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Philip Roth, le géant de la littérature américaine est mort

Disparition

Philip Roth, le géant de la littérature américaine est mort

L’écrivain Philip Roth, géant de la littérature américaine, est mort mardi à 85 ans, selon son agent cité par plusieurs médias américains.

Contactée par l’AFP, son agence littéraire, The Wylie Agency, n’a pas donné suite dans l’immédiat, pas plus que son éditeur, Simon and Schuster.

Observateur lucide de la société américaine et de ses travers, ce natif de Newark (New Jersey) avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir néanmoins.

Il est notamment l’auteur de « La Tache », « Le complot contre l’Amérique », ou « Pastorale américaine », qui lui vaudra le prix Pulitzer en 1998.

C’est le livre « Portnoy et son complexe » qui l’avait révélé au grand public en 1969, un ouvrage qui avait fait scandale, à la fois pour ses descriptions sexuelles très crues et sa façon d’aborder la judaïté.

Ces deux thèmes resteront très présents dans la majeure partie de son oeuvre. Il sera plusieurs fois publiquement critiqué par des figures du judaïsme pour ses écrits sur la judaïté.

Son style acéré et sarcastique aura marqué plusieurs générations de lecteurs, ainsi que sa propension à mêler fiction et réalité, appuyant beaucoup de ses romans sur sa propre expérience.

Il évoquait ainsi régulièrement dans ses livres le quartier de Weequahic, à Newark, où il a grandi, avant que des émeutes raciales en 1967 ne transforment radicalement la ville, vidée d’une bonne partie de ses habitants blancs.

Régulièrement salué comme le plus grand écrivain américain vivant, il avait annoncé sa décision d’arrêter d’écrire en 2012.

Il partageait sa vie entre Manhattan et le Connecticut. « Kaddish (prière funéraire juive) pour Philip Roth, le grand romancier américain de notre monde d’après-guerre », a tweeté le scénariste David Simon (« The Wire » et « Treme » notamment).

L’auteur a expliqué avoir rencontré l’écrivain il y a quelques mois seulement pour discuter d’une adaptation télévisée de son roman « Le complot contre l’Amérique ».

« A 85 ans, il était plus précis et pertinent, plus affûté intellectuellement et spirituel que n’importe qui, quel que soit son âge », a-t-il ajouté. « Quel esprit merveilleux et rigoureux. »

Peu attiré par les mondanités et les interviews, Philip Roth était un observateur avisé de la vie politique américaine.

Il avait notamment critiqué George Bush fils, « un homme incapable de faire tourner une quincaillerie, sans parler d’un pays comme celui-ci » (les Etats-Unis), selon lui, avant de soutenir Barack Obama.

Plus récemment, il s’en était pris plusieurs fois à Donald Trump, qualifié de « menteur compulsif, un ignorant, un fanfaron, un être abject animé d’un esprit de revanche et déjà quelque peu sénile », dans un entretien au quotidien français Libération.

Auteur
AFP

 




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