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Macron dit vouloir se réconcilier avec les pays du Maghreb

Emmanuel Macron

Dans son discours devant les ambassadeurs, le président français a annoncé souhaiter repenser nos partenariats au Maghreb et en Méditerranée et, d’ici la fin de l’année, lancer une initiative de relance à l’échelle de la région sur l’environnement, le climat et l’énergie.

Le président français veut revoir sa diplomatie avec l’Afrique, particulièrement le Maghreb dans une conjoncture particulière, caractérisée par un sentiment de haine envers la France en Afrique et dans laquelle la France a été lâchée par l’Algérie au Sahel. L’Algérie soutient une autre initiative que l’option militaire que prônent la Cédéao et la France pour déloger les putschistes.

La situation en Afrique et plus particulièrement au Niger 

Droit dans ses chaussures, le président français Emmanuel Macron a réfuté ce lundi 28 tout « paternalisme » mais aussi toute « faiblesse » de la France en Afrique, alors que le Sahel fait face à une « épidémie de putschs », dernièrement au Niger. « Ni paternalisme, ni la faiblesse parce que sinon on n’est plus nulle part », a-t-il dit devant les ambassadeurs de France réunis à l’Élysée, en appelant aussi les pays du Sahel à avoir une « politique responsable » en la matière.

« La faiblesse que d’aucuns ont montrée à l’égard des putschs précédents a nourri des vocations régionales », a-t-il déploré.

Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui a pris le pouvoir, avec à sa tête le général Abdourahamane Tiani, a demandé vendredi soir le départ de l’ambassadeur de France, Sylvain Itté. Le CNSP a également dénoncé les accords militaires entre Niamey et Paris.

Des milliers de personnes favorables au coup d’Etat ont manifesté dimanche à proximité de la base militaire française à Niamey, brandissant des pancartes demandant notamment le départ des troupes françaises.

Emmanuel Macron a indiqué lundi que l’ambassadeur de France était toujours en poste à Niamey. Paris, qui ne reconnaît pas le régime militaire, a adopté une position de fermeté. « Les putschistes n’ont pas autorité » pour demander le départ de l’ambassadeur, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères vendredi soir. L’ultimatum lancé par les putschistes est passé. Et le pays retient son souffle sur ce qui sera décidé à Niamey contre la décision de maintien de l’ambassadeur français sur place.

Emmanuel Macron a également salué le travail des diplomates français qui travaillent dans des conditions difficiles, citant la situation au Niger où l’ambassadeur est toujours en poste, bien que les militaires ayant pris le pouvoir aient demandé son départ. « La France et les diplomates ont été confrontés ces derniers mois à des situations dans certains pays particulièrement difficiles, que ce soit au Soudan où la France a été exemplaire, au Niger en ce moment même, et je salue votre collègue et vos collègues qui écoutent depuis leur poste. »

Un « risque d’affaiblissement » de l’Europe et de l’Occident

Lors de son discours, le président français a aussi mis en garde contre un « risque d’affaiblissement » de l’Europe et de l’Occident dans le contexte international actuel. Ce contexte « s’est plutôt durci », « se complique » et « fait courir le risque d’un affaiblissement de l’Occident et plus particulièrement de notre Europe », a-t-il déclaré, citant notamment « l’émergence de nouvelles grandes puissances internationales ».

« Il y a une remise en cause progressive de notre ordre international dans lequel l’Occident avait une place prépondérante et a encore une place prépondérante », a-t-il encore souligné. Cette remise en cause résulte du retour de la guerre, notamment en Europe avec l’offensive russe en Ukraine, et de la montée d’une « politique de ressentiment » de l’Asie à l’Afrique, qui se nourrit de « l’anticolonialisme, réinventé ou fantasmé » et d’un « anti-occidentalisme instrumentalisé », a-t-il affirmé.

Le chef de l’État a aussi insisté sur la nécessité d’ « éviter une partition du monde » autour de la guerre en Ukraine, alors que les États du Sud se refusent à condamner la Russie. Il faut « éviter que s’installe un narratif qui consisterait à dire « c’est votre guerre en tant qu’Européens, elle ne nous concerne pas ». »

La question sécuritaire au Moyen-Orient 

Enfin le président de la République en a également profité pour annoncer la prochaine conférence de Bagdad sur la sécurité au Moyen-Orient qui aura lieu « fin novembre ».

Il appelle les États de la région à exiger de la Syrie une « coopération accrue » dans la lutte contre le terrorisme s’ils veulent la réintégrer dans des instances régionales. Cette réinsertion de Damas doit « supposer une coopération accrue dans la lutte contre les groupes terroristes » et la possibilité pour les réfugiés syriens de revenir dans leur pays avec un certain nombre de « garanties », a-t-il souligné.

Avec AFP

 

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