Il m’est difficile d’exprimer ma gratitude à un homme de sa trempe, un homme parti trop tôt sans bruit aucun laissant derrière lui une famille qui le pleure et des collègues qui le regrettent vivement.
Même si écrire, consiste à guérir les maux qui germent aux tréfonds des âmes, tous les termes ne suffisent pas pour contenir le volume du chagrin causé par son décès d’une part et pour honorer la mémoire de ce directeur dont les actes résonnent encore dans chaque enseignant et chaque élève composant cette école d’autre part.
Il s’agit de Mahmoud Mellah, qui a tiré sa révérence le 13 novembre 2025 dans son logement de fonction sis dans l’enceinte même de l’établissement scolaire suite à un arrêt cardiaque qui lui est fatal âgé alors de 55 ans.
Un natif de la région de Kherrata, nouvellement muté à Akbou plus exactement à l’école Mouloud Feraoun, un ancien établissement d’où sont sortis des milliers de cadres. Cet hommage est d’emblée une réponse à ceux qui ont cru qu’ignorer la disparition d’un cadre de l’éducation passera inaperçu sous l’effet de calculs mesquins, vils et insensés, on assiste encore à des comportements biscornus, absurdes cultivés quotidiennement par des auxiliaires administratifs à la solde d’une secte qui ne cesse de ronger la noblesse de notre métier tantôt par la constitution de clans méticuleusement tissés et tantôt par cette médisance basée sur la diffamation et l’inculpation infondée.
La mort de Mahmoud a divulgué un côté indiciblement inhumain de ceux qui se prétendent gardiens du temple scolaire de la région en imposant un silence assourdissant à l’égard de sa perte. Ceux qui ont connu ce directeur diront qu’il est un type exceptionnellement rare de par ses qualités humaines et sa gestion exemplaire de l’école. Le groupe pédagogique de ladite école a d’ailleurs longtemps déploré cette éternelle perte.
Monsieur Mahmoud Mellah n’a pas eu droit à un deuil comme tous les autres, ceux à qui incombe ce rôle ont affiché une indifférence criminelle mettant ce funeste évènement dans la case de faits divers comme si le deuil des uns excite la joie assassine des autres. Hormis deux ou trois de ses collègues qui se sont déplacés à Kherrata, ville natale du défunt, pour assister à son enterrement, les autres se sont pesamment abstenus pourtant la grande faucheuse promet à chacun son jour. Une politique de deux poids deux mesures s’est manifestée même dans les hommages en favorisant les plus connus en matière de relation avec les Kaids et les plus rapprochés des cercles des décideurs de la corporation éducative.
Certes, Cheikh Mahmoud est du genre qui n’aime pas les attitudes adulatives, ni les flatteries hypocrites, son dévouement pour le travail lui a valu un tel respect indiciblement manifeste au sein de la composante de l’école dont même les ouvriers du simple planton aux cantinières tous attestent du sérieux conjugué avec la bonté du dirigeant Mahmoud qui refuse l’appellation de directeur tant la modestie a été sa qualité phare. Cet hommage se veut une reconnaissance pour tout ce qu’il a consenti comme efforts, malgré le reniement et l’indifférence.
En conclusion, écrire sur la personne de Mohamed Mellah n’est pas simplement un devoir collégial mais un geste qui dépasse le stade de la reconnaissance étant celui qui a servi son pays avec autant de dévouement et de loyalisme. Ce message fait office d’une oraison funèbre qui doit être prononcée par la tutelle si l’ingratitude n’a pas pris le dessus sur la reconnaissance. Je me suis donné la parole d’élever son nom, son combat, sa bonté nationalement pour expliquer à certains que l’être humain, premier responsable soit-il, ne peut jamais éteindre la flamme de ceux qui ont sué sang et eau pour voir notre progéniture réussir ni étouffer leur digne voix.
Mahmoud, comme j’aimais l’appeler, même parti, a laissé des empreintes indélébilement éternelles, son sourire quotidien, sa sagesse, sa perspicacité a fait de lui un directeur que je considère amplement un martyre de l’alphabet.
Rachid Chekri, enseignant et écrivain, école Mouloud Feraoun, Akbou.
Cet écrit est un hommage posthume au directeur de l’école Mouloud Feraoun d’Akbou, Mahmoud Mellah, récemment disparu.

