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« Le FLN de Ben M’hidi a échoué entre les mains d’Ould Abbès » affirme Benchicou (Vidéo)

Après la sortie de son livre « Le Mystère Bouteflika »

« Le FLN de Ben M’hidi a échoué entre les mains d’Ould Abbès » affirme Benchicou (Vidéo)

Dans l’émission « Le Média », (ci-dessous) Mohamed Benchicou parle du président Bouteflika auquel il a consacré à charge. 

Extrait de l’ouvrage :

« Le vieil homme demande l’heure. Sa voix est à peine audible, bien qu’amplifiée par un microphone accroché derrière son oreille.
À la télévision, on ne parle que du chanteur Johnny Hallyday, mort dans la matinée. La visite du président français Emmanuel Macron à Alger est éclipsée.
― Dix heures trente, Monsieur le Président !
Il lui parvient le bruit des vagues et la discrète senteur des fleurs. Ses seules vraies compagnes depuis qu’il n’est plus qu’un personnage impotent, amorphe, s’obligeant à une double vie, celle, réelle, du malade qu’il est, une vie morose et douloureuse, et celle, factice, fabriquée de toutes pièces, du président qu’il continue, obstinément, à vouloir être.
―    On a encore le temps, dit Saïd.
―    Combien de temps ?
―    Il viendra à 16 h 30.
Il a le temps, en effet. Il n’a même que ça depuis des années. Du temps pour rien. Du temps à regarder passer le temps. Il ne se doutait pas que c’était tellement triste de vieillir. Ceux qui ont eu une existence banale ne mesurent pas la tragédie ; pour eux, vieillir, ce n’est que le déclin naturel d’une vie sans éclats. Mais vieillir quand on a tant exulté, vieillir quand on s’est si longtemps oublié dans l’illusion de l’immortalité, quand on a côtoyé tant de grandes figures et vécu ce que l’homme peut connaître de plus prestigieux, vieillir devient alors comme une injustice divine. Pourquoi connaître tant de gloire, Dieu, pour si peu de jeunesse ?
Sa jeunesse, il l’a épuisée dans l’interminable guerre contre les chefs militaires qui ont constamment fait obstacle à ses ambitions de pouvoir. Quarante ans qu’il livre bataille pour être roi en république. Plus de soixante années qu’il en rêve ! Depuis le temps où, dans sa chère ville d’Oujda, il partageait ses journées entre le lycée Abdelmoumène, le café Ennour et les quartiers européens qui le captivaient. Oujda, en cette fin d’année 1954, portait encore les cicatrices des violentes émeutes populaires qui l’avaient endeuillée un an plus tôt. Le Maroc, sous protectorat français, revendiquait, dans un climat d’insurrection, le retour du roi Mohamed V, déposé par l’occupant avec l’aide du Glaoui de Marrakech qui plaça un proche, Mohammed Ibn Arafa, sur le trône. »

Auteur
La rédaction

 




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