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Ouyahia appelle Bouteflika à se sacrifier « encore pour l’Algérie » !

5e mandat

Ouyahia appelle Bouteflika à se sacrifier « encore pour l’Algérie » !

Fidèle à sa vulgate, le SG du RND, Ahmed Ouyahia, n’a pas fait mystère de son entière dévotion au président Bouteflika.

La réunion du conseil de son parti a été une belle opportunité pour le SG du RND de tresser des lauriers au président Bouteflika et louer ses réalisations. Du pain béni ! En effet, pour Ouyahia, il n’y a pas de petits moments politiques pour s’extasier devant le président. «Combien de pays dépendant des hydrocarbures ont pu résister à la grave chute des prix du pétrole comme l’a fait l’Algérie, sans recourir à l’endettement extérieur et sans voir reculer la croissance économique ?» s’interroge Ouyahia. Puis de nous repasser un plat déjà plusieurs fois servi aux Algériens à l’heure du souper. Celui des «réalisations de l’Algérie sous la conduite du Président Bouteflika, qui mène une politique guidée par les seuls intérêts du peuple et de la Patrie ». Visez bien la précision dans la deuxième partie de la déclaration.

En matière d’exercice de la langue de bois, on ne peut pas dire qu’Ahmed Ouyahia n’a pas été à bonne école. Il arrive toujours à passer entre les gouttes.

A ceux qui se risquerait à râler contre le programme de Fakhamatouhou, l’insubmersible Ouyahia ajoute : « Notre peuple est légitimement en droit d’être satisfait des progrès accomplis sur la voie de la stabilité et de la reconstruction nationale »

Puis de s’émouvoir contre «le déferlement de critiques et même d’insultes indignes contre les symboles de l’Etat. Ce qui n’est pas naturel aussi, ce sont les appels répétés pour une période de transition comme si le peuple souverain n’a pas droit à la parole. Ce qui n’est pas naturel également ce sont les manœuvres politiciennes ou occultes pour déstabiliser le front social au détriment du droit des citoyens au service public. Ce qui n’est pas naturel enfin, ce sont ces voix algériennes qui s’élèvent pour soutenir les attaques contre le pays émanant d’organisations étrangères autour de motifs divers et infondés, comme les migrants africains, ou le droit syndical ou enfin la liberté de la presse ».

Bien sûr, de son perchoir, Ahmed Ouyahia est en droit de ne voir que ce que sa lorgnette lui permet. Il est dans son rôle de chef de parti totalement acquis au président Bouteflika et dans celui de Premier ministre qu’il troque accessoirement pour faire passer certains messages.

Heureusement, Ahmed Ouyahia nous rappelle avec sa faconde que tous ces impertinents qui osent réclamer la destitution du chef de l’Etat ne représente que leur personne. Que même s’il ne s’adresse plus aux Algériens directement, même s’il ne reçoit plus personne, ne rencontre plus les Algériens et ne parle plus à la télévision, le président Bouteflika dirige toujours le pays. Nous voilà rassurés !

Donc ces opposants qui profitent de la démocratie instaurée par Bouteflika pour jeter leur fiel sans honte sur le premier magistrat sont minoritaires, tonne l’impayable Ouyahia. L’oeil malicieux, il se rassure : « Grâce à Dieu, l’Algérie ce n’est pas que cela. L’Algérie ce sont aussi des voix très nombreuses qui s’élèvent pour rendre grâce à Dieu et Hommage au Président Abdelaziz Bouteflika pour tout ce que notre peuple a enregistré comme progrès ».Puis d’embrayer sur le cinquième mandat. « L’Algérie c’est aussi des voix nombreuses qui s’élèvent pour demander au Président Bouteflika de poursuivre sa mission à la direction du pays ».

Le cadre est posé pour glisser cette déclaration : « Je suis heureux de constater notre Conseil National entend appeler le Moudjahid Abdelaziz Bouteflika à poursuivre sa mission et son sacrifice au service de l’Algérie et que le Rassemblement National Démocratique l’assure de son soutien pour l’accomplissement d’un nouveau mandat à la Présidence de la République ».

Quelle noblesse du verbe ! Décidément avec Ahmed Ouyahia, on n’est pas seulement dans la connivence mais le dévouement absolu.

L’horizon est derrière nous. Tout indique qu’à moins d’un fétu de paille qui viendrait la gripper, la machine d’une présidence à vie pour Abdelaziz Bouteflika est en marche. Grâce à qui ?

Auteur
Yacine K.

 




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