1 décembre 2022
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Le prince héritier saoudien à Alger : un affront de plus pour l’Algérie

DECRYPTAGE

Le prince héritier saoudien à Alger : un affront de plus pour l’Algérie

Le prince héritier saoudien entamera aujourd’hui, dimanche, sa visite officielle de deux jours à Alger, à la tête d’une importante délégation. Il arrivera de Buenos Aires, Argentine, où il a assisté au sommet de G20. C’était la dernière étape d’un périple le conduisant dans plusieurs pays arabes, Bahreïn, Émirats-arabes-unis, Égypte et la Tunisie.  

L’accueil chaleureux n’était pas toujours au rendez-vous partout, là où il est passé. Car cette tournée est le premier voyage diplomatique à l’étranger de l’homme fort saoudien depuis l’assassinat le 2 octobre dernier à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

En Tunisie, sa visite n’a pas dépassé le salon d’honneur de l’aéroport où il a été reçu pendant deux heures par le président tunisien, Béji Caïd Essebsi.

Les Tunisiens ont tenu, à travers plusieurs rassemblements à Tunis, et durant même sa rencontre avec le président Essebsi, à manifester leur refus de cette visite et leur indignation de voir fouler le sol « des martyrs » par le prince, dont les mains sont entachées du sang du journaliste Khashoggi et des milliers de victimes, enfants et femmes yéménites. Une population qui subit depuis deux ans les bombardements de l’aviation saoudienne soutenue, faut-il le rappeler, par une coalition regroupant quelques pays arabes, dont le  Bahreïn, les Émirats-arabes-unis et l’Égypte. Pas seulement en Tunisie, il n’a été jamais également pardonné à l’Arabie Saoudite d’avoir offert l’hospitalité au dictateur déchu, Zine El Abidine Ben Ali.

C’est dans ce contexte particulier qu’Alger où plutôt la régence d’Alger ouvre ses bras à Mohamed Ben Salmane et lui déroule un tapis rouge.  Un communiqué du ministère des Affaires étrangères est venu confirmer cette visite, qui s’inscrit, selon ses rédacteurs, dans le cadre « des relations fraternelles » entre les deux pays et de « renforcer leurs échanges économiques ».  

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Quelle fraternité et pour quel renforcement des échanges économiques quand on sait que ce pays « frère » est en partie la cause de nos malheurs. Jugez-en : au moment même où il annonçait sa visite à ses « frères » d’Alger, le prince n’a pas hésité à poignarder le peuple algérien dans le dos en augmentant la production du pétrole au-delà du quota qui lui est dédié par l’Organisation des pays producteurs du pétrole (OPEP) et ce, afin de contribuer à la baisse du prix du baril sur le marché international. Un geste pour lequel il a été remercié par son « tuteur » américain Donald Trump. Lequel s’est empressé à annoncer, via un message à 140 mots, la bonne nouvelle au peuple américain. En échange, le président américain se démène comme un diable pour dédouaner l’ami des États-Unis de tout soupçon de crime du journaliste de Washington-post Khashoggi.

À cet effet, le communiqué du ministère des Affaires étrangères algérien est une supercherie visant à tromper l’opinion. Une langue de bois tronquée de mensonges et de contre-vérités, comme d’ailleurs, l’histoire inventée par Ahmed Ouyahia, le Premier ministre, pour justifier ses excuses présentées au Majliss Al Choura saoudien (Conseil consultatif ) à la suite de l’incident du stade de Ain Mlila où des supporters ont déployé un tifo frappé de «l’effigie» du prince Ben Salmane et de Trump pour dénoncer le transfert, avec la bénédiction des Al Saoud, de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

Tordant le cou à l’histoire, Ahmed Ouyahia n’a pas hésité a déclaré devant les caméras que l’ambassadeur saoudien à l’ONU est entré en 1955 au siège de l’organisation onusienne drapé du drapeau algérien. Ce qui constitue une contrevérité gravissime surtout sortie de la bouche d’un Premier ministre. Car, contrairement à ce qu’avance Ouyahia, l’Arabie saoudite n’a non seulement pas soutenu l’Algérie, mais a même refusé en 1956, selon feu M’hamed Yazid, qui était représentant du FLN à l’ONU, de donner la voix qui manquait pour l’inscription de la cause algérienne à l’ONU. Et comme nous l’avions écrit auparavant, c’est grâce au soutien du représentant du chah d’Iran, selon M’hamed Yazid, que la cause algérienne fut inscrite à l’ONU. 

Le Premier ministre est fidèle à lui-même. Comme il se qualifie «homme des sales besognes», Ouyahia est capable de toutes les prouesses. Comme celle de réécrire l’histoire pour plaire à son employeur Abdelaziz Bouteflika qui manifestement doit beaucoup aux émirs des monarchies du Golfe.

Auteur
Youcef Rezzoug

 




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