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La situation est grave !

COMMENTAIRE

La situation est grave !

Alors même que la pandémie fait des dizaines de morts, les autorités n’ont rien trouvé à redire que de palabrer sur les élections municipales.

Les morts par manque d’oxygène dans les hôpitaux se multiplient. Les appels au secours se font pressants. A l’est, à l’ouest et au centre du pays, la tragédie est quotidienne. Ce n’est plus une vague de Covid, mais un tsunami qui emporte parfois des familles entières comme à Sétif, il y a quelques jours.

Dans ce tableau noir, le corps médical paye un très lourd tribut. Pas moins de 460 personnels médicaux ont perdu la vie depuis mars 2020. Rien que le mois dernier 46 médecins sont sorts de ce maudit virus. 4700 personnes sont officiellement décédées de la Covid-19.

Devant l’incapacité des autorités à fournir les moyens nécessaires pour sauver des vies humaines ce sont les citoyens qui se sont mobilisés partout en Algérie, comme dans l’émigration pour acheter des concentrateurs d’oxygène. Des dizaines de milliers d’euros ont été récoltés par l’émigration pour faire parvenir d’urgence ces appareils aux malades. Des industriels ont mis la main à la poche aussi pour acquérir des centrales de production d’oxygène.

Sur les réseaux sociaux, dans les villages, les villes les plus reculées du pays on n’échange plus que pour lancer des appels pour avoir des concentrateurs d’oxygène ou pour annoncer les victimes de cette pandémie que les autorités n’ont pas su anticiper. Le ministre de la Santé l’a reconnu sans avoir le courage de démissionner, comme d’ailleurs les responsables concernés par la gestion de la santé.

La situation a atteint l’insupportable et le pouvoir continue de regarder ailleurs…

Mieux encore, le chef de l’Etat a organisé un haut conseil de sécurité pour parler certes de la pandémie, mais aussi… des élections. A croire qu’il a oublié les ridicules taux de participation aux législatives, au référendum mais aussi à son « élection ». Les Algériens, comme les précédentes élections l’ont prouvé, ne font plus confiance aux actuels décideurs.

Mais alors que faut-il comprendre ? Du cynisme ? De l’indifférence à la détresse de la population ? Qu’importe la réponse, une chose est certaine : les autorités ne mesurent manifestement pas la détresse de la population.

Pourtant, l’heure est gravissime. Très grave. Le temps presse. Chaque heure perdue ce sont des vies qui s’éteignent. Des familles qui sont endeuillées. Meurtries dans leur chair.

En la matière, les timides mesures du haut conseil de sécurité sont un cautère sur une jambe de bois. Et la décision de facilitations douanières n’est arrivée qu’après la mobilisation des citoyens pour fournir de l’oxygène aux hôpitaux… C’est dire !

Pour la énième fois, le chef de l’Etat a décidé sur le tard le confinement de 37 wilayas. Comprendre : les commerces et entreprises seront largement touchées. Pour autant, rien n’est fait pour accompagner le tissu économique. Quelle aide pour les commerces en difficultés ? Aux petites entreprises dont l’activité est à l’arrêt ? Aux foyers les plus touchés ? Des dizaines de milliers d’emplois ont disparu pendant la pandémie. Les PME/PMI sont les premières à essuyer les plâtres. Aucun chiffre d’entreprises fermées n’a été rendu public. Devant l’ampleur du désastre, les autorités gardent le silence.

Outre une économie dans un état de quasi-paralysie, la situation politique ne l’est pas moins. Les partis d’opposition sont soumis à d’indicibles pressions et interdictions. Violations des libertés, criminalisation de l’action politique, censure des médias, détentions arbitraires – 200 détenus d’opinion croupissent en pleine pandémie dans les prisons – … C’est tout un pays immobile qui attend sans rien attendre des tenants du pouvoir.

Auteur
Yacine K.

 




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