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Le MAKabylie : un bouc émissaire !

OPINION

Le MAKabylie : un bouc émissaire !

Peut-on croire un instant que le MAK puisse être à l’origine de cette hécatombe ? Les criminels sont à chercher ailleurs.

Je ne suis pas pour le projet d’autonomie que prône le MAK, mais en écoutant le discours du chef de l’Etat illégitime Tebboune, empreint de morgue et de vendetta à l’encontre de toute personne appartenant à cette organisation politique, je me sens plus que jamais un des leurs.  

Tebboune, par ses diverses interventions aussi mensongères les unes que les autres, vient d’acter son allégeance au clan qui a mis au pouvoir Bouteflika,  en usant du même procédé que celui qui a poussé à la porte Liamine Zeroual, ou qui a mis à feu et à sang la Kabylie en 2001. 

Le pouvoir a trouvé, en désignant d’un doigt accusateur le MAK, un alibi pour justifier la répression sanglante qui va toucher prochainement la Kabylie. Une fois n’est pas coutume, dès le déclenchement des feux de forêt en Kabylie, le pouvoir s’est empressé d’affirmer, par la voix de son ministre de l’Intérieur, le caractère criminel de ces incendies. Il y avait déjà là une première lecture politique des événements qui allaient s’enchaîner ainsi que les mécanismes d’instrumentalisation et de criminalisation qui allaient être déployés en Kabylie. 

L’assassinat ignoble de Djamel Bensmaïl, un jeune Hirakiste des plus intègres et des plus vaillants que compte l’Algérie, est venu échauder la prochaine étape du complot contre la Kabylie et donc contre l’Algérie. Cela nous fait penser à l’ignoble assassinat de   Guermah Massinissa, le 18 avril 2001, dans les locaux de la gendarmerie nationale de Ben Douala. Un assassinat politique commandité par le clan qui a mis Bouteflika au pouvoir et qui se voyait, de plus en plus, se dessaisir du pouvoir réel. Il s’en est suivi des années d’événements tragiques et de résistance farouche dans tous les villages de la Kabylie, et qui se sont soldées par le sacrifice de 128 jeunes et des milliers de blessés. 

Ce clan qui agit aujourd’hui, avec la façon la plus meurtrière qu’elle soit, n’a jamais hésité à faire saigner la Kabylie. Il ne leur a pas suffi le printemps noir, ils ont commandité l’été de toutes les asphyxies : humaine, politique, culturelle, environnementale et patrimoniale. S’il subsiste une main étrangère, ce n’est certainement pas celle du MAK. La seule main bien réelle, connue de tous les Algériens épris de justice et de liberté, est celle qui nous vient de ce pouvoir-là, élevée à  l’intérieur d’une poudrière aux commandes du pays depuis l’indépendance. 

Ce pouvoir, et ce clan en particulier, celui qui a géré la décennie noire, l’assassinat de Boudiaf en 1992, l’assassinat de Matoub Lounès en 1998, le départ précipité de Limanie Zeroual  en 1999, l’arrivée de Bouteflika la même année et le printemps noir, en Kabylie en 2001, est le seul responsable du dernier drame qui a secoué la Kabylie et le pays en entier.  Ce pouvoir est né dans le complot et ne peut survivre que par le complot.

La voix pleine de morgue de Tebboune se fera désormais entendre de plus en plus , s’il ne veut pas se retrouver, à son tour, sous le feu de la vendetta , lui qui a accepté d’être le président de Gaïd Salah  en opposition à Toufik, Rab Dzair! Il n’a pas d’autres choix que de se rallier au clan dominant du moment, puisqu’il est conscient qu’il peut se retrouver, lui même, sous le poids d’une justice parallèle, qui n’attend que le feu vert du clan qui gère le pays pour se saisir des lourds dossiers de corruption en lien avec l’immobilier, à l’époque où il était à la barre de ce ministère, sous la présidence de son mentor Bouteflika. 

La question de l’autodétermination de la Kabylie,  si nous étions dans un Etat de droit, avec des institutions qui garantiraient le libre choix et la démocratie, aurait pu être débattue, combattue politiquement et, le cas échéant, soumise au référendum, sans que cela  tourne au drame, à la manipulation politique et aux crimes d’État. Mais  ce pouvoir, enclin à en découdre avec toute forme d’opposition réelle à son pouvoir, se tourne vers les boucs émissaires, la vendetta et le meurtre d’État pour maintenir son hégémonie.  

Elle résonne de façon plus que jamais juste, cette belle citation de Boualem Sansal, dans son roman “Le serment des barbares” :  “L’histoire n’est pas l’histoire quand les criminels fabriquent son encre et se passent la plume. Elle est la chronique de leurs alibis. Et ceux qui la lisent sans se brûler le cœur  sont de faux témoins!“

Auteur
Mohand Ouabdelkader 

 




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