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Les enjeux des surfacturations des importations

DECRYPTAGE

Les enjeux des surfacturations des importations

Le CARE se préoccupe – c’est son rôle – de la conjoncture économique et du devenir de l’économie du pays au regard des évènements politiques majeurs qui y prévalent depuis deux mois et demi. Les incertitudes sont l’ennemi de l’économie qui a besoin d’horizon clair : les acteurs ne prennent de décision que par rapport aux prévisions qu’ils peuvent faire sur des éléments normalement prédictibles.

Une baisse de l’activité liée aux évènements et mouvements actuels est inévitable et aura pour conséquences, entre autres, une diminution de la croissance – qui est déjà faible – et une aggravation des déficits des comptes publics et des comptes extérieurs. L’impact sera d’autant plus important que le gouvernement actuel ne se sent pas comptable des résultats, et personne ne pourra décemment le lui reprocher.

Les plus gros acteurs sont presque tous en relation avec le monde extérieur, au titre de leurs importations, généralement de marchandises : équipements, matières premières, produits intermédiaires, mais aussi produits finis, alimentaires et autres.

Dans l’article intitulé « L’Algérie victime de dormeurs d’El-Kahf », l’auteur a donné les évolutions des importations de ces différents types de marchandises entre 2002 et 2015 en dinars et en dollars US. L’infime impact des évolutions très importantes sur l’activité ne peut avoir qu’une seule explication : il y a des surfacturations significatives. Les investigations qui s’imposent doivent être assez fines de façon à dégager pour chaque opérateur les transferts indus de devises qui ont été faits à l’occasion de ces importations.

Question : les opérateurs concernés optent-ils pour la poursuite de ces supercheries à l’effet de ne pas se trahir ? Ou, au contraire, reviennent-ils déjà ou bientôt à des valeurs à l’import qui reflètent la réalité des transactions ? Il y a risque de concertation entre certains d’entre eux pour adopter une stratégie plus difficile à déceler comme ils ont dû le faire déjà pour la pratique qui prévaut en la matière depuis longtemps.

Les montants à récupérer au profit des réserves de changes, mais aussi des recettes fiscales de l’Etat doivent être colossaux, même s’il est difficile de les estimer ex ante. Ils vont bonifier les équilibres actuels et alimenter des apports annuels de grande ampleur aussi à l’avenir, toutes choses étant égales par ailleurs. C’est dire que c’est là que devraient se situer aussi les préoccupations des autorités.

Le lecteur aura compris que de tels enjeux militent au profit d’une sortie de la crise aussi rapide que possible : mais la sortie de la crise doit s’entendre au sens de récupération totale de la souveraineté par le peuple, qui est seule de nature à permettre un traitement du passé sans aucune limitation ni discrimination. C’est pour cette raison que la priorité absolue doit être accordée à la récupération des pertes occasionnés au pays (devises) et à l’Etat pour ce qui concerne le manque à recevoir en impôts (augmentés des pénalités).

L’application des prix véritables aux flux futurs abondera les équilibres et le pouvoir d’achat : les produits de base nécessiteront moins de subventions. La transparence a besoin d’être totale pour des considérations à la fois judiciaires et économiques.

Auteur
Mustapha Baba-Ahmed

 




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