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Les juifs d’Algérie éligibles à des indemnités allemandes

Antisémitisme pendant la Seconde guerre mondiale

Les juifs d’Algérie éligibles à des indemnités allemandes

L’Allemagne va verser pour la première fois des indemnités à des juifs originaires d’Algérie victimes de mesures antisémites de la France de Vichy, alliée du régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale, a annoncé lundi une ONG.

Les juifs qui vivaient en Algérie entre juillet 1940 et novembre 1942 seront éligibles à une indemnité unique de 2.556,46 euros, indique sur son site internet la Conference on Jewish Material Claims Against Germany (Claims Conference), une organisation composée de différentes associations juives dont le but est de réclamer des dédommagements pour les victimes du nazisme.

Le nombre d’Algériens survivants juifs de l’Holocauste est chiffré à environ 25.000 à travers le monde, dit l’organisation.

Le mois de juillet de 1940 se situe peu après l’invasion de la France par les Allemands. Novembre 1942 est marqué par le débarquement des Américains en Afrique du Nord, en particulier en Algérie, qui faisait à l’époque partie de la France et n’a acquis son indépendance qu’en 1962.

« Cette reconnaissance n’avait que trop attendu pour un important groupe de juifs d’Algérie qui ont souffert de mesures antijuives prises par des alliés des nazis comme le régime de Vichy », ajoute le communiqué.

« Le gouvernement de Vichy a restreint l’accès de ces gens à l’éducation, à la vie politique, à la société civile, à l’emploi, leur a retiré la nationalité française et les a exclus uniquement parce qu’ils étaient juifs », dit l’organisation.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ombrelle politique de la première communauté juive d’Europe, s’est dit auprès de l’AFP « très satisfait » à l’idée qu' »une injustice » prenne fin.

« Ce qui est important, c’est la reconnaissance de la souffrance, qui passe aussi par une réparation matérielle. Jusqu’alors, cette reconnaissance n’allait pas jusqu’aux juifs d’Algérie, ce qui posait problème », a relevé Francis Kalifat, lui-même né à Oran (Algérie).

Soixante-treize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, « nous arrivons aux derniers dossiers de demande d’indemnisation. Il faut se hâter de les régler, car il reste bien peu de survivants », a-t-il fait valoir.

La Claims Conference va ouvrir début février et jusqu’en avril 2018 un centre d’enregistrement et d’aide à Paris, où la plus grande partie des survivants algériens résident. D’autres centres seront ouverts à Marseille, Lyon et Toulouse. Les paiements devraient débuter en juillet 2018.

Des mails vont être envoyés aux survivants algériens installés dans d’autres pays.

La Claims Conference, créée en 1951, a son siège à New York et des antennes à Francfort, Vienne et Tel Aviv.

Selon cet organisme, depuis le premier accord signé avec l’Allemagne de l’ouest en 1952, plus de 70 milliards de dollars (56 milliards d’euros) ont été payés à plus de 800.000 victimes de l’Holocauste.

Auteur
AFP

 




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