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L’élite en Algérie : de la danse du ventre au nu intégral ! 

 

« On dit d’un homme qu’il est raisonnable comme les putains disent d’un client qu’il est sérieux » Léon Bloy 

Un ouvrier chinois travaillant dans le bâtiment aurait qualifié les algériens de « grosse gueule avec de petites pattes ». Ils parlent beaucoup et travaillent peu. Ils ont de qui le tenir : des Français pardi rétorquent les anciens Ils se plaignent sans arrêt de la pluie et du beau temps. 

Effectivement, les Français ont la réputation de râleur tout le temps. Mais, ils ne font pas que ça. Ils produisent et ils réfléchissent. Ils ont un cerveau à Paris, des bras à la campagne, des ouvriers dans les usines, des pieds qui remportent la coupe du monde.

Les algériens marquent des buts avec leur langue et encaissent des dollars avec leurs pieds. Ils fabriquent avec des pétrodollars et consomment avec des dinars. Les américains mangent debout, les français assis, les algériens couchés.

Un historien géographe avait décrit l’Algérie comme un « gros vente et une petite tête ». La petite tête étant la bande côtière et le gros ventre la poche saharienne. « Ceux qui ont une grande gueule ont bien souvent une petite tête » affirme Pierre Dacna. On ne parle pas la bouche pleine, nous recommande l’éducation française.

On mange et on boit en silence. Le verbe « manger » se conjugue en politique à tous les temps à la première personne du singulier. D’où cette injonction populaire majeure et permanente : «Pourquoi ne fais-tu pas de la politique pour manger comme tout le monde ?». C’est quoi cette politique du ventre ? C’est une politique dans laquelle le soin à apporter au tube digestif et à l’accumulation des fortunes est primordial. Elle éloigne ses pratiquants de toute conviction, il n’y a que le ventre qui compte.

« On marche sur son ventre, on réfléchit avec ses pieds ». La plupart des Algériens n’aiment pas aller au paradis le ventre creux, ils préfèrent partir à l’enfer le ventre plein pour se nourrir du contenu de leurs entrailles. Le ventre est l’épicentre de tous les courants politiques islamistes ou laïcs qu’ils agissent au nom de la religion, de l’Etat ou des droits de l’homme.

 Ils sont tous animés par la volonté de faire fortune ou de se remplir le ventre sans investir et sans produire. Cette politique ne s’accommode pas de la présence d’économistes, ceux sont des troubles fêtes, il faut s’en débarrasser ; on leur préfère de loin les « gargantuas ». L’appétit venant en mangeant et la réussite matérielle en rampant. C’est une politique dans laquelle on accepte toutes les compromissions, pourvu que le ventre soit plein. « Qui rentre fait ventre ».

 Qu’importe si plus tard on fera l’objet de chantage. Le chantage est une arme redoutable en politique. Personne ne peut y échapper. Le feu n’épargne que les ventres vides. Faut-il faire la grève du ventre pour s’en prémunir ? Qui en a le désir ? Ou plutôt qui a intérêt ? Evidemment : « C’est le ventre qui porte les pieds et non le contraire ». C’est la poche saharienne qui finance la politique du ventre. « Quand le ventre est plein, il demande à la tête de chanter ».

Quand il est  vide, il n’a point d’oreilles. Il cesse de danser pour se mettre à  ramer. De la danse du ventre au nu intégral, l’élite intellectuelle au pouvoir ou dans l’opposition ne séduit plus, elle se prostitue. Elle se donne en spectacle au plus offrant, Le peuple est pauvre, le pouvoir est riche ; l’un est frais, il est puceau, tout a un début ; l’autre est âgé, il est usé ; le corps dépérit mais le désir ne s’éteint jamais. 

Les jeunes sont dans l’action, les vieux dans la contemplation. Si vieillesse savait, elle n’aurait pas hypothéqué l’avenir de ses enfants, si jeunesse pouvait, elle n’aurait pas mis sa vie en péril en traversant la Méditerranée, fuyant les interdits de la politique, de la religion et de la pauvreté vers des rives qui se sont avérées inhospitalières.

L’Algérie a arraché son indépendance politique par la ruse, elle a raté son développement économique par manque d’intelligence.

Dr A. Boumezrag 

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