La rencontre entre Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), et le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, s’est déroulée dans un climat que la dirigeante décrit comme « libre et sans barrières ». Cependant, derrière cette façade de dialogue ouvert, l’entretien souligne les contraintes structurelles et les limites réelles des partis politiques face aux défis du pays.
Diagnostic clair mais marge d’action limitée
La rencontre entre Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), et le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, s’est déroulée dans un climat que la dirigeante décrit comme « libre et sans barrières ». Priez de ne pas en rire ! Cependant, derrière cette façade de dialogue ouvert, l’entretien souligne les contraintes souterraines et structurelles, voire les limites réelles des partis politiques, réduits pour la plupart à composer avec un système totalitaire.
Diagnostic clair mais marge d’action limitée
Louisa Hanoune a présenté au chef de l’État les points faibles de l’économie et de la société algérienne, allant du chômage à la migration des jeunes, en passant par les dysfonctionnements institutionnels, si l’on en croit ses déclarations. Si le PT se positionne comme force de propositions, ses préconisations restent confrontées à une réalité où les décisions stratégiques — économiques, militaires et diplomatiques — demeurent strictement sous contrôle présidentiel.
Cette centralisation rappelle la difficulté pour les partis de traduire leurs analyses en réformes concrètes, malgré leur rôle consultatif. En la matière, on ne peut accuser le PT de quelconque opposition ferme au pouvoir et ce, depuis l’interminable présidence de Bouteflika où l’on a vu Louisa Hanoune venir au secours du locataire d’El Mouradia en de nombreuses reprises.
Le poids du contexte mondial et régional a été un thème récurrent. Louisa Hanoune a insisté sur les risques et les implications pour l’Algérie, y compris en matière de stabilité interne. Ce rappel du « cadre international contraignant » peut être perçu comme un double message : d’une part, la nécessité de vigilance et d’unité nationale ; – l’antienne de l’incontestable patronne du PT depuis 30 ans – d’autre part, une manière de mettre en garde contre le statu quo face à des problèmes internes persistants.
Révision du Code électoral : promesse de transparence ou défi pratique ?
Le chantier électoral a été évoqué, notamment la gestion des 11 nouvelles wilayas. Hanoune a souligné les risques de confusion dans les listes électorales et la nécessité d’une organisation rigoureuse. Pourtant, le PT, comme l’ensemble des partis, reste dépendant de l’administration pour la mise en œuvre concrète de ses propositions en matière d’organisation et de transparence du scrutin, illustrant une fois de plus l’écart entre recommandations politiques et pouvoir effectif.
Pour la SG du PT, les élections à venir constituent néanmoins une « phase charnière ». Mais la rencontre laisse transparaître que la crédibilité du processus électoral dépendra autant de la volonté affichée que de la capacité réelle des institutions à garantir transparence et équité.
On ne sait en revanche si la question du 3e mandat de Tebboune est évoquée ! Car il ne faut pas se faire d’illusions, à 81 ans, l’homme n’est pas prêt de céder la présidence.
La rédaction

