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L’infobésité

Le déferlement d’informations qui nous assaillent au quotidien est impressionnant. Chaque jour qui passe, nous sommes abreuvés d’informations que nous n’avons ni choisies ni demandées.

Par la presse écrite traditionnelle, les chaînes d’information en continu qui tournent en boucle à longueur de journée, les informations transmises à travers ce qui est appelé abusivement les « réseaux sociaux » ; nous entendons beaucoup de choses, mais nous n’écoutons pas.
De ce fait, nous perdons toute capacité à évaluer, jauger, juger, décider et se faire une idée de ce qui est vrai. Nous perdons toute créativité et toute capacité à penser, à réfléchir. Nous ne nous appartenons plus, nous sommes formatés par d’autres esprits, d’autres visions, d’autres approches. Il n’y a pas seulement absence de véracité, il y a aussi saturation d’affabulations.
On ne maîtrise plus son esprit, on est esclave du temps médiatique. On vit en recevant des tonnes d’informations qui ne nous concernent pas forcément. On ne peut plus prendre son temps, et donner de la distance à ces informations. Tout devient flou, on ne sait plus quoi penser, quoi trier. Tout semble devenir important comme si notre vie dépendait de ce qu’on nous « offre » !
Ne pouvant pas aller plus loin que les autres, on devient tous pareil, semblable à force de ressasser les mêmes informations qui nous façonnent à leur gré.
Alors que faire ? Se sentir libre et indépendant est devenu un défi de nos jours. Il est sûr qu’on doit prendre des risques et se lancer vers d’autres opportunités. Les siennes, celles qui nous incitent à penser pour nous libérer de cette relation toxique avec le flot continu et imposé d’informations non maîtrisées.
Choisir l’indépendance et la liberté, exige de se couper de cette domination inconsciente et délibérée par d’autres. Les connait-on ?
Si la diversité est nécessaire pour enrichir les points de vue, l’information uniformisante reste un avatar du conformisme. Cela devient comme une drogue, à force d’en consommer, on en veut toujours plus.
Des mensonges mille fois répétés finissent par passer pour des vérités, mais seulement pour ceux qui y croient. L’effort de s’en débarrasser doit s’accomplir afin que ces mensonges soient repérés et traités comme tels. Revenir à l’humain, revenir à la vie, fait partie d’une démarche qui consiste à ne pas gober tout ce qu’on veut nous faire avaler. Le discernement est censé être l’apanage des gens sensés. Le reste est verbiage, idéologie et propagande. Car c’est quand le doute s’installe qu’on devient le plus fort.
Le monde change nous dit-on. Mais est-ce si vrai que cela ? En quoi avons -nous changé par rapport à nos ancêtres ? Que savons-nous qu’ils ne savaient pas ?
Quand les autorités corrompues pissent sur les gens, c’est au tour des « médias » de les convaincre qu’il pleut. C’est ce que pensait un certain Ernesto Che Guevara il y a quelques années.
Omar Benbekhti
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