Le démarrage de l’année 2026 s’est accompagné d’une décision aussi brutale qu’inattendue pour les automobilistes algériens. Une hausse des prix des carburants, appliquée dès le 1ᵉʳ janvier, a suscité une vague d’incompréhension et de colère, d’autant qu’elle n’avait été ni annoncée ni explicitement prévue par la Loi de finances 2026.
La grande surprise est venue d’une note attribuée à l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), largement relayée sur les réseaux sociaux, faisant état de nouveaux tarifs à la pompe entrés en vigueur sans préavis. En l’absence de communication officielle, le document a rapidement alimenté les interrogations et la défiance des consommateurs.
Une hausse confirmée, mais sans explication
La polémique a pris de l’ampleur après la réaction de Mustapha Zebdi, président de l’Organisation algérienne de protection du consommateur (APOCE), qui a confirmé l’effectivité des augmentations tout en dénonçant la méthode. Sur sa page Facebook, il a fustigé le silence des autorités et l’absence totale d’information préalable.
« Les institutions concernées ne pouvaient-elles pas informer le consommateur avant de lui imposer la surprise à la station-service ? », s’est-il interrogé, rappelant que toute décision impactant directement le pouvoir d’achat devrait être accompagnée d’explications claires et transparentes.
Selon la note en circulation, les nouveaux prix seraient désormais fixés comme suit :
Gazole : de 29,01 DA à 31 DA
Essence sans plomb : de 45,62 DA à 47 DA
GPL-c (Sirghaz) : de 9 DA à 12 DA
Une contradiction avec la Loi de finances 2026
Ce qui alimente davantage la contestation, c’est le décalage apparent entre ces augmentations et les dispositions de la Loi de finances 2026. Les articles 54, 55 et 56 stipulent en effet le maintien, « sans changement », des taxes et droits applicables aux produits pétroliers.
Dès lors, une question centrale demeure : s’agit-il d’une révision des marges, d’un ajustement réglementaire ou d’une décision relevant d’un autre mécanisme tarifaire ? En l’absence de clarification officielle de l’ARH ou d’un communiqué gouvernemental, le flou persiste.
Si les consommateurs dénoncent une hausse mal expliquée et mal préparée, les distributeurs de carburants affichent, eux, leur satisfaction. L’Union nationale des investisseurs, propriétaires et exploitants de relais et stations-service (UNIPREST) a salué, dans un communiqué, une « victoire historique », fruit d’un long combat pour la revalorisation des marges du secteur.
L’organisation professionnelle voit dans cette décision un levier pour garantir la viabilité économique des stations-service, allant jusqu’à remercier les pouvoirs publics pour leur « écoute attentive ». Un discours qui tranche nettement avec le ressentiment exprimé par les automobilistes.
Au-delà des chiffres, cette hausse met en lumière un malaise plus profond : celui de la gouvernance des décisions économiques touchant directement le quotidien des citoyens. Dans un contexte marqué par l’érosion du pouvoir d’achat et la sensibilité des prix de l’énergie, le déficit de communication apparaît comme le principal facteur de crispation.
Plus que les quelques dinars supplémentaires déboursés à la pompe, c’est la méthode — brutale et opaque — qui cristallise la contestation.
La rédaction

