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Loucif Hamani inhumé mercredi prochain à Ath Yahia

DISPARITION

Loucif Hamani inhumé mercredi prochain à Ath Yahia

Loucif Hamani entouré de Lounès Matoub et Idir.

La gloire de la boxe algérienne, Loucif Hamani, décédé mardi soir à Paris (France) à l’âge de 71 ans des suites d’une longue maladie, sera inhumé mercredi dans son village natal d’Ath Yahia, au sud-est de Tizi-Ouzou, a appris l’APS de son fils, Rachid Hamani.

« Un recueillement en sa mémoire sera organisé avec sa famille ce jeudi ainsi que samedi et dimanche au Funarium de Vitry au 53 Quai Jules Guesde 94400 Vitry-sur-Seine à Paris, alors que la levée de corps est prévue mercredi prochain à 10h00 pour ensuite se diriger vers la Grande Mosquée de Paris pour une prière autour de midi. L’enterrement aura lieu le même jour (mercredi) au cimetière d’Igoufaf d’Ath Yahia à Tizi-Ouzou », a précisé à l’APS son fils Rachid.   

Avant d’ajouter : « Mon père reposera en paix dans son village natal auprès de son père Belaid et sa maman Smina ». L’inhumation de Loucif Hamani aura lieu la semaine prochaine en son village de haute Kabylie..

Loucif Hamani et Mohamed Ali.

Les hommages à ce grand champion qui a porté les valeurs du sport et le nom de l’Algérie dans les plus grandes salles du monde sont nombreux. Loucif Hamani c’était surtout un jeu de jambes, un boxeur hors pairs, pétri de convictions. Un homme nourri aux valeurs de sa montagne. Il forçait le respect sur le ring, comme dans la vie quotidienne.

« C’est le cœur serré et rempli de tristesse que j’ai appris la terrible nouvelle de la disparition de mon ami Loucif Hamani ad fell-as yafu Rebbi. Je garderai en mémoire tant de précieux moments ! Je compatis sincèrement à la douleur de sa famille à laquelle j’adresse mes très vives condoléances. Reposes en Paix Champion à jamais dans nos cœurs », écrit Lounis Aït Menguelle dans un message sur les réseaux sociaux. Tout le monde sait que Loucif Hamani aimait s’afficher pendant qu’il était sur le toit du monde sportif avec les artistes comme Idir, Aït Menguelle et Matoub, ou encore le footballeur Baïlèche qui avait fait le bonheur de la JSK.

La gloire n’était pas montée dans la tête de l’enfant d’Igoufaf. Et pourtant il était un sportif respecté. A Paris, il avait pour amis les acteurs Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. 

Loucif Hamani « était l’un des repères porte-flambeau de l’identité berbère. Sa mère l’accompagnait dans tous ses déplacements et ses combats ; avec sa tenue traditionnelle kabyle et ses tatouages sur le front et le menton, ses you-you lancés à chacune de ses victoires rappelaient que l’enfant d’Ath Yahia est resté fidèle à sa culture et à ses racines.

Au faite de sa gloire, Loucif Hamani, dont le Tout-Paris revendiquait l’amitié, était resté humble. Parmi ses admirateurs célèbres, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, qui lui a rendu visite, en 1976, à Igoufaf, son village natal, à l’occasion d’une fête familiale.

S’il n’a pas eu les faveurs officielles, il restera dans les cœurs qu’il avait fait vibrer pendant de années, comme un symbole de courage dans le combat, et de fidélité aux valeurs ancestrales qu’il avait portées, avec fierté, sur les rings les plus prestigieux dans le monde », écrit Arezki Aït Larbi, journaliste et éditeur. 

27 combats, dont 24 gagnés

Né en 1950 à Igoufaf, dans la commune d’Ait Yahia, au Sud-est de Tizi-Ouzou, le jeune Hamani a émigré tôt en France avec sa famille qui a suivi son père, ouvrier d’usine en région parisienne, et après une prime scolarité, commença sa carrière de boxeur.

Dès ses débuts, il s’est avéré très redoutable sur le ring et commença a enregistré des succès. En 1976, à 26 ans, il fut consacré champion d’Afrique des poids super welters ABU contre l’ivoirien Sea Robinson et réussit à conserver son titre l’année suivante face à Simon Bereck Rifoey.

Trois années plus tard, en 1980, il perd son combat contre l’américain Marvin Hagler pour le titre de champion du monde en perdant par un KO au second round, disputé dans des conditions défavorables, changements des arbitres et du lieu de la rencontre à la dernière minute.

Plus tard, il déclara, à propos de ce combat qu’il avait reçu des menaces et que les changements opérés étaient voulus pour le déstabiliser, car, « on ne voulait pas qu’un algérien gagne ce titre ».

En 1985, Hamani mit fin à sa carrière professionnelle, après 27 combats dont 24 gagnés et 03 perdus et un palmarès de 07 fois champion d’Algérie, champion maghrébin, médaillé d’or aux jeux africains et aux jeux méditerranéens et deux fois champion d’Afrique, et continua à représenter l’Algérie en tant que diplomate à Paris, Tunis et N’Djamena, entres autres.

Auteur
L.M./APS

 




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