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Lettre ouverte à  Abdelwahid Temmar, Ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville

Courrier d’un citoyen humilié

Lettre ouverte à  Abdelwahid Temmar, Ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville

Je viens par le biais de cette lettre M. le Ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, attirer votre attention sur mon cas.

Dans le cadre du plan d’aménagement de l’oued El-Harrach, et qui rentre dans le cadre du décret exécutif 14-63 du 09/02/2014, relatif à l’expropriation pour cause d’utilité publique, la direction des ressources en eau de la wilaya d’Alger m’a notifié la déclaration d’utilité publique, par lettre  n° 4498/S-ASST/DREWA/2014 s/couvert de Me Sahki Mohand Ourabah, huissier de justice, de ce plan d’aménagement, dont le terrain du site de ma maison est touchée par ce plan.

Le bureau d’étude a procédé au métrage du site de ma résidence. Je vous informe Monsieur le Ministre que j’occupe un appartement constitué de 02 pièces /cuisine par un contrat de location au nom de feu mon père N°10/76/100121 établi le 23 juillet 1976, en régularisation de la situation, puisque ce logement est resté vacant à l’indépendance de notre pays et depuis cette date à ce jour ce logement a été tout le temps occupé du vivant de mes parents, jusqu’à maintenant et que je suis en règle vis-à-vis des charges locatives (04/2018).

J’affirme avoir résidé à l’adresse ci-dessous indiquée, depuis presque 56 années et sans interruption, pour avoir fait mes premiers pas à l’école primaire et toute ma carrière professionnelle à Alger.

Nonobstant le dossier complet qui ne souffre aucune insuffisance, que j’ai fourni aux enquêteurs de la daïra d’El-Harrach et ceux de la mairie de la même circonscription administrative, la commission n’a pas jugé utile de retenir mon cas, pour le motif fallacieux de « non-résident». La notification d’utilité publique n’a pas été respectée par les autorités compétentes.

Je ne vois aucune raison évidente quant à mon exclusion, par ce motif fallacieux que pour faire bénéficier une tierce personne à ma place. Sinon comment expliquer une telle situation, oui pour un logement pour tous, mais pas à mon détriment ?

 Je tiens à porter à votre connaissance que j’occupe un bien publique d’une manière légale, et conformément à la réglementation en vigueur aucune institution n’a le droit de décider de mon expulsion, sans décision émanant de la justice qui est seule habilitée pour ce genre d’affaire. Aussi, conformément à la réglementation en vigueur et après plus d’un demi siècle de résidence dans la commune, j’ouvre droit à un relogement et non à une expulsion. A la lumière de ce qui précède je vous conseille vivement de revoir la liste des bénéficiaires de la Rue d’Alger El-Harrach, car il y a de l’anguille sous roche et ce qui c’est passé n’est pas vraiment catholique.

Le dimanche 13 mai 2018, les forces de sécurité se sont présentées en mon domicile, accompagnées de l’ex-chef du cabinet de la daïra d’El-Harrach pour m’exiger de déguerpir, en m’intimant l’ordre de ramasser mes affaires et quitter les lieux, sans aucun avis au préalable, chose que j’ai refusée dans le fond et dans la forme, car les services de l’hydrauliques m’ont notifié l’utilité publique du site de ma résidence.

Ce jour-là, je me suis senti humilié dans mon amour-propre, car je n’ai pas été préparé à recevoir un coup pareil et finir dans une situation lamentable digne d’animaux sauvages, moi qui suis un honnête citoyen qui vit de la seule sueur de mon front.

Après une résistance vaine avec les forces de l’ordre qui ont essayé par tous les moyens de me persuader de quitter les lieux, ces derniers ont instruit les agents de la commune pour ramasser tout ce qu’y se  trouve à l’intérieur de la maison et le mettre dans un camion, pour une destination inconnue et de surcroît à la veille du mois sacré, sans avis d’expulsion, sans solution de rechange, chose que même les incroyants ne peuvent faire. Nous sommes à la fois choqués et outrés par la façon dont nous avons étés traités, comme des ordures qu’on jette à la poubelle. Moi et ma femme avons fait l’objet de traitement condamnable, pour être jetés dans la rue, sans raison valable. Juste après notre expulsion de notre maison des agents ont procédé au sabotage de la demeure, afin de nous éviter d’y demeurer encore.

