant pacifiste qualifié de crime de guerre conformément aux lois et règlements édictés par les Instances des Nations-Unies.

Il a fallu attendre les conclusions établies par Benjamin Stora dans son rapport sur le « rafraichissement » de la mémoire algéro-française, remis au président Macron pour voir confirmer enfin la vérité autour de l’assassinat d’un des cerveaux de la lutte de Libération Nationale qu’est Ali Boumendjel, en ce mardi 2 mars 2021.

Par cette reconnaissance dignement arrachée par tout le peuple algérien et grâce aux efforts inlassables fournis tant par Madame feue Boumendjel et sa famille particulièrement ainsi par la volonté affichée des dirigeants actuels français que par l’apport inestimable de Benjamin Stora, trouvent ici tous nos remerciements et notre considération pour avoir permis à la vérité de triompher sur le mensonge.

En 1999, Ali Boumendjel a été décoré par l’Ordre du mérite national algérien à titre posthume. Une rue et une station du métro portent son nom à Alger ainsi qu’une cité à Relizane, sa ville natale.

Auteur
Rezki Djerroudi

 




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