19 juin 2024
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Le procès de l’attaque terroriste de Tiguentourine reporté

Le procès de l’attaque terroriste du site gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas, a été finalement renvoyé au mois d’octobre quelques minutes après son ouverture ce lundi matin.

L’un des quatre accusés a demandé le report des audiences au motif que son avocat n’était pas présent dans la salle. Le report a donc été validé par la cour alors que les accusés comparaissaient pour appartenance à un groupe terroriste armé, prise d’otages, homicides volontaires avec préméditation et guet-apens et détérioration de biens de l’État.

En janvier 2013, un commando terroriste prenait en en otage les employés d’un des plus grands sites gaziers du sud-est algérien durant trois jours. Au total, 38 otages et 29 terroristes ont été tués après une opération de sauvetage des forces armées algériennes.

Présente à Alger en tant que partie civile, Marie-Claude Desjeux se dit dépitée. L’annonce du renvoi du procès de l’attaque du site gazier d’In Amenas est un choc pour elle et sa famille : son frère Yann est la seule victime française assassinée à la suite de la prise d’otage.

Marie-Claude Desjeux avait fait le déplacement à Alger depuis Paris avec un autre membre de sa fratrie pour tenter d’avoir des réponses sur les circonstances réelles de la mort de Yann.

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Mais, comme l’exige la loi algérienne, les juges ont accédé à la demande de report de l’accusé Bouhafsi Djaffar qui n’était pas représenté par son avocat. Pour justifier ce renvoi à la prochaine session des assises criminelles qui se tiendront en octobre, le tribunal a également exigé que tous les témoins soient présents lors des audiences et que les parties civiles et la défense soit représentés.

Convoqué tout ce monde serait une gageure, une tâche immense pour les services judiciaires algériens : près de 700 employés dont plus de 130 expatriés de 26 nationalités différentes travaillaient sur le site qui était une propriété de la British Petroleum (BP) et de la société algérienne de pétrole. 

Un second dossier sur l’attaque du site gazier doit également être jugé. Il concerne, lui, les membres du commando terroriste en fuite depuis 11 ans.

À l’aube du 16 janvier, une quarantaine de jihadiste à bord d’une dizaine de 4×4 pénètrent dans le site pétrolier de Tiguentourine, non loin d’In Amenas, ville en plein désert à proximité de la frontière libyenne. Pres de 700 employés (550 algériens et plus de 130 expatriés de 26 nationalités) travaillent et vivent dans ce complexe propriété de la British Petroleum et de la société Algérienne de pétrole.

Le commando des signataires par le sang, un groupe dissident d’al-Qaeda, prend en otage les salariés en cherchant à viser les étrangers. Les terroristes réclament la fin de l’opération anti-jihadiste que la France mène au Mali voisin. L’attaque est pilotée à distance par le terroriste Moktar Belmoktar. Il sera tué lors d’un raid aérien en Libye en 2015.

Durant ces opérations de sauvetage, plus d’une trentaine de terroristes sont neutralisés et d’autres arrêtés. De nombreuses vies sont sauvés. L’offensive est un succès militaire pour les autorités car il permet la reprise du complexe gazier.

Mais des familles de victimes dénoncent un trop grand nombre de morts civiles. Au total, 38 employés sont tués, la plupart exécutés par les terroristes, mais pour certains le doute persiste même 11 ans après les faits. Sont-ils des victimes collatérales ou ont-ils été assassinés par les terroristes ? Le procès qui s’ouvre ce lundi permettra peut-être de fournir des réponses sur les circonstances de ces décès.

Les interrogations persistent notamment autour de la mort de Yann Desjeux, seul Français décédé ce jour. Âgé de 53 ans au moment des faits, cet ancien des forces spéciales françaises reconvertit dans la sécurité des sites gaziers fut le premier à donner l’alerte.

Des témoins affirment que durant la prise d’otage, il est en première ligne pour aider les employés peu habitués à ce type de situations de stress et d’effroi et a même de soigner un blessé.

Son corps sans vie est retrouvé par les militaires algériens après la libération du site gazier. Et depuis 11 ans, sa sœur Marie-Claude Desjeux se bat pour la mémoire de son frère. Ce lundi, elle sera à Alger pour le procès avec l’espoir que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est réellement passé à In Amenas.

Avec Rfi

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