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L’obligation de réformes d’urgence

DECRYPTAGE

L’obligation de réformes d’urgence

Après le rapport établi à la fin de l’année 2020 par les Nations unies en partenariat avec la Commission économique pour l’Afrique, sur l’impact socio-économique de la crise de la Covid-19, vient celui réalisé, cette fois-ci, par l’Institut français Montaigne.

Si l’on se fie aux conclusions de ce nouveau rapport de 59 pages, intitulé : «la stabilité du Maghreb, un impératif pour l’Europe», les réserves de change de notre pays, évaluées à 62 milliards de dollars fin 2019, ayant chuté à 42 milliards de dollars fin 2020, risqueront de disparaître à l’horizon 2022, si aucune mesure sérieuse n’est prise à temps. Les experts indépendants qui se sont, par ailleurs, penchés sur la situation économique, financière et politique actuelle dans les trois pays du Maghreb : Tunisie, Maroc et Algérie, n’en démordent pas : il va falloir aller vers des réformes structurelles d’urgence pour éviter une catastrophe en perspective.

Concernant en particulier l’Algérie, les experts dudit think-tank fondé en 2000 qui préconisent, du reste, une coopération économique Europe-Maghreb plus étroite, expliquent clairement que ses marges de manœuvre en matière d’équilibres financiers externes sont très restreintes dans la mesure où les réserves de change qui représentaient 188 milliards de dollars en 2013, soit avant le contre-choc pétrolier de 2014, ne représentent à la fin 2000, que moins de 45 milliards de dollars !

Cela est d’autant plus «inquiétant» qu’en l’absence de remontée sensible des cours du pétrole, elles pourraient être totalement épuisées d’ici 2022. Presque le même diagnostic dressé du côté du FMI, lequel a estimé récemment à 157 dollars le prix du baril nécessaire pour équilibrer les comptes budgétaires de l’Algérie en 2020, tout en prévoyant un prix moyen du baril à 36 dollars en 2020 et 38 dollars en 2021.

Planchant sur les mesures adoptées par les autorités algériennes face à la crise financière en cours, les experts soulignent que « l’efficacité des mesures conjoncturelles » adoptées est limitée par les handicaps structurels de notre économie rentière.

L’autre point sensible évoqué est le climat des affaires qui demeure, selon eux, très médiocre. Ce qui fait de l’Algérie l’un des pays les moins attractifs en matière des IDE (dont le stock peine à dépasser les 15% du PIB).

La sécurité juridique des entreprises étrangères est perçue aussi comme faible (nombreux sont les problèmes de délais de paiement signalés dans les entreprises étrangères) et l’attractivité de l’investissement est limitée par le poids de l’administration.

En clair, notre économie faiblement diversifiée se concentre sur les activités d’extraction, alors que le marché du travail est mal apparié. Ce qui fait que le taux de chômage chez les jeunes soit élevé. Enfin, le système bancaire algérien ne finance qu’imparfaitement l’économie et la moitié des encours bancaires ne concernent que le secteur public, conclut-on dans le même rapport.

Auteur
Kamal Guerroua

 




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