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Les phares d’Algérie (III)

PATRIMOINE

Les phares d’Algérie (III)

Phare de cap Ivi, Mostaganem. Crédit photo : Zinedine Zebar.

Nous vous livrons la suite de l’histoire des phares du pays tirée du livre « Photographies des phares d’Algérie », de Zinedine Zebar publié chez Casbah Edition. C’est le fruit de trois ans de périple et des  escapades à travers la côte  algérienne longue de 1600 km. Le photographe a répertorié 32 phares. Nous vous présentons ici quelques phares de l’ouest du pays. 

Le phare Ras Ouillis (ex-cap Ivi), Mostaganem 1868

Le cap, au nord-nord-est du port de Mostaganem, est surmonté d’un phare d’atterrissage ; en arrière-fond il y a une forêt de pins maritimes et, non loin de là, des montagnes qui s’élèvent à plus de 300 mètres, et l’embouchure du Cheliff. Le phare, situé sur une terrasse de la montagne, à mi-hauteur du versant du cap, est caractérisé par une tour octogonale avec encorbellement à la partie supérieure. Il est entré en fonction en 1868. « Il a été construit dans des dimensions monumentales, lit-on dans « Le Bulletin de la société de géographie ». Outre son utilité spéciale comme phare, c’est une espèce de petite forteresse pouvant servir d’abri en cas de crise à bon nombre de colons. » 58 Fait rare, sur le cap, il y a un puits d’eau naturel.

Le phare de la Marsa, ex-Colombi, Tenès, (Chlef )1954

Le cap Colombi, avec sa tour carrée, abrite le dernier phare construit en Algérie (en 1954). L’avant-projet de ce phare datait de 1937. Cet îlot de taille modeste est surnommé cap Colombi du fait qu’il abrite des oiseaux de mer. Pour les autochtones, il porte l’appellation de Hadjrat Nadji, « el hadjra ». Aux abords du rivage, selon un témoignage, « les terres rouges étaient couvertes d’un vignoble de raisin muscat, reine des vignes, très apprécié à Ténès et dans toute la région.»

Le phare de Ténès, Sidi Merouane, (Chlef )1861

C’est le 1er Phare construit en Algérie 1861, 30 ans après le débarquement des troupes coloniales françaises

Ce phare a une tour carrée en maçonnerie lisse. Erigé à l’extrémité d’un promontoire rocheux qui culmine à 642 m, il s’élève à 57 m au-dessus de la mer et possède une hauteur de 32 m. La constitution géologique du cap Ténès se prête à la formation de cavités souterraines, comme l’a signalé en 1932 le docteur H. Marchand : «La plupart des grottes de ce massif calcaire ressemblent à des cloches vues de la mer d’où leurs noms : Grotte de la tête de la cloche, Grotte de l’anse de la cloche. » Les marins qui longent le littoral d’est en ouest, à l’approche du cap, font attention à l’irrégularité des courants « qui changent quelquefois brusquement » et aux « nombreux écueils ».

Le commerce de blé, important, attirait Génois et Catalans. « De chaque côté du cap, écrit F. Élie de la Primaudaie, on trouve deux petites baies où les navires de commerce surpris par le mauvais temps peuvent se refugier sans aucune crainte. On mouille rarement dans la baie orientale ; mais celle qui est à l’ouest est très fréquentée : défendue par deux îlots qui figurent sur les anciennes cartes, elle présente un excellent abri aux grandes barques qui font le trafic sur cette côte. On prétend que le nom de Nakous, que les Arabes donnent au cap Ténès, lui vient d’une grotte qui est à sa base et qui a la forme d’une cloche. »

Z. Z.

Le texte et les images sont tirés de ce livre.

Auteur
Zinedine Zebar

 




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