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L’inquiétante révolte de la France «qui paie »

Bayrou et Macron

Macron et Bayrou

Un vent de colère traverse la France des classes moyennes et populaires. À l’annonce d’un plan d’économie de 43,8 milliards d’euros pour l’année 2026, présenté par le Premier ministre François Bayrou, deux mouvements citoyens — les « Gueux » et « Nicolas qui paie » — ont surgi et se font entendre.

Leur message : trop, c’est trop. Cette France laborieuse, celle « qui paie », refuse de porter seule le poids des efforts budgétaires, et le fait savoir.

Nés sur les réseaux sociaux, relayés par le bouche-à-oreille militant, ces mouvements reflètent un profond ressentiment vis-à-vis d’une classe dirigeante accusée d’injustice fiscale et d’aveuglement technocratique. Ils expriment le ras-le-bol de ceux qui travaillent, cotisent, respectent les règles… mais se sentent sacrifiés au nom de la rigueur.

La révolte, silencieuse mais structurée, prend aujourd’hui de l’ampleur, et inquiète l’exécutif. Le spectre des Gilets jaunes rôde encore, et les slogans de 2018 résonnent dans cette mobilisation spontanée. Plusieurs figures politiques, notamment à droite et à l’extrême droite, s’emparent déjà de ces colères diffuses.

Les sondages confirment le rejet massif du plan Bayrou :

– 87 % des Français estiment qu’il nuira à leur pouvoir d’achat,

– 78 % ne font pas confiance au gouvernement pour redresser les finances,

– et 74 % jugent les efforts exigés profondément injustes (Odoxa–L’Opinion).

La suppression de deux jours fériés et les coupes dans la santé sont perçues comme des attaques directes contre les conditions de vie. Seule la contribution sur les plus hauts revenus semble recueillir une large approbation (74 % d’avis favorables), mais cela ne suffit pas à équilibrer l’indignation générale.

Pour François Bayrou, il s’agit d’un choix de responsabilité budgétaire. Pour une grande partie de la population, c’est un passage en force, au mépris des réalités sociales.

Les prochains mois diront si cette fronde reste diffuse ou s’organise en un véritable mouvement de masse. Mais déjà, à l’Élysée, on observe cette France « qui paie » avec attention — et nervosité.

Synthèse Djamal Guettala

Source : L’Opinion, article de François-Xavier Bourmaud, « L’inquiétante révolte de la France “qui paie” », publié le 17 juillet 2025

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