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La sale guerre d’Algérie : ni vainqueurs ni vaincus, l’Arabie à l’affût !

Enfance sous la colonisation
Des enfants algériens sous la colonisation.

On se souvient des dernières paroles de Larbi Ben M’hidi avant de succomber à la torture : « Vous parlez de la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque. Vous voulez l’Algérie française et moi je vous annonce la France algérienne » !

Est-ce vraiment cette Algérie que prédisait Ben M’hidi qui s’est édifiée ?

Pour que chacun puisse démêler cette question selon sa propre vision, il est utile de revenir et de décrire l’Algérie des années 1950-60, étalée et reproduite sous le regard de l’innocence.

Certes, nous étions pauvres, mais la joie coulait en nous avec foi.

Certes, nous étions colonisés, mais nous n’avions jamais perdu espoir de recouvrer nos libertés confisquées.

Certes, nous étions peu éduqués mais nos ainés nous ont toujours encouragés à nous cultiver.

Certes, nous avions faim mais nos vergers, nos figuiers, nos cerisiers, nos oliviers et nos églantiers suffisaient à nous sustenter.

Certes, nos pères, nos mères, nos grands-pères, nos grands-mères étaient analphabètes mais ils étaient loin d’être bêtes.

Certes, nous étions musulmans mais les incantations de nos ainés englobaient toutes sortes de religions antérieures à celle de Mohamed.

Certes, nous étions indigents, mais le rêve de devenir fortunés ne nous quittait jamais.

Certes, la mixité ne ressemblait pas à celle qui nous faisait rêver mais le sourire des filles souvent nous électrocutait.

Certes, le monde se limitait à nos villages mais la lecture nous faisait voyager au-delà de moult horizons éloignés.

Certes, nous marchions pieds nus sur des sentiers escarpés mais nous attendions patiemment l’Aïd pour nous chausser.

Ce n’était pas le père Noël et son traineau qui happait nos rêves mais l’Islam de l’innocence et de ses joyaux.

Certes, nos jouets étaient de simples babioles mais nos rêves s’enchainaient en farandoles enchantées.

Certes, nos enseignants étaient sévères, mais Dieu que nos maitresses étaient belles !

Certes, nous ne comprenions ni l’arabe ni le français mais notre langue suffisait pour nous enthousiasmer.

Certes, nous n’étions que des enfants mais nous savions qu’un jour ou l’autre, nous deviendrions grands.

Certes, nous ne savions pas ce que l’avenir nous réservait mais nous n’avons jamais baissé les bras ni désespéré.

Certes, nous savions que nos ancêtres n’étaient pas gaulois, mais leurs histoires éveillaient nos sens et nos esprits alertes et de bon aloi.

Certes, en ces temps-là notre pays était dévasté mais nous rêvions d’un avenir meilleur que nous croyions tout tracé.

Depuis que s’est-il passé ?

L’Algérie d’aujourd’hui est en ruines, la France ne fait que calquer ses malheurs et ses infortunes.

Ce n’est plus l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque mais l’Arabie, de la Mecque à l’ile d’Oléron, qui se construit inexorablement.

N’est-ce pas Monsieur Mélenchon ?

Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Je n’ai pas le cœur à le dire…

Kacem Madani

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