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Pierre Péan, l’auteur de « Main basse sur Alger », est mort

DISPARITION

Pierre Péan, l’auteur de « Main basse sur Alger », est mort

Pierre Péan, enquêteur chevronné, a écrit au moins deux livres en lien avec l’Algérie : « Main basse sur Alger » et « L’Extrémiste, François Genoud, de Hitler à Carlos ».

Le premier retrace le détournement des trésors de la Régence d’Alger lors de la conquête en 1830 et le vol de toutes ses richesses. Documents à l’appui, Pierre Péan a montré que l’armée française a mis la main sur un butin évalué par l’auteur à 4 milliards d’euros.

« Et si cette conquête a été menée dans le but de faire main basse sur les immenses trésors de la Régence d’Alger afin de reconstituer les fonds secrets de Charles X pour corrompre et retourner le corps électoral », se demande Pierre Péan.

Le second livre raconte la vie de François Genoud, un ancien sympathisant nazi , ami de Carlos, qui s’est lié d’amitié avec des chefs du FLN notamment Mohamed Khider et Ahmed Ben Bella. En 1962, il est reçu avec égard à Alger. François Genoud était après l’indépendance le fondé de pouvoir du trésor du FLN. Dans ce livre, Pierre Péan revient donc sur l’histoire de ce trésor, ses bénéficiaires et l’histoire de la première Banque algérienne en suisse.

Mais Pierre Péan c’est aussi cette enquête dans laquelle il révèle comment la France a donné la bombe atomique à Israël. « Depuis le début de ma carrière, je fais grosso modo la même enquête. J’ai commencé comme journaliste économique, et plus précisément pétrolier. Le pétrole, c’est le Moyen-Orient et l’Afrique. Qui le protège? Les services secrets. Quelle était la grande entreprise? ELF. Qui était la grande figure de la Quatrième et Cinquième République, qui a fait EDF, la bombe, l’indépendance énergétique nationale, c’était Pierre Guillaumat. C’est en enquêtant sur Guillaumat que j’ai fait les Emirs de la République. Ensuite j’ai fait mon plus beau scoop: comment la France a donné la bombe atomique à Israël. A chaque fois je retombais sur Guillaumat et sur ELF. Je tombe ensuite sur les «avions renifleurs», toujours ELF. De fil en aiguille on passe d’une affaire à l’autre. Je m’intéresse à l’Afrique, donc j’enquête sur Jacques Foccart le «monsieur Afrique» des services secrets », racontait-il au Figaro en mars 2014. 

Pierre Péan s’est fait aussi connaître avec ses longues enquêtes fouillées, qu’il publiait à raison d’un livre tous les un ou deux ans. Le journaliste Pierre Péan, dont les sujets de prédilection étaient l’Afrique, les médias et la face cachée des personnalités politiques, et qui avait révélé notamment le passé trouble de l’ex-président socialiste François Mitterrand pendant l’occupation nazie, est mort jeudi 25 juillet, a annoncé le magazine L’Obs

« Pierre Péan, le grand journaliste d’investigation, est mort jeudi soir à l’âge de 81 ans », écrit L’Obs sur son site internet, saluant « l’un des plus grands journalistes d’enquête français ». Christophe Nick, auteur avec Pierre Péan d’une enquête sur TF1 en 1997, a également annoncé sa mort sur sa page Facebook jeudi soir, et l’a confirmé à franceinfo vendredi matin. « C’est terrible. Le Patron, Pierre Péan, mon ami, est parti ce soir », écrit-il.

L’affaire des diamants de Bokassa, c’est lui

Son coup de maître, il le réalise en 1994 avec Une jeunesse française : François Mitterrand 1934-1947, dans lequel le président socialiste s’explique pour la première fois sur son appartenance à la droite pétainiste qui allait engager la France dans la collaboration avec l’occupant nazi, avant son action dans la Résistance. N’ayant jamais peur des polémiques, il enquêtera aussi sur Jacques Chirac, Bernard Kouchner ou Jean-Marie Le Pen.

Fils d’un coiffeur de l’ouest de la France, il débute dans des cabinets ministériels au Gabon avant de se lancer dans le journalisme. Il passe par l’AFP puis L’Express et sort, en 1979, sa première grande affaire dans LeCanard enchaîné. Il s’agit de diamants que l’empereur Bokassa de Centrafrique aurait offerts au président français Valéry Giscard d’Estaing. Le scandale aura une grand retentissement à deux ans de l’élection présidentielle.

En 1983, il publie Affaires africaines, sur les relations entre la France et le Gabon. Il reviendra sur les sujets africains avec le génocide rwandais (dans Noires fureurs, blancs menteurs en 2005), où certains de ses propos sur les Tutsis feront polémique. « Ma méthode est exclusivement fondée sur le temps », expliquait celui qui s’est aussi intéressé aux grands médias avec son livre TF1, un pouvoir (avec Christophe Nick) et son enquête La Face cachée du Monde (2003, avec Philippe Cohen) qui met à mal la réputation du quotidien français le plus respecté.

Auteur
Avec Francetvinfo

 




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