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Plages d’Ouled Boughalem à Mostaganem : la mafia impose sa loi

Coup de gueule

Plages d’Ouled Boughalem à Mostaganem : la mafia impose sa loi

Le ministre de l’Intérieur répète les déclarations pour dissiper les confusions et insister sur la gratuité des plages. Ce sont des espaces publics dont le citoyen peut jouir en toute tranquillité. Cependant, les paroles du ministre se sont envolées dans l’air. Dans plusieurs villes du littoral algérien, la mafia continue de squatter les plages bien que ce phénomène ait coûté récemment la vie à Zoubir Aissi, paix à son âme.

Un exemple ?

Ouled Boughalem est une commune de l’extrême est de Mostaganem. Elle attire des milliers d’estivants, toutes wilayas confondues, par la splendeur de ses plages. Des endroits où se mêlent paysages féériques, calme et fraîcheur.

Deux plages attirent le plus de vacanciers dans cette ville : Mersa Cheikh et Kharbet, situées au bord de la route nationale 11. Leur beauté contraste  en revanche avec la dictature qui y règne paisiblement depuis le début de l’été.

D’abord, les « parkingueurs » distribuent les tickets à l’entrée des plages.  Par peur, les gens paient et baissent la tête. L’accès à la plage est donc payant !

Ensuite, le rivage est «colonisé» par les tentes sauvages. Le vacancier n’a pas un espace pour planter son propre parasol. Il doit donc louer une de ces tentes ou rebrousser chemin. La terre d’Algérie se vend devant les yeux de tout le monde, en toute indifférence !

Par ailleurs, certains commerçants n’hésitent pas à dresser de grandes tentes en guise de café-restaurant sur le rivage, avec même des « terrasses » limitées par une corde. Le même décor que celui d’un centre-ville moderne, sauf que le trottoir est remplacé par le sable et le béton par le tissu.

La seule explication de cette mafia  est : «Nous avons payé pour louer l’espace et nous devons récupérer notre argent ».  Le même modèle de  dictature s’impose dans d’autres plages de Mostaganem comme le cas de la plage Oued Chlef près de la nouvelle zone industrielle. C’est le cas aussi de la  Salamandre, un bijou mutilé par le béton, où les « parkingueurs » tendent un ticket de 100 DA et exigent un paiement à l’avance. Comment les imprimeurs leur impriment des tickets pareils sans aucun document légal ou officiel ?

Les questions à poser : qu’attendent les responsables pour intervenir et  imposer les lois de la République? Ils attendent que le pays perde un deuxième Zoubir Aissi  pour sillonner les plages ? Ou bien ils ne réagiraient pas parce qu’ils ne passent pas leurs vacances  sur les plages publiques, parmi les victimes?

Enfin, dans une Algérie qui a réussi à garantir la gratuité de l’école depuis des lustres, des groupes de lâches ont pu imposer une dictature sur les plages depuis le début de l’été. Ils piétinent la loi et la dignité des citoyens en profitant de l’impunité et de l’absence du contrôle. Entre les déclarations du ministre et les constats quotidiens sur les plages, un gouffre énorme existe. Et c’est le citoyen qui est perdu entre les deux.

Bonnes vacances sur les plages de Mostaganem, la « perte » de la Méditerranée !

Auteur
Tawfiq Belfadel, écrivain-chroniqueur

 




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