Après 5 mois cette maison en ruines, n’a pas fait de démolition totale, mais simplement rendue inhabitable. A qui profite-t-elle cette situation ?

Le 10 juillet à l’occasion d’une audience particulière que Monsieur le Wali délégué m’a accordé , j’ai découvert le pot au rose, en apprenant de la bouche du responsable du service relogement de la daïra qu’à la suite des différentes enquêtes, qu’ont  effectué sur le site, les différents services concernés de cette institution, ils sont arrivés à la conclusion suivante : «Habite au dortoir sis au 04 rue d’Alger, lequel est mitoyen de ma résidence qui s’y trouve au N° 06 de la même rue. Mon voisin de palier a bénéficié de cette opération relogement et pas moi pourquoi cette hogra, alors que nous habitons le même immeuble et partageons la même porte d’entrée, pourquoi cette confusion, et à qui profite-t-elle cette situation ? 

A cet effet, je vous demande Monsieur le Ministre de diligenter une équipe d’enquête pour connaître l’ordonnateur et de ce qui c’est réellement passé. Car le 10 juillet 2018 une équipe d’enquête diligentée par la Wilaya d’Alger s’est rendue en mon domicile et a confirmé sur place mon existence sur ce site. A ma connaissance une administration se base sur des documents administratifs et non sur de simples conclusions hasardeuses, ou à dessein et sur des ouï-dire.

Presque  160 jours, après l’introduction de mon recours (n°44 du 14/05/2018), aucune réponse depuis cette date, ainsi je me vois galérer dans les rues, à mon âge et de plus étant toujours actif, on ne m’a même pas prévenu ou essayé de se pencher sur mon cas. On m’a envoyé une équipe de policiers pour me faire expulser, sans avis, ni préavis et malgré tout cela je n’ai pas désigné un avocat pour suivre mon cas, ni d’y résister, puisqu’il s’agit d’une utilité publique.

Je ne sais plus quoi faire, ni quoi penser, je n’ai vraiment pas où aller, bien qu’à l’époque on m’ait promis de se pencher sur mon cas et que je devais juste patienter. Et depuis on m’a tout simplement oublié.

Au lieu d’être dans mon logement après ma retraite, je me vois galérer dans les rues, actuellement je passe mes nuits dans un garage dédié à la mécanique.

Je ne me sens plus Algérien Monsieur le Ministre, si tel est le cas autant être expulsé vers un autre pays.

Je n’ai rien demandé à l’administration, c’est cette dernière qui est venue vers moi et non l’inverse, je demande simplement d’être réhabilité dans mes droits, car je suis victime d’une machination orchestrée à mon encontre, rien que pour m’expulser de mon logement. Pourquoi cette Hogra caractérisée à la veille du mois sacré, alors que son Excellence Monsieur le Président de la République n’a de cesse de répéter aux responsables d’être toujours à l’écoute du citoyen.

Est-ce juste ? C’est là la récompense ? Je pense qu’il y a des enquêtes pour voir que je n’ai pas où aller, je me retrouverai dans la rue avec mes enfants. Pour cela, je viens vous demander de bien vouloir vous pencher sur mon cas. Car je ne sais plus à quelle porte frapper, je suis vraiment désespéré.

Monsieur le Ministre regardez ma situation, pas facile d’être un « SDF », je ne pourrai même pas me faire délivrer une résidence, cette situation de stand-by me pénalise, jusqu’à quand cette situation, sinon quelle est la situation à envisager ?

Je sais que vous êtes un Homme d’honneur et j’ai entièrement confiance en vous et à l’aide que vous apporterez à mon cas.

Veuillez croire, Madame la Ministre, à l’expression de mes salutations respectueuses.

M. Chahet  Belaïd

Adresse : 6, rue d’Alger

El-Harrach-Alger

CNI n° 746451/22551 établie e 02/09/2013 par daïra d’El-Harrach.

Auteur
M. Chahet  Belaïd

 




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